
[Republié le 19 juillet suite à un bug de WordPress]
Après le sommet de l’OTAN à Ankara les 7 et 8 juillet, la coalition des volontaires s’est réunie à Paris le 13 avant de participer à un défilé du 14 juillet spectaculaire sur les Champs-Élysées. Mais que retenir de cette succession d’événements, tandis que les Français étaient confrontés à une canicule éprouvante et à des incendies spectaculaires, jusqu’en forêt de Fontainebleau ?
En parallèle, les Etats-Unis (qui n’étaient pas présents à ces événements) ont repris leur confrontation avec l’Iran dans une guerre qu’on croyait terminée. Et ce n’est plus le nucléaire qui motive ce conflit armé, mais le détroit d’Ormuz que les Gardiens de la révolution essaient de s’accaparer comme une source de revenus et une garantie de sécurité. En attendant, le passage dans le Golfe persique redevient problématique et les prix du pétrole vont de nouveau grimper.
En Europe, le cœur du sujet de sécurité collective est constitué par la guerre russe contre l’Ukraine et la menace que Poutine fait peser contre l’ensemble du Vieux Continent. Alors que le sol se dérobe sous les pieds du maître du Kremlin, du fait des coups répétés et bien ciblés des Ukrainiens, les Européens montrent enfin de la cohésion, à l’exception de la Bulgarie qui semble vouloir remplacer Viktor Orban dans son rôle de 13ème convive. Une cohésion particulièrement dans la volonté de soutenir la résistance ukrainienne et de se préparer à une confrontation directe avec Poutine s’il le fallait.
Lire aussi : Une alliance pour les réunir tous ? Sommet de l’OTAN à Ankara
La coalition des volontaires devient une réalité
Après les importantes décisions prises au sommet de l’OTAN, notamment de financer la résistance ukrainienne au moins pour les deux prochaines années et de renforcer les déploiements de forces internationales dans les pays menacés d’agression directe aux frontières de la Russie, les Européens ont rassemblé à Paris tous les soutiens à l’Ukraine qui sont prêts à s’engager – financièrement ou militairement – pour garantir un éventuel accord de sortie de guerre : la « coalition des volontaires » formée de 36 pays dont le Canada, le Japon et l’Australie mais sans les États-Unis.

Organisation d’une « coalition balistique »
Cette coalition des volontaires a annoncé notamment qu’elle créait un sous-groupe nommé « coalition balistique » avec 10 nations dont l’Ukraine pour investir enfin dans un système commun d’interception des missiles balistiques qui frappent quotidiennement l’Ukraine. Des missiles balistiques dont les Européens auraient la plus grande peine s’ils devaient à leur tour s’en protéger, en l’absence des systèmes états-uniens de type Patriot.

