Sous la direction de Vincent Duclert et de Maria Malagardis, un ouvrage collectif rassemblant plus de 50 auteurs pour autant de chapitres a été publié ce 1er octobre 2026 par les Éditions Philippe Rey pour expliquer quelles seraient les conséquences de l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite en France.
En effet, à l’histoire fondée sur la recherche et la connaissance, l’extrême-droite substitue des récits idéologiques présentés comme patriotiques, mais reposant sur des falsifications de la vérité.
Affaire Dreyfus, Algérie, colonisation, Vichy, immigration, laïcité, éducation, femmes, changement climatique, Amérique, Russie, réseaux sociaux… L’ouvrage rassemble des contributions documentées, chacune suivant une méthode rigoureuse : examen des discours, confrontation aux faits, mise en perspective historique, démonstration des mensonges de l’extrême droite.
Les auteurs de ce livre n’entendent pas laisser le champ libre aux « faussaires de la nation »
En défigurant et en relativisant la vision commune de notre histoire, les activistes et idéologues d’extrême-droite compromettent la cohésion nationale. Les auteurs de ce livre n’entendent pas laisser le champ libre aux « faussaires de la nation », et engagent le combat pour préserver la rigueur scientifique, l’honnêteté intellectuelle et l’avenir de la France.
Je recommande donc la lecture de cet ouvrage pour se faire un avis étayé des conséquences du « on n’a jamais essayé » ou du « ras-le-bol, il faut que ça change ». J’ai écrit pour ma part le chapitre concernant la défense, mon sujet de prédilection en même temps que pour rappeler inlassablement la dangerosité des extrémistes. En effet, ces extrémistes, – comme les dirigeants du RN et de LFI en France –, diffusent des idées extrêmement dangereuses menant à dresser une partie de notre société contre l’autre, alors même que le fondement de notre vie en collectivité repose sur notre capacité à (bien) vivre ensemble.
La haine de l’autre… mais aussi la soumission à ceux qui paraissent « les plus forts », la Russie de Poutine ou les Etats-Unis de Donald Trump. C’est ainsi que Marion (son vrai prénom) Le Pen fait sienne la politique de tout faire pour entraver une défense de l’Europe, seul obstacle pertinent aux visées de ces empires menaçants.

Tout en se réclamant « national », tout en affirmant une ambition « patriotique », le RN est dans les faits un parti de soumission aux empires. De la Russie de Poutine aux États-Unis de Donald Trump, les dirigeants du RN ont choisi leur camp, dans une filiation historique d’asservissement de la société. À l’heure où des décisions courageuses doivent être prises au niveau européen pour réunir nos forces et résister aux pressions de ces autocrates dangereux, le RN cherche à détricoter l’élément le plus important de notre sécurité : l’esprit de résistance.
L’extrême droite est incapable de définir les ennemis de la France et d’élaborer à cet effet une politique militaire propre à assurer la défense de la nation. Que l’extrême droite recrute des électeurs, de plus en plus nombreux, au sein des forces armées, est un non-sens tant sa vision de la défense est idéologique, à l’opposé de ce que ces dernières attendraient en matière de pensée, d’organisation et de planification militaire.
De fait, pour défendre la paix – ce qui correspond le plus souvent à ce que nous estimons être nos intérêts –, il faut ne pas avoir peur de se battre et disposer des moyens nécessaires… Mais ici encore, l’extrême-droite nous perd dans ses marécages.
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Une armée pour faire la police mais pas pour résister aux menaces militaires ?
D’un côté, le RN voudrait utiliser l’armée pour faire la police dans les quartiers sensibles de certaines villes, alors que ce n’est pas son métier et que cela ne relève pas de sa compétence, mais de l’autre les dirigeants d’extrême-droite veulent nous persuader que notre armée ne doit pas se battre contre une autre armée, en particulier celle de Poutine !
Ainsi Jordan Bardella préside-t-il le groupe Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, initié par Viktor Orbán, dont l’un des principaux objectifs est de se positionner contre le « soutien militaire à l’Ukraine ».
Est-ce là le second objectif fixé au RN, empêcher les Européens de constituer une puissance suffisante pour s’opposer aux empires russe ou états-unien, chinois demain ? S’il arrivait au pouvoir, le Rassemblement National ne manquerait pas de démonter tout ce qui peut contribuer à construire une défense crédible de l’Europe, en commençant par les programmes d’armement commun sous prétexte d’une « préférence nationale » qui, loin de nous renforcer, nous fragiliserait plus encore.
