Pourquoi ces vagues massives de drones ukrainiens contre Moscou ?

[Illustrations par Truant, mailto: truant.cartoons@gmail.com, Lecture par Via Logos, mailto: joseph.foret@vialogos.fr]

Dessin de Truant

Depuis plusieurs semaines les Ukrainiens lancent des vagues importantes de drones contre la Russie, et depuis plusieurs jours ces vagues se concentrent sur Moscou. Dans les faits, personne ne connaît la quantité réelle de ces vagues, la Russie ne communiquant que sur le nombre de drones prétendument interceptés (et probablement surestimés), les Ukrainiens se limitant à communiquer sur une cible emblématique lorsqu’elle a été touchée, surtout si les images sont spectaculaires comme cet incendie d’un centre logistique des Wildberries, l’Amazon russe.

Gigantesques fumées noires de l’incendie d’un entrepôt de Wildberries en banlieue de Moscou, Le Monde

Compte tenu du taux élevé d’interceptions russes contre les drones – de l’ordre de 80% – on peut estimer que les vagues contre Moscou les plus importantes (600 interceptions déclarées) ont donc été de l’ordre de 700 à 800 drones, dont une centaine a touché des cibles, et ce, en une seule journée. Pour bien en comprendre l’impact, il faut comparer un drone qui explose à l’équivalent d’un attentat à la bombe, soit une centaine d’explosions dans et autour de la capitale de la Russie, ce qui est considérable, au sens de « doit être considéré ».

Décollage d’un drone ukrainien FP1 avec une fusée d’appoint, Le Monde

Saturer et déborder la défense antiaérienne de Moscou

Ainsi, cette concentration de drones sur Moscou est tactiquement destinée à saturer les défenses antiaériennes (on dit aussi sol-air dans le jargon militaire) que Poutine a fait concentrer autour de la capitale russe au détriment d’autres villes importantes, pour protéger l’emblème de son pouvoir. Les défenses russes sont en général redondantes, elles n’hésitent pas à la dépense en termes de missiles et de salves de canon combinés à des interceptions par des avions et des hélicoptères au risque de tirs fratricides qui ne les dérangent guère.

Néanmoins, ce dispositif russe étoffé de protection de l’espace aérien de Moscou n’échappe pas à la saturation. D’autant moins que les Ukrainiens combinent des trajectoires inattendues pilotées à cette distance par des modules d’Intelligence Artificielle, qu’ils mélangent différents types de drones (et donc de profils de vol) et enfin, qu’ils mixent ces drones avec des missiles de croisière pour compliquer encore la tâche des intercepteurs.

Drone ukrainien T40

En conséquence, une vague de 100 drones fait forcément des dégâts (entre 10 et 20 explosions). Aussi est-il facile d’imaginer ce que représente 7 à 8 fois plus, rien que pour la capitale. De cela découle que plus aucun moscovite ne peut croire – ou se faire croire – que cette guerre contre l’Ukraine ne le concerne pas. En effet, chacun d’entre eux peut entendre le bruit caractéristique des petits moteurs qui propulsent ces drones, se demander où ceux-ci vont frapper et observer ces colonnes de fumée parfois gigantesques quand un drone a provoqué un incendie, le tout pendant que les médias, sous contrôle sévère du pouvoir, racontent qu’il ne s’agit que de « débris de drones courageusement interceptés par leur glorieuse défense ».

Large fumée de l’incendie d’une raffinerie de pétrole en banlieue de Moscou, notez l’affiche de recrutement dans l’abri pour l’opération militaire spéciale contre l’Ukraine, Le Monde

De fait, et c’est bien là l’objectif visé par l’Ukraine, les Russes se sentent atteints au cœur même du pouvoir poutinien qui leur avait pourtant promis stabilité et totale protection aussi longtemps qu’ils se conformeraient à l’ordre établi d’une main de fer par le maître du Kremlin. Et c’est là le problème que posent ces vagues de drones (et de missiles), elles atteignent le cœur géographique du pouvoir, la capitale symbole de l’autorité sans partage de Poutine sur la destinée de la Russie.

Lire aussi : les drones ne sont que la partie visible d’un iceberg qui a déjà renversé la guerre


Un miroir de la violence de Poutine et une illustration de son impuissance

Avec ces vagues de drones, l’Ukraine renvoie comme un boomerang sa capacité de nuisance et de destruction à Vladimir Poutine. Ce dernier estimait pouvoir frapper impunément tous ceux qui ne se soumettaient pas et voilà que ce petit voisin, cinq fois inférieur en taille de population et quinze fois plus petit en surface, non seulement lui résiste depuis quatre ans et demi, mais désormais lui renvoie la balle comme un miroir de sa propre violence aussi bien qu’une illustration de son impuissance.