Rappelons qu’un système de défense contre des missiles balistiques ne comprend pas que des intercepteurs, mais d’abord des dispositifs d’alerte avancée (pour prévenir aussi vite que possible du lancement de missiles), de suivi de leurs trajectoires pouvant être modifiées en vol et enfin de coordination des intercepteurs. La coordination est essentielle pour optimiser le nombre de munitions utilisées et pour faire face autant que possible à des attaques par vagues, mixant plusieurs types de vecteurs, missiles balistiques, de croisière et drones bien sûr, qui saturent les défenses.
Il semble que cette coalition balistique soit déjà avancée dans sa démarche avec une répartition entendue des différents composants du système global, sur le modèle d’Airbus, pour intégrer des entreprises et des compétences très différentes. Ainsi, le missile intercepteur pourrait être une évolution de l’ASTER 30 de nouvelle génération (franco-italien) et/ou du missile que cherche à développer l’entreprise ukrainienne FirePoint pour remplacer le Patriot états-unien. Notons au passage que la licence de fabrication du Patriot accordée par Trump à l’Ukraine permettra surtout d’accéder aux performances technologiques très avancées de ce missile.
Préfigurer des entreprises européennes de défense
Cette solution de coopération sur des composants existants est plus adaptée à court terme que de lancer intégralement un nouveau projet qui nécessiterait 5 à 10 ans avant de voir le jour, alors que la menace est immédiate dans le cas de l’Ukraine et imminente pour ce qui concerne l’Europe. Cette coalition balistique permet de mobiliser sous la pression un conglomérat d’entreprises qui préfigure des futures industries européennes de défense, comme l’a remarquablement fait Airbus dans le domaine de l’aéronautique. A l’inverse de la démarche de Dassault qui cherche à préserver son pré carré (privé) comme au temps des manufactures d’armement royales…
Il est probable que le corollaire de ce projet d’intercepteur sera de développer aussi des missiles balistiques capables de frapper la Russie (ou un autre empire menaçant) sans relever de l’emploi suicidaire d’armes nucléaires. Actuellement, les pays européens ne possèdent pas de telles armes balistiques à usage « conventionnel », alors que leur développement est crucial pour maîtriser la manière de les intercepter…
Exercices et déploiements de la coalition des volontaires
Cependant, l’annonce la plus importante concernant la coalition des volontaires est l’organisation d’exercices de déploiement dans « des pays voisins de l’Ukraine ». Cela fait passer le statut de cette alliance d’une coalition de papier à une coalition opérationnelle, mais surtout cela permet de renforcer le pré-positionnement de forces internationales dans les pays les plus menacés par Poutine. Ce ne serait pas étonnant que ces manœuvres se tiennent en priorité dans les pays baltes et s’étalent dans le temps…
« sonner une forme de « réveil stratégique » après des décennies de léthargie »
Ce passage aux exercices d’entraînement est l’illustration que cette coalition devient réalité. Cela constitue le message puissant à destination du maître du Kremlin comme au président états-unien à savoir que les Européens avec leurs alliés sont réellement impliqués pour assurer leur propre sécurité, sonnant une forme de « réveil stratégique », après des décennies de léthargie. Un réveil stratégique que le défilé en commun sur les Champs-Élysées le jour d’après, durant la cérémonie militaire du 14 juillet, a symbolisé mieux qu’un long discours.
Défilé des forces et défis aux empires menaçants

Les 25 détachements européens qui ont défilé ensemble lors du 14 juillet sur les Champs-Élysées constituent un message politique adressé en premier lieu à ces sociétés européennes qui croyaient ne plus savoir se battre pour défendre sinon « la paix », tout du moins leurs intérêts.
Bien sûr que la réunion des forces apporte une puissance inatteignable pour chacun de ses participants pris séparément. En cela, la France et la Grande-Bretagne, le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Keir Starmer, ont joué un rôle clef pour convaincre et entraîner les 36 nations de la coalition à franchir un cap – avec ce défilé impressionnant du 14 juillet – dans leur capacité à se mobiliser collectivement.

Le message est destiné aussi à Vladimir Poutine qui espérait disloquer les pays européens pour les soumettre progressivement. Or voilà qu’ils se rassemblent et le défient collectivement en défilant ensemble sur les Champs-Élysées, comme un pied de nez à la peur que le dirigeant russe voulait inspirer mais qui a fini par mobiliser largement contre lui, comme un boomerang qu’il ne fallait pas lancer.
Un défilé collectif du 14 juillet pour rappeler enfin à Donald Trump que l’Europe et ses alliés représentent un ensemble au moins égal aux Etats-Unis et que sa politique de chaos aura eu l’avantage de redonner un élan à ce Vieux Continent qui se croyait perdu avant d’avoir combattu. Un affichage bienvenu face aux empires menaçants qui croient régner en imposant leur volonté par la force au détriment du droit.
Attention à la transformation de la guerre
Un réveil stratégique de l’Europe et de ses alliés donc, mais qui ne doit pas faire oublier l’absolue nécessité de considérer maintenant la question de l’adaptation de leurs forces : la guerre russe contre l’Ukraine, – et dans une certaine mesure la guerre américaine contre l’Iran –, montre que la guerre s’est profondément transformée et risque de rendre obsolètes ces armées qui défilaient, ensemble et fièrement sur les Champs-Élysées, si elles ne profitent pas de l’expérience ukrainienne pour changer en profondeur et pour se transformer à leur tour.

