La guerre en Ukraine est d’abord un défi pour l’Europe

Les Ukrainiens, malgré leur courage, n’ont pas pu résister au marteau-pilon russe qui consiste à écraser tout ce qui s’oppose à eux dans leur guerre de conquête. L’armée de Poutine s’est ainsi pratiquement emparée de la région de Louhansk et menace désormais celle de Donetsk pour contrôler le Donbass.


Les Ukrainiens affirment manquer d’armes, surtout des plus précises et puissantes comme les lance-roquettes multiples ou les canons Caesar, mais en réalité ils ont peu de chance de compenser à court terme ce déséquilibre des forces qui est de l’ordre de 5 fois supérieur pour les Russes…
Les « puissances » occidentales n’ont jamais mobilisé leur capacités industrielles et militaires pour fournir aux Ukrainiens les quantités nécessaires lors de ces 5 mois de guerre.
Et si elles apprécient d’être congratulées sur l’aide apportée, celle-ci est en réalité largement insuffisante pour faire basculer le front : pour lancer une offensive, les Ukrainiens ont besoin de chars de combat et pas seulement de transport de troupes blindés, ils ont besoin de centaines de systèmes d’artillerie (canons ou missiles) alors que nous les avons livrés en dizaines. Enfin il leur faudrait une capacité de frappe aérienne quand aujourd’hui ils peinent à se défendre contre les bombardements aériens russes qui sont quotidiens.
La bataille militaire de Louhansk est perdue, celle de Donetsk se présente mal, même si les forces russes ont consommé une large partie de leur potentiel, mais pas assez pour les arrêter ou mieux, pouvoir les faire reculer.

La guerre du blé et de l’énergie

Vladimir Poutine manie désormais deux armes de grande puissance contre nos sociétés fondées sur la consommation et la croissance. La pression qu’il exerce sur les exportations de blé en les bloquant partiellement et en détruisant une partie des récoltes ukrainiennes déclenche une menace sur la stabilité même de nombreux pays dont l’économie est fragile, plus encore après ces deux années de pandémie liée au Covid.
La pression russe sur l’énergie – gaz et pétrole – génère quasiment la moitié de l’inflation actuelle qui torpille la croissance de nos économies.
Enfin, le risque sur l’avenir que fait peser cette guerre fait naître une profonde incertitude et déclenche des phénomènes classiques de stockage et de spéculation qui finissent de déstabiliser nos sociétés.
Entre la confrontation militaire dont nous ne nous sommes pas donnés les moyens de l’arrêter et les effets dévastateurs des pressions sur le blé et sur l’énergie, nos sociétés sont désormais menacées d’une crise mondiale provoquée par la politique d’agression de l’empire russe.
Dans cette situation, nous allons nous empresser de négocier une « solution de paix » dans les pires conditions, celles qui consacreraient la puissance d’une Russie qui paradoxalement s’est ruinée dans cette « opération spéciale ».

Un défi pour l’Europe

Poutine, qu’on disait affaibli voire malade, apparaît actuellement au sommet de sa puissance. Il affiche son assurance et sa morgue, étalant sa duplicité et ses mensonges pour nous imposer son ordre.


A l’inverse, les Etats-Unis apparaissent affaiblis, dirigés par un vieux président qui donne régulièrement des signes de grande fatigue, et miné politiquement par la désastreuse présidence de Donald Trump qui aura été le meilleur allié de la Russie pour fissurer la société américaine.
La Chine, qui affiche sa proximité avec Poutine sans lui apporter en réalité aucun soutien, se réjouit de cet affaiblissement de l’Occident tandis qu’elle était économiquement déjà vingt fois plus puissante que la Russie d’avant la guerre.
Les pays émergents nous font payer notre manque de considération et de solidarité. Il est frappant d’observer combien cette guerre en Ukraine a désolidarisé la plus grande partie du monde de l’Occident agressé par la Russie.

La seule dirigeante dont on ne soucie pas de la santé et qui n’a pas d’armée est Ursula von der Leyen, la présidente de la commission européenne… La guerre en Ukraine est désormais une crise mondiale et un défi pour l’Europe. Une Europe qui est plus que jamais un géant économique et un nain politique. Il nous appartient d’en faire autrement si nous ne voulons pas être les victimes d’un nouvel ordre mondial qui se dessine à notre détriment.

3 commentaires sur “La guerre en Ukraine est d’abord un défi pour l’Europe

  1. Cher Guillaume Ancel

    Merci beaucoup pour l’envoi de votre article sur l’Ukraine auquel je souscris complètement. Savoir qu’il existe encore quelques personnes comme vous qui veulent une Union européenne capable de défendre ses valeurs et son indépendance y compris, si nécessaire, par les armes, me remonte le moral. Bien cordialement

    André Burguière

    >

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