
Vladimir Poutine n’a manifestement pas saisi l’opportunité de négociation que lui ont mollement proposée les « émissaires spéciaux » de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, ceux-là mêmes qui avaient brillamment négocié la fin de la guerre contre l’Iran…
Pourtant, le tyran russe est manifestement dans une situation difficile. Il reconnaît lui-même la pression qu’exerce l’Ukraine contre son « autorité », avec toutes ces frappes dans la profondeur qui dégradent le niveau de vie, déjà peu satisfaisant, de la Russie.

Mais l’appel délirant de Donald Trump (un de plus) enjoignant l’Ukraine de ne pas abîmer les infrastructures pétrolières de la Russie (et sa capacité de production de carburant) ne risque pas de donner de la cohérence aux messages envoyés à Moscou d’ouvrir une négociation. Cette relance des discussions relève probablement d’une simple volonté de diversion de Trump, tandis que l’échec des États-Unis contre l’Iran dans le Golfe est désormais patent et que les élections de mid-term se rapprochent à grands pas.
Lire aussi : Trump est définitivement un gros con !
Poutine fait actuellement le choix de l’escalade avec une accélération des provocations et des actes « d’intimidation » contre les pays européens qui osent soutenir la résistance ukrainienne : Fusées éclairantes tirées d’un navire russe contre un hélicoptère militaire du Danemark, (ces fusées ont un pouvoir incendiaire dangereux), attaque d’un train à destination de la Pologne à quelques kilomètres de la frontière, survol des pays frontaliers par des drones armés, comme en Moldavie et en Lituanie, attentat contre l’aéroport de Leipzig en Allemagne…
La liste des actes hostile de la Russie contre les pays européens ne cesse d’augmenter, elle ne peut que mal tourner.
Poutine fait le choix d’acculer les pays européens
En effet, cette escalade est d’autant plus dangereuse que son issue est parfaitement incertaine, elle menace le continent européen d’une déflagration imminente : Si l’avion de transport civil ukrainien avait explosé sur l’aéroport de Leipzig ou si l’hélicoptère danois avait pris feu à cause de ce tir de fusée, quelle aurait été la réaction des pays européens ? Sont-ils capables de réagir de manière coordonnée et efficace, ou afficheraient-ils aussitôt « l’asymétrie de leurs volontés » pour reprendre l’expression de Thomas Friang.
Poutine cherche à « cornériser » les soutiens à la résistance, tout en matraquant plus que jamais l’Ukraine, notamment grâce à cette nouvelle génération de drones, équipés de réacteurs fournis par la Chine. Ces drones à réaction provoquent des dégâts d’autant plus importants que la défense anti-aérienne ukrainienne est actuellement dépassée, au sens littéral du terme, par cette génération qui va plus vite que les drones intercepteurs et qui volent plus haut que les systèmes de protection rapprochée de l’Ukraine.
Lire aussi : Guerre en Ukraine, l’armée russe mise sur les drones rapides à réaction, par Emmanuel Grynszpan (Le Monde)
Dans ce contexte, il semble que Poutine espère encore « gagner » sa guerre contre l’Ukraine, malgré ses revers sur le front où la progression de ses forces militaires est marginale.
Manifestement, le « maître du Kremlin » souhaite faire passer un hiver dévastateur aux Ukrainiens – ce qu’il a pourtant déjà essayé de faire sans succès à 4 reprises – pour aborder éventuellement une négociation à sa manière, une négociation qui consisterait en une reddition de l’Ukraine. C’est la seule concession que Poutine ait faite aux émissaires du Trump lors de leur visite à Moscou, celle de bien vouloir négocier à la demande de Trump… mais à ses seules conditions.

Et dans cet environnement hautement inflammable, les États-Unis de Donald Trump n’apportent au continent européen aucune forme de soutien. Bien au contraire, ils appuient sans scrupules les formations d’extrême droite qui seront leur relais avec la Russie de Poutine si ces dernières arrivaient au pouvoir, en France notamment.
Comment ne pas être troublé par ce média russe Komsomolskaïa Pravda qui a publié dans ces colonnes en janvier 2026 que « les changements de pouvoir promis par l’administration américaine n’auront pas lieu en Russie et en Biélorussie, mais en Europe, où elle s’appuie sur les forces patriotiques de l’extrême droite, prêtes à prendre les commandes ».

Les Européens, s’ils veulent arrêter Poutine, doivent réagir avec force et détermination
Dans cette situation extrêmement dangereuse, les Européens « gagneraient » à se préparer à une réaction de force, la seule réaction qui pourrait faire stopper Poutine, cet autocrate du KGB pour qui la contrainte par la violence est une quasi-religion.
Sur le plan intérieur, cela consisterait déjà à neutraliser efficacement les relais de propagande que Poutine a installés « tranquillement », pendant des années, dans des pays comme la France. La tentative de monsieur Bolloré de faire revenir la propagandiste du Kremlin, Xenia Fedorova, dans ses médias comme Cnews est une véritable provocation, très représentative des actes hostiles de Poutine… L’interdire avec fermeté est une nécessité, car agir contre les relais de Poutine est désormais une question cruciale de sécurité.
De même, Marion Le Pen, – car Marine n’a jamais été son prénom –, devrait être sérieusement interrogée sur son programme qui consiste à aider Poutine en supprimant le soutien de la France à ce pays, l’Ukraine, qui ose lui résister. Car, contrairement à ce qu’elle prétend, son parti n’a jamais soutenu la résistance ukrainienne mais s’est opposé à toutes les aides, aussi bien au niveau français qu’européen. Le RN est un rassemblement qui n’a jamais été patriote, c’est un parti de soumission à la Russie de Poutine et aux Etats-Unis de Donald Trump.
Lire aussi : Ukraine, quand Jordan Bardella, le président du RN, raconte n’importe quoi
Sur le plan extérieur, dès lors que les armées européennes sont enfin autorisées à abattre les drones russes qui survolent leur territoire, comme en Lituanie le 14 septembre, la riposte de la coalition des volontaires face à un nouvel acte hostile de la Russie pourrait consister tout simplement à étendre cette couverture anti-aérienne à une partie de l’Ukraine, pour « assurer une zone de sécurité » qui s’étendrait progressivement au-dessus de l’Ukraine à chaque nouvelle tentative d’intimidation de Vladimir Poutine.
Étendre progressivement une « zone de sécurité » au-dessus de l’Ukraine
Cette zone de sécurité permettrait aux Européens d’aguerrir leurs armées à la destruction des drones et missiles russes, de valider les systèmes d’alertes pour mettre à l’abri les populations civiles, et de tester de nouveaux dispositifs de détection et d’interception pour les déployer plus largement sur leur propre territoire.
Une telle opération de sécurisation d’une partie de l’espace ukrainien comporte des risques dans la mesure où des avions de combat, qui sont parfaitement adaptés pour abattre les drones à réaction Russes et leurs missiles de croisière, pourraient être endommagés voire détruits par une collision ou une explosion. Mais ce serait nettement moins dangereux que d’attendre que Poutine mette en lumière notre incapacité à réagir collectivement et disloque ainsi la « coalition des volontaires ». Défendre efficacement l’Europe serait surtout nettement moins risqué que de se soumettre de fait à la politique de Poutine, faite de menace et de la peur qu’il veut inspirer.

Pour approfondir,
Le programme de Poutine pour sa réélection : la guerre jusqu’à la victoire ! par Jean Marsia, président de la Société européenne de défense
En savoir plus sur Ne Pas Subir
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.