Le programme de l’extrême droite consistera – tout en affirmant le contraire – à diviser et à enfermer nos armées dans des espaces cloisonnés dans lesquels elles étoufferont rapidement. Les programmes européens seront soigneusement torpillés, comme s’emploie à le faire au Parlement européen le RN dont les députés brillent par leur opposition systématique à tout ce qui peut aider l’Ukraine et renforcer la capacité de défense des Européens.
Surtout ne plus résister aux empires menaçants de la Russie de Poutine et des Etats-Unis de Trump
Cet affaiblissement direct et indirect du soutien à l’Ukraine pourrait largement contribuer à faire céder celle-ci pour voir s’installer à terme un complice de Vladimir Poutine à la tête de cet État qui aura osé tenir tête à ce dernier. Le RN torpillera en particulier cette Coalition des volontaires qui est pourtant une initiative indispensable pour que les Européens prennent conscience qu’ils sont en réalité une grande puissance et qu’ils sortent de cette situation invraisemblable que le Premier ministre polonais Donald Tusk a résumée ainsi : « Est-ce normal que 450 millions d’Européens demandent à 300 millions d’Américains de les protéger contre 150 millions de Russes? ».
Dans la même veine politique, le RN pourra apporter son soutien à Donald Trump, ce président à la dérive autoritaire qui ressemble de plus en plus à un iceberg, mettant en danger ce qu’il croise, en raclant le fond et en laissant des blessures profondes.
Ce parti d’extrême-droite remettra alors en cause tout ce qui peut assurer une forme de solidarité entre pays européens, dont la route commune n’a jamais été aussi difficile, notamment face aux exigences colonialistes des États-Unis d’Amérique. C’est ainsi que Marine Le Pen est allée afficher son soutien à Viktor Orbán lors des élections législatives de 2026… avec J. D. Vance, le vice-président de Donald Trump.
Le RN constitue un parti de « détournement national »
De fait, le RN constitue d’abord et avant tout un parti de « détournement national », le détournement de la colère ressentie par de larges pans de nos sociétés, le détournement de financements publics au profit d’une organisation aux objectifs qui ne sont pas la défense de la nation.
Le Rassemblement National, s’il accède au pouvoir, deviendra évidemment un outil de détournement de notre défense au profit de la loi du plus fort, un parti d’asservissement aux empires menaçants qui réduirait la France au rôle de nation soumise à des extrémismes qui ont pour première caractéristique de se nourrir au détriment de nos libertés. Ce serait une régression politique majeure. Et les partis démocratiques ont une responsabilité évidente à réinvestir leur réflexion sur la défense et ses forces armées.
Lire aussi : Ukraine, quand Jordan Bardella, le président du RN, raconte n’importe quoi
[Illustrations par Truant, truant.cartoons@gmail.com, Lecture par Via Logos, joseph.foret@vialogos.fr]
Les faussaires de la nation sont publiés sous la direction de Vincent Duclert et de Maria Malagardis
Avec les contributions de :
Joëlle Alazard, Guillaume Ancel, Stéphane Audoin-Rouzeau, Nicolas Bancel, Alain Blum, Dominique Borne, Patrick Boucheron, Patrick Cabanel, Gilles Candar, Cécile Chalmin, Johann Chapoutot, Denis Charbit, Bruno Cotte, Myriam Cottias, Souleymane Bachir Diagne, Delphine Diaz, Laurent Dornel, Laurent Douzou, Vincent Duclert, Mélanie Fabre, Amélie Faucheux, Stéphane François, Pierre Grosser, Anthony Guyon, Thomas Hochmann, Marion Jacquet-Vaillant, Jacqueline Lalouette, Nicolas Lebourg, Sébastien Ledoux, Olivier Loubes, Édouard Lynch, Maria Malagardis, Tristan Mendès France, Isabelle Merle, Jean-Yves Mollier, Véronique Nahoum-Grappe, Emmanuel Naquet, Philippe Oriol, Rémy Pech, Michelle Perrot, Jérôme Pozzi, Myriam Revault d’Allonnes, Patricia Rrapi, Patrick de Saint-Exupéry, Éric Savarese, Patrick Sbalchiero, Lucile Schmid, Dominique Schnapper, Perrine Simon-Nahum, Anne Simonin, Françoise Thébaud, Cécile Vast, Laurent Warlouzet.
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merci AC
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Merci beaucoup pour ton propos, Cher Guillaume. Il convient d’ajouter que l’AFD est aussi pour « une armée nationale « forte » dont l’action prioritaire sera la « remigration » » !!! Bref l’armée allemande fera le boulot de l’ICE US…
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