Soledar, la victoire à tout prix

Dans cette guerre, ce qui est voyant est de peu d’intérêt, ce qui est important mérite d’être distingué de la fumée. La proclamation de la prise de Soledar par la Russie de Poutine rentre dans une catégorie floue de même que la situation sur le terrain est encore floue, floue comme la guerre. 

Un objectif de peu d’intérêt 

Sous réserve d’une contre-offensive ukrainienne, la ville de Soledar – ou plutôt ce qu’il en reste – est bien tombée entre les mains des « forces » russes. Mais regardons d’abord ce qu’est Soledar : Vladimir Poutine voulait initialement conquérir l’Ukraine et sa capitale Kiev. Suite aux échecs de son opération spéciale, il a décidé de se « contenter » de l’Est du pays, mais le front s’est renversé et ses forces ont même dû abandonner la région de Kherson pour éviter d’être disloquées. 

Lire aussi, 11 novembre 2022 : date de la libération de Kherson par les Ukrainiens

Alors que les militaires russes se préparaient à une, voire deux nouvelles contre-offensives ukrainiennes, la milice Wagner dirigée par Prigojine s’est concentrée sur l’obtention d’une « victoire » locale, un succès qu’il puisse offrir à son maître, Vladimir Poutine. 

Depuis des mois, avec l’armée russe et les milices du Donbass, il essaye de reprendre… Bakhmut ! Une ville de 60,000 habitants avant la guerre, qui ne présente pas d’intérêt militaire particulier et qui a été pratiquement rasée par des mois de combats et de duels d’artillerie dévastateurs. L’offensive – dirigée facialement par Wagner – est un échec sanglant et cinglant, des dizaines de milliers d’hommes tués et blessés pour un résultat proche de la nullité. 

Alors ces forces russes ont changé de cible et concentré tout leur effort sur une petite ville – 6 fois moins importante – pour obtenir une « victoire ». Soledar est à une dizaine de kilomètres de Bakhmut et ne présente aucun intérêt stratégique contrairement à ce qui a été proclamé… par Prigojine : ce n’est pas un nœud de communication important, la ville ne permet pas de prendre Bakhmut, ses mines de sel ne sont ni un trésor, ni un moyen d’infiltrer le front ou de constituer un bastion. 

En réalité, la Russie de Poutine voulait s’emparer de l’équivalent de Paris, puis elle a présenté une ville de la taille de Valence dans la Drôme comme un objectif crucial (Bakhmut) avant de concentrer toutes ses forces sur Porte-les-Valence à 10 km de la ville…

Le Kremlin présente maintenant la prise de Soledar comme une victoire alors que cette petite ville ne constitue en rien un objectif militaire, sans compter qu’elle a été, elle aussi, consciencieusement dévastée. 

Pourquoi prendre Soledar à tout prix ?

Ce qui retient l’attention est l’acharnement des Russes, un acharnement disproportionné par rapport à l’intérêt de la cible. Pour conquérir cet objectif plus que limité, la milice de Prigojine a sacrifié une fois encore des milliers d’hommes en les envoyant par vagues successives épuiser la première ligne de défense ukrainienne. 

Ces miliciens, utilisés comme une sordide chair à canon, ont été sacrifiés pour permettre à l’artillerie russe – qui elle est opérée par l’armée « régulière » – de battre les positions de défense ukrainienne. Constituée majoritairement de repris de justice, la société Wagner n’a manifestement aucun scrupule à faire massacrer ces mercenaires pour obtenir une victoire à offrir à Poutine. 

Les pertes sont considérables – des milliers de morts et quatre fois plus de blessés – et montrent une fois encore la dangerosité d’un Vladimir Poutine et de son régime qui n’ont aucune considération pour la vie humaine, à l’exception de la leur. 

Cette « victoire à tout prix » est une monstruosité militaire, un non-sens opérationnel destiné à la guerre de communication qui se livre aussi dans ce conflit en Ukraine. Le président Poutine va pouvoir donner l’illusion d’un succès dans une succession d’échecs, qui lui coûteront à terme son pouvoir et sans doute la vie. 

Lire aussi : Poutine est la clef de la guerre russe contre l’Ukraine, sa chute est le préalable à toute paix durable

Encore une fois, Poutine nous égare dans un théâtre d’illusions. Les luttes intestines largement décrites entre les militaires russes et la milice de taulards de Prigojine sont de peu d’importance – tout comme la ville de Soledar – par rapport aux enjeux de cette guerre et à la menace que représente celui qui la mène, Vladimir Poutine. 

