Ces deux guerres qui nous mettent en danger et qu’il nous faudra régler 

Palestinian children look on at the site of an Israeli strike on a house, amid the ongoing conflict between Israel and Hamas, in Rafah, in the southern Gaza Strip December 29, 2023. REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa

Ce ne sont pas les seules, mais ces guerres en Israël et en Ukraine font peser une menace directe sur nos sociétés « occidentales », européennes et américaines en particulier, ainsi que sur toutes celles qui nous sont proches, le Maghreb notamment. 

La guerre menée par Israël contre le Hamas est de fait une offensive dévastatrice pour les Palestiniens dont le nombre de morts a dépassé les 30,000 (morts décomptés et disparus sous les décombres) tandis qu’Israël déplore plus de 1,500 morts, pour l’essentiel des victimes civiles de l’attaque bestiale du Hamas le 7 octobre. 

Après 12 semaines de guerre, le bilan est catastrophique : une grande partie de la bande de Gaza est détruite, les morts et les blessés ont dépassé les 120,000. Les 2,4 millions de Palestiniens vivent désormais dans un champ de ruines et de dévastation où les privations d’eau, de nourriture et de soins font de Gaza un immense « camp de ruines ». 

Lire aussi : Israël contre le Hamas, un carnage y compris pour les otages ?

Ruiner Gaza, serait-ce là le véritable objectif du gouvernement Netanyahou qui par ailleurs s’avère incapable d’atteindre les buts de guerre qu’il avait affichés : détruire le Hamas et sauver les otages ?

Comme le rappelait fort opportunément Anthony Bellanger dans l’émission C dans l’air, le terrorisme se combat avec des opérations combinées de contre-terrorisme, pas avec des chars Merkava et des bombes de 250 kg sur un camp de réfugiés, qui plus est assiégé.


Quand Tsahal est en « tir libre »

Profitant de la sidération de la société israélienne et se précipitant dans l’insidieux piège tendu par le Hamas qui renouvelle chaque jour ses provocations contre Israël – en tirant des roquettes pourtant inefficaces contre son territoire –, le gouvernement Netanyahou a donné un permis de tuer à son armée ainsi qu’aux colons de Cisjordanie.

C’est en effet le pouvoir politique qui fixe les règles d’engagement de son armée – les conditions d’ouverture du feu –, et Tsahal est depuis le début de cette opération en « tir libre » contre… les Palestiniens. Concrètement cela veut dire que les soldats israéliens ouvrent le feu sur tout ce qui bouge devant eux ou qui se trouve autour d’une cible potentielle. 

Israeli soldiers listen to Israel’s Defence Minister Yoav Gallant as he meets them in a field near Israel’s border with the Gaza Strip, in southern Israel October 19, 2023. REUTERS/Ronen Zvulun TPX IMAGES OF THE DAY

Que ce soit dans les bombardements (aériens et terrestres) ou dans les « tirs directs » de l’infanterie et des blindés, aucune restriction ou précaution n’a été retenue. « Normalement » – si ce mot veut encore dire quelque chose dans une guerre qui reste l’anéantissement de toute humanité –, une armée civilisée engage ses cibles avec des conditions qui sont l’identification de celles-ci, une évaluation des risques collatéraux et le choix d’un armement adapté pour les neutraliser. 

Lire aussi : Dangereuse banalisation de la guerre en Israël ou évolution de l’opération militaire ?

Mais dans cette guerre, où Tsahal a été placée en « tir libre », l’armée israélienne est autorisée à utiliser des bombes dévastatrices – jusqu’à celles d’une tonne qui détruisent un immeuble entier et tout ce qui l’entoure – dans un camp de réfugiés surpeuplé, des munitions non guidées, des tirs systématiques qui font pour l’essentiel des victimes collatérales, y compris des otages que le Hamas avait pris soin de disséminer sur ce territoire. L’armée israélienne a même flingué les rares otages qui avaient pu échapper à leurs geôliers et qui ont été abattus « froidement », conformément à ces « consignes de tir ». 

Cette offensive militaire israélienne est totalement disproportionnée, elle provoque un carnage de civils sans éliminer pour autant le Hamas. Malgré les appels répétés de tous les pays qui soutiennent Israël dans sa volonté de se défendre, malgré l’insistance de son puissant allié américain, le gouvernement Netanyahou a maintenu cette politique du « permis de tuer librement », dont se sont emparés aussi les colons les plus extrémistes qui minent la Cisjordanie et son avenir. 

Lire aussi : A Gaza, la guerre sans fin de Benyamin Nétanyahou (Le Monde)


Accélération des opérations avant une trêve ?

