« Un casque bleu chez les khmers rouges », vu par Patrick de Saint-Exupéry

Patrick de Saint-Exupéry

Patrick de Saint-Exupéry, écrivain et grand reporter, parle ainsi de ce récit « Un casque bleu chez les khmers rouges » et je l’en remercie :


Le 13e RDP, une unité des plus prestigieuses, voulait recruter le jeune lieutenant artilleur Guillaume Ancel. Son corps d’origine refusait, préférant le voir revenir à Saint-Cyr comme instructeur. Guillaume Ancel avait 27 ans, il rêvait d’aventure écrit-il dans Un casque bleu chez les khmers rouges (Ed. Les Belles Lettres). « Dans ce milieu (militaire) très contraignant où la norme dépasse largement l’entendement », il parvient miraculeusement à décrocher une mission de « soldat de la paix » au Cambodge. C’est cette aventure d’il y a bientôt trente ans que Guillaume Ancel narre dans son livre au pages imprégnées de la moiteur de la jungle.

Je l’ai lu avec plaisir, et y ai retrouvé cette atmosphère propre aux missions menées par cette Internationale de soldats de métiers rassemblés le temps d’un mandat sous la bannière bleue de l’ONU dans les coins les plus tortueux du monde. Ces missions de la paix coûtent horriblement cher et, on le sent bien en lisant Guillaume Ancel, elles sont aussi en apparence foutraques. Une Babel militaire bricolée avec les chéquiers des nations sur les terres du Mordor – celles du Mal. Tout y est plus ou moins pourri, plus ou moins vicié, totalement brinquebalant.

Arrivant de France peu après Saint-Cyr, Guillaume Ancel découvre ce monde. Et plus qu’une aventure – même si c’en est une – c’est une expérience qu’il raconte. On y croise la petitesse d’hommes venus de tous horizons et qui, bien pourvus par la vie, restent cantonnés à leurs égoïsmes ataviques reproduits sans états d’âmes à des milliers de kilomètres. Ils ne voient rien du Cambodge qui les entourent, sauf ce qui pourrait leur profiter. Ils sont là, ils existent, mais il faut les oublier, les dépasser pour en croiser d’autres qui, eux, tentent l’impossible.

Sans négliger les premiers, c’est aux seconds que Guillaume Ancel s’attache. Il les raconte, il s’attarde sur eux et leur rend hommage. 

Parce qu’il est fier d’avoir été soldat de la paix, et parce qu’au final, laisse-t-il entendre, le métier des armes consiste à faire tomber les armes.

C’est ce qu’il nous raconte.
Et il nous donne envie de le croire. 

Patrick de Saint-Exupéry, juin 2021

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