Prigojine, dirigeant de la milice Wagner, se met en scène dans les soi-disant mines de Soledar, mais il n’est sans doute pas sur le front…


Soledar, une « victoire » sans valeur, mais pas sans conséquences 

Soledar révèle en réalité la très faible capacité des forces russes dans leur ensemble, car ce sont bien elles qui se sont emparées de cette petit ville et pas seulement la milice de Wagner qui a essentiellement servi d’appât dans ces combats inhumains. 
Ce besoin d’une « victoire à tout prix » illustre aussi la fragilité du régime de Poutine face aux échecs militaires qui le mettent en péril puisque son pouvoir repose sur sa capacité à imposer sa volonté. 

Cependant, la prise de Soledar met l’armée ukrainienne face à un dilemme : fixer de nombreuses unités pour stopper cette avancée, en consommer plus encore pour reconquérir cet objectif pourtant secondaire ?
La logique opérationnelle voudrait que les Ukrainiens lancent au contraire une contre-offensive beaucoup plus au Nord ou au Sud de ce champ de bataille (et de ruines), pour déstabiliser le front russe plutôt que de sacrifier ses précieuses unités dans ce qui est d’abord un piège médiatique et qui ne devrait pas se transformer en piège tout court. 

L’Etat-major ukrainien défend probablement cette option, fort du soutien renouvelé des occidentaux qui se sont engagés à leur livrer des équipements blindés pour mener justement ces offensives. 

Lire aussi : les Occidentaux fournissent une capacité offensive à l’Ukraine, un tournant dans la guerre ?

Mais la dimension symbolique, et donc politique, de ce conflit peut aussi troubler la conduite de ces opérations en imposant aux militaires ukrainiens de reprendre Soledar, car la guerre n’est pas qu’un affrontement militaire, elle est aussi faite d’irrationalité autant que d’inhumanité. 


15 commentaires sur “Soledar, la victoire à tout prix

  1. Bonsoir Monsieur Ancel,
    Je veux simplement ne vous remercier pour votre analyse si pertinente et votre calme olympien, donnant à vos interventions une prestance irréfutable.
    J’ai une pensée pour tous ceux qui souffrent de ce conflit fratricide Russo-ukrainien, et grâce à vous, le colonel Goya et bien d’autres, nous pouvons restés informés et compatir au malheur de ces pauvres gens.
    Si cela vous plaît, je vous partage un poème écrit par mes soins sur ce drame, par analogie avec Verdun.
    Bien à vous.

    Le soleil ukrainien

    Petite fleur inondée de lumière
    Tu as revêtu ton manteau de poussière
    Tu avais un peu froid, petite orpheline
    Perdue dans la fraîcheur d’une pluie de farine

    Tes feuilles tremblent mais n’aie pas peur
    Le soleil ukrainien t’apporte sa chaleur
    Il te rend belle comme il caresse la mort
    Et qu’il se baigne dans un fusil qui s’endort

    Il galope dans l’herbe rouge de la plaine
    S’arrêtant sur chaque visage de porcelaine
    Il s’allonge sur les lambeaux d’une clairière
    Pour passer la main dans ses cheveux de fer

    Il ne sait pas encore, le soleil ukrainien
    Que le drapeau de charbon qu’il brandit sans fin
    Et qui couvre jusque les aiguilles des clochers
    Sera le dernier habit des gamins des tranchées

    Ni que la symphonie pleine de douceur
    Qu’il a suivi jusqu’à toi, petite fleur
    N’était autre que le chant de détresse
    Des hommes que lentement la mort caresse

    Il ignore que le vent fauche les âmes
    Et qu’il trace des sillons à grands coups de lame
    Pour y semer les graines d’arbres sans branches
    Les graines d’étincelantes croix blanches

    Petite fleur parfumée de poussière
    Tu as revêtu ton châle de lumière
    Tu avais un peu froid, mais dors en paix
    Le soleil ukrainien veille à ton chevet.

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  2. Bonjour M. Ancel,

    Je suis très intéressé par votre publication concernant la guerre en Ukraine, et je vous admire beaucoup. Pour cette page il y à un paragraphe/photo qui est blanc et j’ai réussi à la lire car étant handicapé je fais lire tous mes emails par la fonction de Outlook « lecture à voix haute », une fonction qui permet de mieux se concentrer. Voici ce qui n’apparait pas par email, mais bien présent dans votre page html.

