
Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis le 3 novembre 2026 sont une débâcle électorale pour Donald Trump qui perd la majorité au Congrès, aussi bien à la Chambre des Représentants qu’au Sénat.
La guerre contre l’Iran lancée par Trump en février 2026 avec son allié Benyamin Netanyahou a joué un rôle clef face à un électorat qui l’avait entendu promettre de ne pas lancer d’opération militaire qui se transformerait en impasse. Un électorat excédé plus encore par l’inflation directement importée par le « choc pétrolier » causé par cette guerre.

En effet, outre le fait que le détroit d’Ormuz n’est plus « sûr » à la navigation maritime, l’ensemble du Golf persique (1 200 km de long) est désormais soumis à la menace omniprésente de tirs iraniens, principalement de drones, difficiles à détecter et à intercepter (à un coût raisonnable). Les Iraniens ont bénéficié pour ce faire du soutien technique et tactique des Russes, dont la guerre contre l’Ukraine leur a beaucoup appris sur l’utilisation efficace des drones et de leur combinaison avec des tirs de missile.
Dans ces conditions, tous les pays producteurs de pétrole du Golfe persique, de l’Irak à l’Arabie Saoudite ont vu leurs exportations chuter et le prix du baril dépasser les 100 dollars pendant des mois. C’est bien un choc pétrolier mondial qu’a déclenché Donald Trump en attaquant l’Iran sans avoir les moyens de faire capituler le régime.

Pour l’Iran, « ni guerre, ni paix »
En Iran, un nouvel équilibre s’est installé entre les Mollahs et les Gardiens de la révolution, autour d’une politique qui pourrait se résumer en « ni guerre, ni paix », exerçant ainsi un pouvoir de nuisance permanent sur le marché des hydrocarbures et une menace constante sur les pays du Golfe. Rappelons à ce stade que la seule puissance qui peut exercer une influence notable sur ce régime iranien est la Russie de Poutine, ce qui explique probablement l’empressement de Donald Trump à vouloir imposer une fin de la guerre russe contre l’Ukraine en contrepartie d’un deal en Iran.
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Les négociations sont en cours, sous l’égide peu enviable des affairistes qui tiennent lieu d’envoyés spéciaux à Trump, son ami promoteur immobilier Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner dont les préoccupations essentielles sont de « se faire du fric ». Un round officiel de discussion est prévu à Abou Dhabi à partir du 10 novembre entre Ukrainiens, Russes et Etats-Uniens, en espérant que les Européens trouvent une place pour défendre leurs intérêts, dans cet enjeu stratégique pour leur propre sécurité et leur avenir.
Le régime iranien démontre sans difficulté au monde entier qu’il a mis en échec la guerre bien imprudente des Etats-Unis, dont les bases militaires dans le Golfe ont été détruites à plus de 30%… sans obtenir aucun résultat tangible en termes de changement de pouvoir en Iran, de sécurisation de la région ou de neutralisation du programme nucléaire iranien. Ce dernier a repris, dans des installations profondément enterrées sous les montagnes iraniennes, hors de portée de toute attaque aérienne classique.
Une résistance iranienne qui seule pourra faire tomber le régime actuel
Pour la population iranienne, la situation est particulièrement difficile entre un pouvoir paranoïaque qui traque toute volonté de contestation et une situation économique déplorable où l’inflation est devenue proprement insupportable. Des mouvements d’insurrection sont probables dans les mois qui viennent, mais sans armes ni soutien organisé, ils se heurteront à une répression sanglante.
« l’apparition stérile d’un héritier du Shah, propulsé par les Etats-Unis et Israël, a affaibli l’opposition au régime iranien »
La résistance iranienne, qui s’est structurée en « conseil national », a souffert de la trahison de Trump qui leur promettait de l’aide en janvier lors des manifestations de grande ampleur. La résistance a subi aussi l’apparition stérile d’un héritier du Shah, propulsé par les Etats-Unis et Israël, comme si ce rentier sans charisme pouvait faire autre chose qu’affaiblir l’opposition au régime.
Quant à Donald Trump, qui est étonné de ne pas s’être vu décerner le prix Nobel du chaos, rien n’indique qu’il pourrait opter pour une politique étrangère structurée tandis que son vice-président, JD Vance, essaie de préserver son avenir politique en attribuant clairement l’échec électoral des « mid-term » à un président qu’il n’est pas le dernier à déconsidérer.

Trump va maintenant essayer de sortir de cette impasse militaire et politique dans laquelle il s’est fourvoyé en Iran, en oubliant son « ami » Netanyahou et sa politique de dévastation de l’ensemble de son voisinage. Trump va chercher à effacer autant que possible l’échec de cette guerre qui a révélé au passage l’impuissance de l’armée des Etats-Unis, alors qu’elle était considérée jusqu’ici comme la première armée du monde.
Lire aussi : Quand Donald Trump joue à la roulette russe avec la guerre contre l’Ukraine

La question suivante sera donc l’impact de cette débâcle électorale. Certes, certains personnages particulièrement malsains, comme Elon Musk, voient déjà que leurs ambitions seront contrariées désormais par un pouvoir législatif qui veut sortir de cette confusion quasi mafieuse instaurée par Trump entre monde des affaires et règne de la force plutôt que du droit…

[Illustrations par Truant, truant.cartoons@gmail.com, Lecture par Via Logos, joseph.foret@vialogos.fr]
Pour approfondir,
La guerre, en face par Stéphane Audoin-Rouzeau aux éditions La Tribu

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Alain Clavet alain.r.clavet@gmail.com
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Deux remarques : pendant les élections, Trump a prétendu geler une aide financière mais, au même moment, un pont aérien montrait des avions gros porteurs débarquer du matériel sur un aéroport israélien. 2e. Trump n’est plus « freiné » par une quelconque élection. Cela ne le rend pas plus prévisible ou plus accommodant : au contraire ! De même que Netanyahu, il n’a rien à perdre !
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Quels auraient été les résultats des midterms sans la guerre en Iran ? probablement une victoire moins marquée des Dems. Et d’une point de vue politique, la différence entre un Tsunami et une petite vague, c’est que le Tsunami va probablement fissurer le GOP tandis qu’une vague même moyenne ne l’aurait probablement pas fissurée. Pour DJT, un parti qui se divise, cela veut dire que des gens vont le lâcher ou même lui planter des couteaux dans le dos. Si les Dems réussissent à bien enfoncer le point de faiblesse des Reps, les Dems peuvent mettre DJT à terre. Donc l’enjeu est qd mm assez lourd pour DJT car être mis à terre, pour lui, c’est lourd de conséquences sur sa famille, son clan, avec du pénal pour certains d’entre eux. Je serais pas étonné que certains plient bagages et s’installent sur une île des caraïbes en invoquant le statut de réfugié politique !
Dans tout ce cinéma, ce qui compte, c’est l’impact sur l’UE, sur la France, sur nos valeurs du siècle des lumières. Et là, pas facile de savoir si le Tsunami des Dems est une bonne chose ou pas.
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