Drone quadri-rotors

Plus encore, le cercle de Poutine se ridiculise en essayant de nier l’importance des dégâts à la nation russe (le chef économiste de la banque de développement vient d’être limogé pour l’avoir reconnue), et en vantant la capacité de leur glorieuse armée de les défendre quand celle-ci est clairement débordée par cette stratégie de saturation pratiquée par les Ukrainiens.

C’est bien la loi du plus fort chère à Poutine (et à son ami Donald Trump) que les Ukrainiens renvoient au visage du dictateur russe, dans sa capitale et avec les armes que le maître du Kremlin a utilisées le premier pour terroriser la population ukrainienne depuis février 2022…

Vladimir Poutine étant ainsi touché au cœur de son pouvoir, il faut maintenant considérer ses réactions et les conséquences pour l’Ukraine.

Poutine acculé et l’Ukraine inquiétée

La stratégie de l’Ukraine (et de ses alliés) est de « convaincre » Poutine de négocier pour mettre fin à cette guerre sans issue militaire. Cependant, l’escalade actuelle est particulièrement dangereuse : Poutine qui joue sa vie autant que son pouvoir, va bien évidemment riposter contre l’Ukraine qu’il a cru pouvoir soumettre. Par ailleurs, il commence à riposter aussi contre les alliés européens qu’il considère être la raison de son échec…

Lire aussi : front gelé, escalade brûlante, la propagandiste de Poutine expulsée de France, Raphaël Glucksmann attaqué par la Russie

Vladimir Poutine a rappelé par ses conseillers et en particulier son ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov qu’il n’accepterait pas un arrêt des combats sur la ligne/zone de front actuelle. Ces déclarations répétées ces deux dernières semaines montrent que le président russe a bien réalisé l’enjeu de ces vagues de drones ukrainiens contre Moscou et la (sainte) Russie, mais qu’il refuse à ce stade de reconnaître l’échec de son opération militaire spéciale.

Poutine monte donc en escalade dans le conflit, avec une marge réduite compte tenu des moyens déjà employés, si ce n’est de faire plus de victimes civiles et de dévaster plus d’infrastructures de la société ukrainienne, énergétiques en particulier. Comme nous l’avons déjà expliqué, les Ukrainiens sont démunis face aux missiles balistiques (faute de Patriot et d’équivalent européen) et aux bombes volantes russes. Ils « encaissent » donc des attaques plus destructrices encore auxquelles ils ripostent inlassablement en priorisant le secteur économique et la capitale russe dans un domaine plus politique.

Incendies nocturnes à Kiev suite à des bombardements russes, Le Monde

Poutine ne tardera pas à être acculé, raison pour laquelle les pays européens commencent à se mobiliser pour empêcher un coup de force militaire contre une infrastructure européenne (comme l’attentat raté contre l’aéroport de Leipzig en Allemagne le 5 août) ou contre un des petits pays baltes. Il conviendrait à ce propos de déployer préventivement des forces militaires européennes beaucoup plus importantes pour l’en dissuader et de passer de quelques milliers de soldats à une force en dizaine de milliers… une force capable de se protéger des drones et des bombes planantes !

Lire aussi : Une alliance pour les réunir tous ? Sommet de l’OTAN à Ankara


Une négociation aussi inévitable qu’explosive

Dans tous les cas, le président russe ne peut pas se laisser enfermer dans cette impasse militaire où il n’avance quasiment pas sur le front ukrainien et où il prend des coups (et des coûts) jusqu’à Moscou. L’ouverture d’une négociation nécessitera non pas de régler « les causes profondes du conflit » – réthorique de Poutine quand il veut enliser une discussion –, mais de démontrer du côté occidental une détermination à ne pas subir, une réelle volonté de se battre de la part des Européens et cela sans laisser Donald Trump semer son chaos.

La question d’une négociation qui devra arriver à un moment ou à un autre pèse aussi sur le gouvernement ukrainien : doit-il accepter in fine de lâcher tout ou partie des 5 000 km2 que Poutine affiche vouloir conquérir « coûte que coûte » pour tenter de stopper cette guerre ? En échange d’un repli russe sur d’autres régions et d’une solide garantie internationale par le déploiement en Ukraine d’une force de sécurité ?