    [cid:image001.jpg@01D928B6.E8717990] Prigojine, dirigeant de la milice Wagner, se met en scène dans les soi-disant mines de Soledar, mais il n’est sans doute pas sur le front…

    Je vous souhaite une bonne journée Cordialement M. Horanger Bailly

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  3. Au-delà des idées générales de l’article, j’ai cru comprendre qu’autour de Soledar il y avait une demi douzaine de mines de gypse reliées par un important réseau de tunnels. Stocks logistiques, PC, antennes chirurgicales… Autant de fonctions névralgiques aménagées par les Ukrainiens et situées à l’abri de l’artillerie. Quand on sait la géographie des lieux et les dégâts causés par les CAESAR, HIMARS et autres munitions rôdeuses, on pourrait aussi se dire que le secteur n’est pas entièrement dépourvu d’intérêt tactique. D’autant plus que les dépôts logistiques russes ont été soumis à rude épreuve ces derniers temps. La tentation a toujours été grande à vouloir sous-estimer les Russes quel que soit le conflit. Si cela a été parfois vérifié et s’il est vrai qu’ils ne font pas la même guerre que nous, ne nous empressons pas d’en faire non plus les champions de l’absurde et du je-fais-n’importe-quoi.

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      1. Ces mines sont-elles pour autant vides et non utilisées à l’heure actuelle par les Ukrainiens? Quand bien même leurs réseaux seraient-ils imparfaits dans leurs aménagements, ils ont été utilisés de manière industrielle et le seul fait qu’ils puissent résister opportunément à des frappes d’artillerie présente un intérêt non négligeable sur ce type de champ de bataille.

        Par ailleurs, le raisonnement multiscalaire que vous introduisez pour pouvoir qualifier Soledar d’ « objectif de peu d’intérêt » n’est-il pas imprudent ? Il a sa logique et semble en apparence étayé par les faits mais Soledar et Bakhmut ne sont-ils pas deux affrontements différents d’une même bataille ? Une bataille d’attrition dont le but serait moins de gagner du terrain que de fixer et d’user, voire de saigner, pour gagner du temps vu de Moscou ?

        Imaginons que si dans les temps à venir l’armée russe parvenait à obtenir une percée, un effet saillant/encerclement dans une autre partie du front, voire une déstabilisation plus large du système défensif ukrainien, que dirions-nous alors des actuels « objectifs de peu d’intérêt » ? La perspective de la bataille de Bakhmout/Soledar changerait alors peut-être radicalement. L’Histoire a pu donner ainsi des exemples d’échecs tactiques préparant des victoires stratégiques. Les belligérants ne regarderaient pas l’horizon de la même manière.

        Je ne dis pas que la confrontation de Bakhmout/Soledar fait forcément partie de ce cas de figure, comme je ne dis pas non plus que les batailles inutilement sanglantes pour des gains stratégiques nuls n’ont pas existé non plus. Cependant, dans le contexte d’un affrontement en cours, avec les informations dont nous disposons et les annonces de propagande de part et d’autre, il est imprudent et prématuré de se prononcer sur la qualité d’un objectif. Bakhmout/Soledar est un « hachoir tactique » incompréhensible à notre « rationalité » occidentale du moment mais, qui sait, avec un gain stratégique russe recherché sur le moyen ou plus long terme.

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      2. Je respecte votre point de vue, mais mon avis est assez différent de celui que vous exprimez :
        Soledar n’est pas Verdun, parce que cette ville ne permet pas de « percer » le front ni de le renverser. D’ailleurs les Ukrainiens ont eu tout le temps d’établir de solides lignes de défense au-delà de Soledar.
        Regardez la carte, Soledar ne permet pas d’encercler Bakhmut et de s’assurer de sa prise ultérieure, qui est à mon avis guère plus intéressante.
        Les mines sont complexes à utiliser parce qu’elles peuvent se transformer en souricière et ne sont pas équipées contrairement aux bunkers (eau, énergie, ventilation, issues de secours).
        Elles permettent tout au plus de s’abriter temporairement.
        Soledar est une « victoire » à mettre en regard avec la frappe sur Dnipro : une boucherie… inutile et odieuse.

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      3. Ce qui est odieux c’est la guerre dans sa dimension philosophique et morale. Son analyse stratégique et tactique ne procède pas du même raisonnement.

