Pete Hegseth, l’abruti en chef qui « dirige » les guerres de Donald Trump

(c) Truant

Dans l’entourage de Donald Trump, président des États-Unis d’Amérique, il est un personnage particulièrement affligeant : il s’agit de Pete Hegseth, le secrétaire d’Etat à la défense, l’équivalent du ministre des Armées. Une fonction que lui-même a renommée « secrétaire d’Etat à la guerre », dans la veine de son idée politique – pas vraiment une stratégie – consistant à vouloir faire la guerre, faire des USA une « Fortress America » que nul ennemi des Etats-Unis ne pourrait attaquer car ils seraient tous détruits au préalable.

Mes camarades militaires de la puissante armée des Etats-Unis qualifient sans hésitation Pete Hegseth « d’abruti » tellement ils le détestent, un ancien militaire bas de plafond, borné, qui a cru ouvrir une voie innovante et guerrière en détruisant les piliers du fonctionnement de l’armée. Car Pete Hegseth ne s’est pas contenté de « s’attaquer » à tout ce qu’il assimilait à une dérive woke, de la reconnaissance des LGBT à l’intégration des minorités, il a d’abord et avant tout remis en cause un principe fondamental de l’armée des Etats-Unis qui est… son attachement à la démocratie.

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A la fin de son premier mandat en 2021, Donald Trump avait demandé à l’armée d’intervenir pour se saisir des bureaux de vote qui – selon lui – avaient mal voté. Il s’était alors vu opposer un cinglant refus de l’institution militaire, accompagné de la publication exceptionnelle d’une tribune signée par plusieurs anciens chefs d’état-major des armées pour lui rappeler que la « tradition militaire » des Etats-Unis était de ne pas s’immiscer – en aucun cas et sous aucun prétexte – dans un processus électoral.

Pete Hegseth s’efforce, à son image, de politiser et de médiocriser l’armée des Etats-Unis

Quatre années plus tard, une fois revenu au pouvoir, Donald Trump a ordonné à son ami Pete Hegseth d’écarter tous ceux qui avaient osé lui résister, y compris ceux qui étaient entre-temps partis à la retraite et qui se font harceler dans le rôle qu’ils jouent encore dans des cercles de réflexion et dans des associations, notamment de représentation des Vets.

Les vétérans de l’armée des Etats-Unis constituent un groupe électoral très important dans ce pays gigantesque et ils avaient apporté un soutien majoritaire à Trump aux dernières élections, en particulier pour sa promesse de ne plus engager cette armée dans des combats sans issue, ce que ce dernier s’est pourtant empressé de trahir, dernièrement contre l’Iran…

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Une guerre stupide et sans stratégie, déclenchée sur les conseils « avisés » de Pete Hegseth, lui-même subjugué par les démonstrations de force de l’équipe de Netanyahou et de représentants de la Tech sans conscience, subjugué ainsi par ces modules d’Intelligence Artificielle (IA) qui ont permis à Israël de multiplier par cent les désignations de cible à détruire par des bombardements.

Pete Hegseth a été subjugué par les innovations militaires israéliennes sans s’interroger sur leur efficacité ni leurs conséquences

En effet, l’armée israélienne venait d’utiliser ces « nouvelles armes » liées à l’IA pour dévaster le territoire de Gaza et Pete Hegseth a fini de convaincre son président qu’une telle capacité de bombardement obligerait l’Iran à une reddition sans conditions. Las, après plus de 25,000 frappes début 2026, le résultat est affligeant : les dirigeants iraniens les plus radicaux se sont emparés du pouvoir et ces « Gardiens de la révolution » font maintenant chanter le monde entier en prenant en otage les exportations de pétrole et de gaz par le détroit d’Ormuz que l’armée des Etats-Unis s’avère incapable de maîtriser, notamment du fait de l’utilisation des drones.

Après un tel échec, qui est loin d’être conclu dans ses conséquences, Donald Trump aurait pu, aurait dû se séparer de ce boulet qu’est Pete Hegseth, d’autant que ce dernier accumule les erreurs grossières et les contre-sens militaires. Les équipages de l’US Navy épuisées par des missions sans fin, des déploiements inutiles de troupes terrestres qu’il est impossible d’engager en réalité sur des théâtres aussi difficiles que l’Iran, ces pilotes qui ne sont plus écoutés quand ils doutent des effets des bombardements sans stratégie, sans parler du stock de missiles Patriot que Pete Hegseth a fait fondre dans une négligence dramatique.

Trump aurait dû virer Pete Hegseth depuis longtemps s’il résonnait normalement… mais plus rien ne semble normal avec ce semeur de chaos qui n’a jamais porté aucun intérêt à son armée et qui confond guerre et publications grossières sur les réseaux sociaux. De plus, dans le contexte des élections de mi-mandat (début novembre) aux États-Unis, sortir son secrétaire d’Etat à la guerre, ce serait de fait reconnaître l’échec de cette guerre contre l’Iran que les Etats-Uniens ne comprennent pas.

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Quant à la guerre russe contre l’Ukraine, qui menace la sécurité de l’ensemble du continent européen, Pete Hegseth ne lui porte aucun intérêt si ce n’est de harceler les alliés européens (et canadiens) en réduisant la protection des Etats-Unis et en voulant les contraindre à collaborer à leurs guerres déplacées.

Pete Hegseth veut imposer aux militaires un rôle de bourreau

Alcoolique, addict, viriliste appelant à tester la testostérone des soldats quand les femmes jouent désormais un rôle important dans l’armée, Pete Hegseth ne se contente pas d’abîmer une armée qui était jusqu’ici considérée comme la plus puissante du monde, – en tout cas jusqu’à la guerre contre l’Iran –, il s’attaque maintenant à sa dignité…

Dans une affaire particulièrement sordide, Pete Hegseth « a recommandé – et le président Donald Trump a approuvé – que Nidal Malik Hasan [un ancien psychiatre militaire condamné à mort pour terrorisme] soit exécuté par un peloton d’exécution de l’armée américaine ».

Faire la guerre est une expérience terrible, mais en tant qu’ancien militaire, je n’arrive pas à imaginer comment des soldats peuvent exécuter froidement un homme sans en être marqués à vie.

France Info canal 16

Un terroriste condamné, et paralysé depuis qu’il a été blessé durant son arrestation, qui sera présenté devant le peloton d’exécution sur sa chaise roulante ? Pete Hegseth a même proclamé qu’il voulait que cette exécution soit publique, probablement pour faire la une des réseaux sociaux, démonstration sordide de ce que deviennent les Etats-Unis sous Donald Trump, un règne de la violence et de la brutalité en guise du droit et du respect.

Quant au métier militaire qui est très dur en soi, comment peut-on lui imposer de faire fonction de bourreau ? Peut-être que Pete Hegseth, dans un élan viriliste, rêve en fait d’exécuter lui-même un homme sans défense ? Cela me semble le comble de l’indécence, et une atteinte considérable à la dignité du métier militaire.

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[Illustrations par Truant, truant.cartoons@gmail.com, Lecture par Via Logos, joseph.foret@vialogos.fr]





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