Tandis que Volodymyr Zelensky porte la résistance de son pays face à la Russie de Poutine, des personnalités ukrainiennes comme l’ex-ministre de la défense Fedorov ou l’ancien chef d’état-major Zaloujny réouvrent la question politique d’une élection démocratique qui pourrait valider (ou pas…) ces différentes options, en choisissant un nouveau dirigeant. Dans tous les cas, la négociation inéluctable sur la sortie de guerre en Ukraine sera déchirante et probablement difficile, voire explosive, pour chacun des protagonistes…

Dessin de Plantu




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16 commentaires sur “Pourquoi ces vagues massives de drones ukrainiens contre Moscou ?

  1. Toujours à propos de Xenia Fedorova.

    Après son avis d’expulsion du territoire français du 29 juillet 2026, Xenia Fedorova continue à s’exprimer, notamment sur JDNEWS, magazine appartenant à Vincent Bolloré. Dans son article du JDNEWS du 12 au 25 août 2026, on trouve les « sornettes » habituelles : « sa conviction profonde est que pour parvenir à la paix, toutes les parties doivent être entendues, et qu’il faut éviter la pensée unique ». Elle conclue en disant que « la décision de l’expulser intervient à ce moment précis parce que les questions qu’elle pose sont devenues trop dérangeantes pour le pouvoir, surtout si l’objectif n’est plus de rechercher les conditions de la paix, mais de préparer les esprits à la guerre ». Elle se compare aussi à Soljenitsyne et aux dissidents soviétiques en général, et signe son article en tant que journaliste sur CNEWS et Europe 1. Xenia Fedorova a quitté la France, et a parfaitement le droit de continuer à s’exprimer sur les médias français, tant qu’une décision de justice ne lui aura pas interdit de s’exprimer ! Cet avis d’expulsion n’est finalement que de la poudre aux yeux. Tout est compliqué dans les démocraties incapables de se défendre contre leurs ennemis.

    Ajoutons que pour faire bonne mesure, le philosophe Michel Onfray qui prétend être de gauche, a rédigé un texte du « même tabac » (comme disait Spinoza), que l’article de Xenia Fedorova sur JDNEWS. Voilà ce qu’il écrit : « Le bloc inexactement nommé extrême centre et que, pour ma part, je préfère nommer national-européiste, fourbit son plan de guerre pour empêcher la propagation des paroles déviantes, des pensées malades, des avis divergents, des idées libres : l’ingérence étrangère ! Elle le prolonge avec un nouveau concept orwellien : l’ingérence intérieure ! Ce néo-mot nomme le souci qu’ont certains Français éclairés de s’occuper de ce qui les regarde en se demandant à quelle sauce ils vont être mangés à la prochaine présidentielle. Dit autrement : comment va-t-on me priver de mon vote ? Quiconque se pose cette question se rend gravement coupable d’ingérence intérieure ! Il risque la suspension de ses comptes, la plainte au tribunal, la condamnation infamante, puis sonnante et trébuchante, la mort sociale, les cris de la meute, la mise au ban de la communauté intellectuelle -celle que Macron invite à l’Élysée pour l’adouber ». Je savais que Michel Onfray pouvait défendre les dissidents soviétiques et critiquer les marxistes « purs et durs », mais j’ignorais jusqu’à ce jour qu’il était aussi pro-Poutine et qu’il considérait la démocratie française comme une quasi-dictature ! Finalement, Michel Onfray et le philosophe Luc Ferry, -qui prétend que Poutine n’est pas Hitler et que les Ukrainiens étaient bien partis pour commettre des crimes de masse : Blanc bonnet et bonnet blanc !

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  2. Bonjour Guillaume, merci encore pour cet excellent article.

    Un mot sur la visite du directeur de la CIA à Moscou?

    Nul doute que ce déplacement exceptionnel mérite la plus haute attention.

    Que prépare Poutine ou ses services secrets, peut être sans que qu’il en ait été lui même informé d’ailleurs, et que la CIA a découvert?

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  3. Réponse à DOUCEUR. Malheureusement le monde des relations internationales ( politiques  et militaires )  ne laisse guère de place aux  » bisounours  » mais aux « carnassiers »….  Question : avez-vous effectué votre service militaire ? 

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  4. C’est effrayant ! Ces objets volants !! Cette « gamification » de la guerre !!! Sauf erreur de ma part, les Ukrainiens demandent de nouvelles élections !!! Alors, peut-être ?! une issue ? des positions nouvelles face à la Russie ?! DE LA DIPLOMATIE !! Où sont donc toutes ces illustres personnalités « respectueuses  » que l’on a envie de voir, entendre ! qui inspirent ! DE LA DIPLOMATIE !