        Pour ma part, il est encore difficile de dire si l’épisode de Soledar est une victoire tactique ou non ; qu’il se pourrait que ce que je vois davantage comme un épisode d’une bataille plus générale (celle de Bakhmout) s’inscrive dans un projet stratégique plus large qui infirmerait justement l’inutilité des pertes humaines, furent-elles très importantes. Juste quelques remarques :

        Ce que font les Russes dans ce secteur du front nous révulse du fait du caractère « saignée à blanc », « hachoir », « chair à canon » dont nous peinons à comprendre la rationalité tactique. Mais les Russes montrent aussi qu’ils sont encore capables de faire une guerre comme on ne sait plus en faire en Occident. Faire une guerre de haute intensité où l’on meurt en conséquence. Certes, ce n’est évidemment pas un objectif en soi de mourir en masse mais peut-on gagner une guerre si l’on cherche désormais à éviter la mort ? C’est tout le problème des guerres occidentales (notamment américaines) depuis la fin de la Guerre froide. Car cette capacité à sacrifier dit aussi la résilience ou non d’une société, et la société russe semble encore tenir le coup, du moins jusqu’à présent.

        Je ne disais pas que la bataille d’attrition de Bakhmout/Soledar avait pour objectif d’obtenir une percée ou un renversement de situation dans le secteur même où les choses m’ont l’air bien bloquées. Cependant, en élargissant la focale, peut-être que dans un avenir proche cette bataille permettrait un basculement ailleurs à quelques centaines de kilomètres de là. Du coup, son caractère « inutile » du moment serait relativisé.

        Pensez à la bataille de Rjev au printemps 1942 dont le coût humain a été exorbitant pour l’Armée rouge. Ce fut un véritable échec tactique pour elle, une boucherie humaine de plusieurs mois, qui oblige cependant les Allemands à évacuer ce saillant stratégique. Et cette évacuation sauve Moscou située à 250 km de là.

        A Stalingrad, alors que la VIe Armée allemande a conquis l’essentiel des faubourgs et du centre-ville, que les progressions de l’infanterie restent décamétriques, que beaucoup pensent les Soviétiques pratiquement vaincus dans la bataille urbaine, ces derniers contre-attaquent loin au nord et au sud de la ville (opération Uranus) en rase campagne avec le résultat que l’on sait.

        Peut-être faudrait-il ne pas trop focaliser notre attention sur Bakhmout/Soledar, ce que les Russes voudraient justement que les Ukrainiens (et nous) fassions… Je ne sais pas.

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      4. Bonjour.

        Bakhmout est un objectif secondaire qui peut mener à Donetsk, objectif d’intérêt majeur en attaque comme pour défendre. Soledar est un objectif intermédiaire qui peut mener à Bakhmout, étape nécessaire à l’accès offensif ou défensif vers Donetsk. La moyenne et la petite ville sont situées sur la ligne de front global à l’est. En soi, ni l’une ni l’autre ne sont le Graal tactique, mais plutôt des points de navigation vers Donetsk, véritable objectif régional pour les envahisseurs comme pour les défenseurs.

        D’un point de vue plus stratégique que tactique, deux effets ont leur petite importance dans le focus actuel de la zone:

        – Wagner a récemment perdu des cadres de terrain dans un hôtel bombardé sur l’arrière. La présence appuyée de Prigojine répond peut-être (hors bling-bling média) à une nécessité de compenser les pertes chez ses meneurs, aussi de tenir une com de choc temporaire pour diluer les mécontentements récents de sa base (lourdes pertes sans prise de Bakhmout à l’issue). L’image véhiculée en occident de luttes intestines moscovites entre untel et untel est-elle le seul schéma d’interprétation possible ?

        – Le besoin de fixation des défenseurs par les russes s’opère là où le support par l’arrière est plus facile qu’ailleurs. Si les russes avaient pu choisir Zaporija par le sud dès la fin 2022, ils auraient dilué leurs circuits d’approvisionnements et la fixation se serait retournée contre eux. Le Kremlin fixe Bakhmout pour Donetsk, donc Soledar pour Bakhmout, dans un espace plus secure pour alimenter les lignes et obtenir un résultat revendicable rapidement.

        La fixation joue effectivement un rôle de temporisation avant les prochains renforts d’invasion. Ces renforts massifs quantitativement (qualité ???) autoriseront plusieurs axes pour percer des lignes ukrainiennes. Ils garantiront aussi temporairement au Kremlin une présence disputée sur tout le couloir le long de la mer d’Azov, entre le Donbass et la Crimée. En cas de scénario finlandais si l’ONU organise des négociations (ou Turquie ?), le verre d’eau à moitié vide russe correspondrait à la sécularisation du couloir Est-Sud, donc l’appropriation définitive de la mer d’Azov.

        Désolé pour le zoom-arrière, revenons à la mine de sel.

        L’entreprise russe actuelle est stratégique en interne. La guerre civilisationelle revendiquée, pour formater la doxa là-bas, doit [rendre utiles les héros morts] chantés au clair de lune dernièrement, parce que le(s) front(s) a besoin de surnombre rapidement. Bakhmout a été temporairement une source de galvanisation sociale nécessaire, maintenant c’est Soledar. La mine de sel est une carotte sur les écrans. Une carotte qui participe au conditionnement des masses.