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La position occidentale devient difficile à supporter. Moscou affirme ne viser qu’une chose : la libération des républiques du Donetsk et de Louhansk, qu’elle juge opprimées par la législation ukrainienne. Une reconnaissance de cette exigence pourrait ouvrir la voie à un arrêt des combats, à l’image de l’accord trouvé sur le Kosovo.
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Qui peut encore croire ce qu’affirme Moscou ? Ou alors on peut aussi écouter ce que nous raconte Xenia Fedorova sur CNews, que la liberté d’expression serait malmenée en Europe…
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RAPPEL HISTORIQUE ( revisitez en permanence l’Histoire, source d’inspiration ; le Net regorge de sites de qualité . Il suffit de le vouloir pour obtenir une information fiable ) Seconde guerre mondiale….Les meilleurs chars de combat ont été élaborés par le III Reich ( Panzer III et IV , Panther et Tiger ) mais produits trop lentement et en quantité limitée en comparaison avec les capacités industrielles énormes de l’industrie US et de URSS. Bref : pour vous dire, que dans la guerre en Ukraine , l’innovation technologique doit se prolonger dans une production de masse et à bas coût . Les guerres se gagnent aussi dans le domaine économique !
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Très beau défilé pour le dernier de notre président. Un baroud d’honneur.
Une manière très élégante de montrer à certains dirigeants de la planète que la France n’est pas un confetti. N’oublions pas que nous avons des territoires dans toutes les mers du globe avec à chaque fois de l’industrie et des forces armées.
La coalition des volontaires, hors OTAN, montre sa volonté d’exister mais avec le changement de 1er ministre en Grande Bretagne, que peut-elle devenir ? et en 2027 avec un nouveau président en France ?
Le président Zélensky et son épouse ont été longuement applaudis à leur arrivée place de la Concorde par les nombreux invités français et étrangers. Une façon de montrer que la guerre en Ukraine est une préoccupation internationale.
Saluons la ténacité du président ukrainien face à l’ogre du Kremlin. Beaucoup le prenaient pour un fantaisiste. Il n’en est rien.
Son industrie d’armement que l’on croyait inexistante a réussi à créer et produire des drones qui font mal à la Russie. Certes, ils ne ressemblent pas à ceux fabriqués par nos spécialistes mais plus à des bricolages comme faisaient nos pères avec leur Meccano. Ils sont là, efficaces, puissants et destructeurs.
Souhaitons une étroite collaboration entre les pays des volontaires pour créer et fabriquer de l’armement avec toutes les entreprises capables d’unir ses cerveaux d’ingénieurs HPI et ses chaines de fabrication.
Fini le le chacun dans son coin.
La seule résistance est l’union de nos forces.
S Cazeneuve
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Contrairement à ce que vous pensez, les drones ukrainiens sont bien supérieurs aux drones de nos « spécialistes ». C’est Firepoint, l’entreprise ukrainienne qui fabrique les drones FP-1 et FP-2 : elle en produit 5000 par mois et bientôt 10000 par mois. Ces drones ont une portée de 500 à 1000 km et sont facturés 41200 € à 52500 €. Ils sont massivement utilisés pour paralyser l’infrastructure économique russe, notamment ses raffineries de pétrole et ses systèmes radar. Sans compter le missile Flamingo, inventé par Firepoint. Il se déplace à 700 km/h, et peut emporter 1150 kg d’explosifs à plus de 3000 km de distance. Il permet ainsi à l’armée ukrainienne de cibler la Russie dans sa profondeur stratégique.
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Corrections complémentaires (car le système s’est bloqué) :
Portée maximum des drones FP-1 et FP-2 : 1600 km pour le FP-1 et 2500 km pour le FP-2. Charge explosive de 60 kg à 105 kg pour le FP-2. A l’heure actuelle, six entreprises ukrainiennes vendent leurs drones aux Américains. On envisagerait même d’intégrer les Ukrainiens dans l’OTAN…
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