Nous espérions une trêve, pour négocier les quelques dizaines d’otages qui restent en vie et pour sortir de cette offensive dévastatrice, mais le gouvernement Netanyahou a répondu par une accélération des opérations… Cela ressemble à une fuite en avant, tandis que ce premier ministre catastrophique sait que l’arrêt de cette guerre lui sera fatal dès lors qu’il aura des comptes à rendre à la société israélienne. Cependant, il faut considérer aussi qu’il s’agit dans son esprit d’achever une première phase – meurtrière – qui finirait de perdre toute justification si elle n’était menée à son terme.

Comme le montre la carte du front, la prise de contrôle de la partie Nord de Gaza n’est pas achevée et plusieurs semaines seraient encore nécessaires pour la mener jusqu’au bout. Il reste en effet entre 20 et 25% de territoire qui échappe encore au contrôle de Tsahal dans cette zone. 

Néanmoins, cette accélération des opérations décidée par Netanyahou peut servir aussi à rendre plus pressante l’obtention d’un accord. L’Egypte propose en effet un plan « de fin de guerre » en plusieurs étapes qui esquisse une sortie progressive de cette offensive, et l’attitude du gouvernement Netanyahou montre que celui-ci compte bien continuer jusqu’au bout malgré les dégâts qu’il commet. Pour mieux négocier ?

Lire aussi : Le plan de fin de guerre proposé par l’Egypte (Israeli Times)

Par ailleurs, face à la catastrophe humanitaire que cette guerre combinée au siège intégral de Gaza a déclenché, l’acheminement d’une aide humanitaire proportionnée est indispensable, en particulier si Israël veut éviter l’accusation de génocide, car c’est bien toute la population de Gaza qui serait menacée dans le cas contraire. 

A ce titre, Israël vient d’accepter le principe d’un corridor humanitaire maritime à partir de Chypre qui se situe à 400 km de la bande de Gaza. Sa mise en œuvre n’est pas une évidence, faute d’un port adapté à Gaza et compte tenu des exigences de contrôle des cargaisons par Israël, mais le principe du convoi maritime apporte des possibilités de transport plusieurs dizaines de fois supérieures à la route.


Une menace sur nos sociétés qui se combine avec la guerre russe en Ukraine 

Cette guerre en Israël nous menace à de nombreux titres. Dans nos sociétés européennes, elle met sous haute tension les relations entre communautés qui avaient réussi, non sans difficulté, à vivre ensemble. La tentation de la violence a été relativement bien maîtrisée jusqu’ici, mais l’issue du conflit sera déterminante pour sortir ou pas d’un désir dévastateur de revanche(s) et de vengeance. 

L’Iran, principal allié du Hamas ainsi que de la Russie de Poutine, met consciencieusement en danger le trafic maritime en Mer rouge à travers les « rebelles » houthis qui lui sont affiliés. Il fait ainsi peser une menace internationale aussi bien sous forme de tensions économiques liées à cette perturbation du trafic commercial qu’avec le risque d’attentats dont l’Iran ne s’est jamais privé. 

Plus encore, ce conflit, qui a été déclenché par le Hamas le 7 octobre, a détourné l’essentiel de notre attention d’un autre conflit qui menace pourtant directement l’Est de notre monde européen : la guerre en Ukraine. Vu l’implication de l’Iran dans la préparation du Hamas et le bénéfice pour Vladimir Poutine sur la scène internationale dont il devenait un paria, il est fort probable que la Russie ait joué un rôle clef pour déclencher cette guerre en Israël au moment où le front en Ukraine pouvait basculer.

Lire aussi : Ukraine, comment sortir de l’enlisement ?

Le front ukrainien est désormais enlisé, le soutien – notamment en armement – des États-Unis a largement diminué et celui des Européens n’a pas pris le relais. Poutine, un peu à l’instar de Netanyahou, accélère ses offensives et ses attaques alors même que son armée n’en a pas les moyens. Qu’importe les milliers de morts qu’il laisse sur le terrain, son objectif est autre : nous persuader de négocier une trêve pour gagner « la mise » et gagner du temps afin de reconstruire un outil militaire au service de ses conquêtes. 


Ukraine, la tentation de Munich en contradiction avec la trêve en Israël 

Poutine laisse entendre désormais qu’il souhaiterait un cessez-le-feu : celui-ci serait tout à son avantage pour avoir le temps de se réarmer et ainsi reprendre son offensive avec une puissance redoublée, tandis que l’Ukraine verrait le soutien de ses alliés décliner d’autant plus que ces derniers s’empresseraient d’estimer que la situation ne nécessiterait plus d’efforts particuliers…

Et nous serions confrontés à nos propres contradictions, vouloir à tout prix une trêve et une sortie de guerre en Israël, mais la refuser en Ukraine après deux années de confrontation sans vainqueur ?