        Fin du blabla de geek. J’apprécie beaucoup les visions contradictoires qui permettent de ne pas voir les choses comme des lignes droites irréfutables, où le vrai ou faux serait déterminé à l’avance. Les opinions contraires permettent parfois des convergences ensuite ou des lectures entre les lignes. Le débat de fond est constructif et les posts qui précèdent m’aident beaucoup à comprendre. Merci.

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  4. Merci pour cette analyse perspicace que je partage. A une exception près. Je ne crois pas à une chute de Poutine. Hitler, Staline, ce sont des centaines tentatives attentats… L’un est mort en se suicidant, l’autre de sa mort naturelle. Tout deux étaient encore au pouvoir… Gorbatchev a chuté. Ce ne sont pas les putschistes qui ont pris le pouvoir. Mais ceux qui ont tout manigancé. Le passage par Eltsine avec un désarmement complet de l’Ukraine a été un coup de maître de leur part. A méditer: je reste persuadé et je suis bien le seul, qui pense que Poutine ne tombera pas tant que Trump ne sera pas tombé. Mais cela est une autre histoire…
    Respectueusement
    RMA

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  5. Merci pour la mise en valeur du jusqu’au boutisme des bouchers. L’opération spéciale est un bourbier dont on pouvait deviner la faute stratégique, lorsqu’une grande partie des citoyens ukrainiens étaient déjà tournés vers l’Europe ou leur propre histoire nationale. Le décalage persistant entre effets d’annonces et données de terrain suggère un embourbement prolongé du Kremlin. Aucune mise à jour des concepts suite aux situations. La durée du conflit empêche maintenant toute résolution tactique sur une seule action décisive, même deux. Les changements de directions dans l’état-major russe démontrent difficilement le contraire.

    La deuxième vague de mobilisés russes sera effective juste avant les renforcements motorisés et mécanisés en Ukraine. Le All-in autour de Bakhmout et la menace prochaine (?) sur les 900km de frontière Biélorusse pourraient limiter la marche en avant bleue et jaune. L’état physique et moral des effectifs qui défendent est une clé du contrôle de situation pendant les deux prochains mois (avant rechauffement).

    Qu’est ce qui a permis à Kiev de tenir durant 2022 ? Le ciblage de la logistique russe déjà en carence sur son sol. Les hommes au contact retenaient, pendant que des sections dédiées envoyaient des drones et roquettes sur les magasins en seconde ligne. Vu l’ appétence russe vers Bakhmout, on peut deviner des facilités (plus qu’ailleurs) pour ravitailler leur chair à canon. La réponse ne serait-elle pas la frappe sur l’arrière, à 30km, avant le gain decametrique au contact ?

    J’écris cette ineptie parce qu’avec plusieurs centaines de milliers de bleusaille qui viennent faire un jogging, les tentatives de déconnexion entre 1ère ligne et support pourraient entraîner une ambiance sud-américaine profitable. Est-ce que ça pourrait disrupter la logique de tranchées, chère aux envahisseurs supérieurs en nombre ? Même si cette hypothèse subjective n’est pas envisageable à la frontière au nord, il y a peut-être une ou deux possibilités atteignables dans le Donbass, pour déstabiliser fortement.

    Transformer l’atout quantitatif en contrainte chez l’autre…

    Une fois la mise en service de chars légers et transports de troupes blindés dans trois mois, si vague contenue auparavant, le sud-est de Zaporija présente un intérêt pour couper en deux le couloir d’invasion le long de la mer d’Azov. Sans chercher une reconquête totale immédiate, la persécution des connexions logistiques pourrait rendre la grande offensive très irritable en interne, par manque de soutien sur zones pour avancer. Il y a les armes et munitions, il y a aussi la nourriture et les nécessités.

    Les russes ont montré leurs rations hors d’âge et des protections en toc quand ils étaient cent-mille. Focaliser leurs connexions sur l’arrière pourrait-il changer la donne avec trois-cent mille ? Je ne sais pas. Opinion contradictoire objective bienvenue.

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  6. Je pensais à une opération de diversion, avant une attaque majeure au nord. Il est quasiment impossible de connaitre la situation véritable sur les différents fronts. La propagande bilatérale fausse toute appréciation.Seul Poutine détient les clés. Une négociation stopperait ce massacre. Mais qui sera légitime dans cette négociation? l’intrication géopolitique est considérable à l’échelle même de la planète.

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