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    1. Depuis que les guerres existent , elles sont effrayantes….La frayeur change de forme avec le temps , sans plus ! Les Ukrainiens demandent de nouvelles élections : quel pourcentage de la population ? Comment allez-vous faire voter les militaires au front, les nationaux réfugiés à l’étranger et ceux restés dans les territoires occupés par les Russes ? Place à la diplomatie …Petit passage par l’Histoire : septembre 1938. Accords de Munich. Adolphe H et Benito M  » enfument » diplomatiquement la France, le Royaume-Uni et la Tchécoslovaquie ; décembre 1994.Mémorandum de Budapest. La Russie  » enfume » les USA, le Royaume-Uni et l’Ukraine…. Le monde est composé d’États  « carnivores »  et d’États « herbivores » ( paroles adéquates  du Président français )

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      1. Je plains les CARNIVORES ! Je suis foncièrement HERBIVORE ! A ma juste place, c’est dans l’adversité que je peux exercer ma douceur du COEUR ! A mon simple niveau, au quotidien ! ET CELA MARCHE !

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  5. La Russie est passer d’une puissante nation à l’ombre des fantasme d’un Homme, enfermer dans le dénie de l’état de son propre pays, ne voyant dans la guerre que la seul chose dont son pays à besoin.

    C’est l’inconvénient de mettre un terme à tout esprit critique ou liberté de choix, certe on peut façilement enfermer une nation dans le denie de son propre effondrement et taire la cause première de cette état qui est la guerre contre l’Ukraine, mais en contre partie plus personne n’est là pour éviter l’isberg, les Russes se retrouvent prisonnier du chant mélodieux de joueur de fluteau, alors que la rivière ne cesse de se rapprocher…

    Au Etats-unies il reste un petit espoir d’échapper à se sort. Bien que beaucoup ai déjà été perdu et ne pourra être retrouver que par une longue reconstruction.

    C’est le prix a payés lorsqu’on élit des individus dont le seul objectif semble de faire faire haras kiri au USA : sapant d’abord toutes confiance qu’on pourraient avoir en eux par des discours incohérents et remplis de fadaise, puis faisant un tel étalage de leur incompétence qu’ils perdent toutes crédibilité au point qu’on se demande s’il n’ont pas été mis sur la touche afin de pouvoir négoçier avec les Iraniens (ce qui néçéssite un minimum de cohérence)… Est ne mettons pas tout cela sur la décrépitude liès à l’age, ils y a de nombreux jeunes dans cette administration qui ne relève en rien le niveau de Donald Trump…

    Salutation, Ludovic Melin

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  6. Comment se terminera ce conflit ? Nul ne le sait ! On ne peut qu’avancer des hypothèses : par exemple, une négociation inévitable ou une capitulation inconditionnelle de l’un des protagonistes  ….Personnellement je penche pour la seconde solution …Pourquoi ? Croyez-vous possible d’entamer des négociations avec Patine ? Ce personnage est partisan de la force brutale et de la dissimulation mensongère ! Il me fait penser à un certain Adolphe H et j’en viens à mon  propos .. « Comparaison n’est pas raison » bien sûr , mais un retour à l’histoire contemporaine peut aider à comprendre la situation actuelle  Rappel historique. Janvier 1943. Conférence de Casablanca ( Maroc ) . Franklin D Roosevelt , Président des USA,  décide seul d’imposer à ses alliés ( Royaume-Uni, URSS, France ) une CAPITULATION SANS CONDITION DES FORCES DE L’AXE. Des remous politiques et diplomatiques suivent : cela va obliger les ennemis à se battre jusqu’au bout ! Les pertes matérielles et humaines seront terribles ….En effet ! Imaginons la possibilité de négociations avec des nazis, des fascistes et des impérialistes japonais ….A quoi auraient-elles abouti ? A la perpétuation de régimes meurtriers et agressifs !! Impensable dans le monde de l’après deuxième guerre mondiale ! Retour à aujourd’hui : selon moi, il est impensable de négocier quoi que ce soit avec la Russie de Patine et de son entourage ! Seule une capitulation inconditionnelle de ce régime pourra offrir un avenir pacifique et prospère à la Russie , la Biélorussie et l’Europe ! 

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  7. Guillaume , bien lu ;la  « sortie de guerre  » sera -pour moi -comme
    ce que nous vivons au Proche- Orient un cessez-le-feu non respecte !
    salut ,Patrick

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  8. Encore un article très intéressant. Merci à vous.

    Qu’est-ce qui empêche fondamentalement les européens de fournir plus d’aide à l’Ukraine dans la défense de leur ciel via l’initiative Skyshield, mais aussi fourniture de missiles meteor pour aider l’aviation Ukrainienne ?

    Des stocks d’armes insuffisants ? La peur de la réaction des populations européennes ? La peur d’une escalade Russe ? Une incompréhension des enjeux ?

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