Lire aussi : « C’est en prenant une plus grande part à la défense de l’Ukraine que l’Europe peut se protéger des effets d’un retour de Trump », tribune de Michel Duclos dans Le Monde

En France par exemple, nous verrions les Védrine et consorts venir nous expliquer, avec leur cynisme né, qu’ils ont trouvé un moyen de sortir de la guerre alors que cette solution en Ukraine nous y enfoncerait. En dignes héritiers de ceux qui ont préféré l’aveuglement voire la compromission face au nazisme, des conseillers avisés et « désintéressés » viendront défendre une négociation avec la Russie qui conforterait les conquêtes de Poutine. Mais pire encore, ce renoncement de l’Europe donnerait au « maître du Kremlin » le temps nécessaire pour reconstituer une force militaire qui a brillé par sa médiocrité mais dont la masse reste menaçante. 

Ce serait une nouvelle tentation dans l’esprit de Munich : bénéficier d’une trêve immédiate plutôt que d’une paix durable. De la lâcheté et de l’inconscience pour se rassurer, plutôt que du courage et de la clairvoyance pour garantir notre avenir. Nous y sommes bien sûr opposés… sur le principe mais la Realpolitik d’une génération passée peut facilement nous rattraper. Et la trêve souhaitée en Israël risque de servir de caution pour nous égarer face à la Russie. 

« Le New York Times (NYT) – citant d’anciens et actuels hauts responsables russes, américains et internationaux – a rapporté que le président russe Vladimir Poutine utilise des canaux et des intermédiaires pour signaler son intérêt pour un cessez-le-feu, malgré les récentes déclarations publiques contraires de Poutine. […] Le NYT a suggéré plusieurs motivations possibles de Poutine : la prochaine élection présidentielle russe de mars 2024, le désir de « garder ses options ouvertes » concernant la résolution de la guerre et de tirer parti du soutien occidental en déclin perçu pour l’Ukraine, et la « distraction » de la guerre Israël-Hamas. […] Poutine pourrait poursuivre un cessez-le-feu temporaire qui profiterait à la Russie en lui laissant le temps de se préparer à une nouvelle agression contre l’Ukraine, comme l’ISW l’a régulièrement évalué. Le NYT a noté que la rhétorique publique de Poutine, qui a récemment réaffirmé les objectifs maximalistes de la Russie d’une reddition complète de l’Ukraine et de l’Occident, est en contradiction avec le désir rapporté de Poutine de « déclarer la victoire et passer à autre chose ». » [rapport de l’Institute for Study of War du 23 décembre]

Ces deux conflits, en Ukraine et en Israël, sont liés par leurs conséquences sur nos sociétés. Sommes-nous capables de nous mobiliser pour contraindre Israël à accepter une solution de paix durable avec les Palestiniens et prêts à intervenir avec la force nécessaire en Ukraine pour ôter à Poutine ou ses successeurs toute tentation de continuer à nous menacer ?





PS : cet article est mon 55° en 2023, j’en profite pour remercier les 300,000 visiteurs de ce Blog, pour leur attention, leurs questions et leurs commentaires. Je pensais que la guerre en Ukraine m’occuperait jusqu’à la fin de cette année, je n’avais pas imaginé le deuxième conflit qui s’est imposé au Proche-Orient et qui n’est pas sans lien avec le premier. 
Je suis plus que jamais preneur de vos retours.

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51 commentaires sur “Ces deux guerres qui nous mettent en danger et qu’il nous faudra régler 

