
En ces temps troublés de guerres qui nous affectent directement et qui nous obligent à reconsidérer nos capacités à se défendre, la question des médias qui déploient la propagande de ceux qui nous menacent se place désormais sous nos yeux.
Au-delà des images de destruction et de mort, des incertitudes et des conséquences que génèrent les conflits armés dans nos quotidiens, de la peur qu’elles inspirent forcément de se voir basculer dans ces situations de chaos et d’inhumanité, nous avons peu d’espace pour réfléchir à ce dont nous avons besoin pour se protéger de ces guerres.
Lire aussi :Pourquoi Poutine redouble de violence dans sa guerre contre l’Ukraine ?
Alors que les élections présidentielles en France se profilent, de même que des échéances importantes pour la gouvernance de nombreux pays européens, nous ne voyons pas de débats constructifs et surtout de projets propres à assurer notre sécurité collective. Seuls restent des héritages d’une ère révolue où les Européens pouvaient se concentrer sur leur développement économique et social tandis que les Etats-Unis assuraient une forme de parapluie militaire pour ce qui s’agissait des menaces de guerre.
Notre sécurité collective repose d’abord sur la volonté de notre société, qu’il ne faut pas laisser saboter
Mais notre sécurité collective ne repose pas seulement sur des systèmes sophistiqués et coûteux de défense, elle se fonde en premier lieu sur la volonté de notre société, sur la politique que nous allons choisir en votant pour des dirigeants qui malheureusement nous proposent plus leur bonne mine qu’un projet structurant.
Probablement que le plus important, dans cette période trouble et menaçante, est de ne pas se précipiter vers ceux qui hurleront – comme M. Mélenchon – ou qui veulent nous leurrer – comme MM Le Pen et Bardella – en dénonçant des situations qu’ils sont incapables de gérer. Mais ces extrêmes présentent un danger bien plus important pour ce qui concerne notre sécurité collective : ils sèment la confusion, sabotent nos efforts d’union et préparent nos esprits à accepter des compromissions qui sont de fait les premières marches de la collaboration.

Les médias jouent un rôle considérable dans ce contexte, en alimentant un débat indispensable pour nous permettre de faire un choix éclairé – comme « l’info s’éclaire » ou « sur le terrain » sur France Info TV – ou bien au contraire en nous faisant sombrer progressivement dans la propagande d’un empire menaçant. C’est le rôle que semble vouloir jouer aujourd’hui la chaîne CNews comme le révèle une enquête du journal Le Monde.
Lire : L’influente Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France et désormais protégée de Vincent Bolloré, par Ariane Chemin et Ivanne Trippenbach (Le Monde)
Propriété de M.Bolloré, cet homme d’affaires qui a d’abord essayé de nous vendre M.Zemmour comme l’avenir de notre pays, CNews est devenue progressivement le relais des idées de l’extrême-droite, progressivement car tout esprit critique s’efface en même temps que les vrais débats sont écartés par ce média.

Cela pourrait rester du domaine de la liberté d’expression et du pluralisme des idées si CNews ne nous emmenait pas sur un terrain encore plus dangereux, celui de la propagande de la Russie de Poutine en propageant ses « vérités alternatives » dont l’objectif est de nous convaincre de nous soumettre à ses ambitions : les ambitions d’un homme qui se présente comme un tsar, mais qui est d’abord le chef d’une mafia particulièrement dangereuse et un criminel de guerre.

Pourquoi CNews a embauché l’ex-directrice de Russia Today, la chaîne officielle du Kremlin, comme femme d’influence ?
Mes propos seraient exagérés ? Mais alors pourquoi CNews a embauché l’ex-directrice de Russia Today, la chaîne officielle du Kremlin que la France a trop tardivement fermée ? Xenia Fedorova n’intervient pas sur CNews pour expliquer le point de vue du Kremlin, mais elle joue maintenant un rôle clef au sein de la chaîne pour faire taire toute remise en cause de la politique fascisante de Vladimir Poutine, en particulier dans sa guerre de soumission de l’Ukraine.

En fait, le cas Fedorova est l’illustration du projet de M.Bolloré d’imposer ses idées extrêmes, après l’échec de son égérie précédente, M.Zemmour, qui n’arrivait pas à condamner l’invasion de l’Ukraine. La présence et le rôle que cette propagandiste du Kremlin occupe désormais dans ce qui fut un des médias importants dans le paysage audiovisuel français de l’information doivent nous interroger sur la finalité. Elle a été clairement annoncée… dans un média russe :
Le média russe Komsomolskaïa Pravda publie dans ces colonnes en janvier 2026 que « les changements de pouvoir promis par l’administration américaine n’auront pas lieu en Russie et en Biélorussie, mais en Europe, où elle s’appuie sur les forces patriotiques de l’extrême droite, prêtes à prendre les commandes ».

M.Bolloré s’attaque aux intérêts de notre nation et sa sécurité
Le cas de Xenia Fedorova devient l’affaire Fedorova / Cnews / Bolloré et ne peut pas être réglée par l’indifférence ou la simple désaffection de ce média qui chute en audience. Faire jouer dans un média lourd un rôle clef à une propagandiste d’un pays qui nous menace (pour mémoire nous avons été menacés plus de 200 fois d’attaque nucléaire par le cercle de Poutine) relève de la traîtrise, et M.Bolloré s’attaque ainsi aux intérêts de notre nation.
« Le cas de Xenia Fedorova devient l’affaire Fedorova / Cnews / Bolloré »
Si nous voulons nous protéger des empires menaçants qui nous entourent désormais, commençons par neutraliser ceux qui font leur propagande, dans notre propre pays et dans toute l’Europe. Protégeons-nous de ces extrémistes qui veulent nous soumettre à l’empire de Poutine, cela relève de la défense de nos intérêts et de notre sécurité.
Pour lire autre chose que les communications incohérentes de Donald Trump,
« En matière de drones, une dynamique est engagée au niveau français, mais les moyens prévus restent en deçà des besoins », tribune Anne Marleix
PENSER LA GUERRE POUR DÉFENDRE LA PAIX, entretien avec Marc-Aurèle Barez sur Radio Orient

En savoir plus sur Guillaume Ancel - Ne pas subir
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