  1. Les déclarations d’Emmanuel Macron sur un éventuel déploiement de troupes au sol en Ukraine, après celles sur la nécessité de mettre en place une économie de guerre, ont suscité des réactions hostiles pour le moins surprenantes de la part d’hommes et de femmes politiques qui devraient pourtant être au fait des réalités. Dès lors, on est en droit de se demander s’il s’agit de leur part d’hypocrisie, de mauvaise foi, de peur, de lâcheté ou d’aveuglement 
    Car il apparaît de plus en plus évident qu’il sera difficile d’échapper à une confrontation avec les forces de Poutine, dans la mesure où le maître du Kremlin ne cesse, jour après jour, de menacer l’Occident, en particulier l’Union européenne, la France étant même devenue une cible privilégiée. 
    Reste à savoir de quelle nature sera cette confrontation : militaire ? Informatique ? Poutine utilisera-t-il, de façon ciblée, des armes chimiques et bactériologiques ? Fera-t-il procéder à des attaques – par missiles interposés ou des actes terroristes – contre telle ou telle ville au moment qu’il jugera opportun ? Orchestrera-t-il des soulèvements de populations russophones dans les pays baltes, ce qui déstabiliserait encore plus l’Union européenne ? Est-il déraisonnable d’imaginer que la Corée du Nord, qui fournit des armes à la Russie, se charge d’une attaque nucléaire contre les Etats-Unis ? 
    Face à tous ces périls, on peine à comprendre que des députés français soient dans une attitude aussi conciliante envers Moscou. Evidemment, personne ne souhaite qu’une guerre éclate à proximité de nos frontières ou sur notre sol : elle serait sans doute abominable et entraînerait des drames dans nos vies quotidiennes ainsi qu’un chaos indescriptible dans notre société et notre économie. Mais est-il bien raisonnable de se voiler la face, d’ignorer ou de minimiser les menaces qui pèsent sur notre avenir proche ? 
    Il est tout à fait navrant que ressurgisse ainsi l’esprit de Munich qui était, rappelons-le, alimenté par le pacifisme qui traversait en profondeur la classe politique française, notamment la gauche, dans les années 1930. Faire le dos rond n’a jamais rien empêché et représente même une attitude qui peut coûter très cher. 
    Que l’opinion publique dans son ensemble refuse la guerre, on peut aisément le comprendre. Mais que des responsables politiques adoptent – par démagogie et électoralisme ? – la même position, voilà qui est irresponsable. Leur rôle n’est-il pas, au contraire, d’alerter la population, de lui ouvrir les yeux, de préparer les esprits à un effort considérable, faute de quoi on se retrouvera dans la même situation qu’en mai et juin 1940, quand la débâcle avait constitué un véritable drame national dont le pays a d’ailleurs eu beaucoup de mal à se remettre dans les années qui ont suivi. 
    N’accablons donc pas le chef de l’État, qui est en même temps le chef des Armées. La posture ferme et forte qu’il affiche correspond en tout point à son rôle. La France est isolée, déplore-t-on ici et là avec des trémolos dans la voix. Rappelons-nous qu’on entendait déjà ce même refrain lorsque le général De Gaulle était au pouvoir. C’était une autre époque, dira-t-on. Peut-être. Mais le Général voyait juste et loin… Face aux menées belliqueuses de Poutine, nul doute qu’il se dresserait de toute sa stature et qu’il appellerait à l’effort, à la mobilisation et à la résistance, en faisant fi des cris d’orfraie lancés par les médiocres. Macron s’inscrit dans cette lignée. Dommage que les pleutres soient toujours aussi nombreux et bruyants.

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  2. Ente temps vient d’avoir lieu un attentat en Iran. Bien évidemment, l’Iran suspect Israël ! Mais compte-tenu du modus-operandi, n’y a-t-il pas lieu de suspecter la Russie qui a tout intérêt à ce que cette région s’embrase un peu plus pour finir le travail en Ukraine ?

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  3. Bonjour un grand merci pour vos éclairages et analyses de ces horribles situations de conflits. Vous me permettez d’en comprendre les tenants et aboutissants, alors ne renoncez pas!!
    Que pouvons-nous faire simples citoyens que nous sommes ? Bien cordialement

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  4. Bonjour Guillaume,

    En lisant ton dernier article de ton blog, je crois que la conclusion s’impose d’elle-même. Sans aller jusqu’à envoyer 50 000 hommes en Ukraine, l’Europe va devoir se substituer progressivement aux Américains en Ukraine. Il va falloir mettre la main à la poche pour fournir de l’armement aux Ukrainiens en quantité suffisante. C’est le moment de construire une industrie européenne de la défense.

    Sinon, la Russie va l’emporter en Ukraine et puis il y aura un nouveau Munich puis Poutine reprendra son souffle puis attaquera la Pologne ou les Pays Baltes. Si les américains sont à nouveau isolationnistes et occupés avec le Pacifique et le Moyen Orient, pas sûr qu’ils actionneront l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord.

    Tout cela a un air de déjà-vu. Il faudrait appuyer les candidats aux européennes qui défendent la position de la défense de l’Europe par elle-même.

    A ta disposition pour échanger sur ce sujet et bonne année 2024.

    Philippe

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  5. Bonjour, Il est difficile de formuler des vœux pour cette nouvelle année, le seul peut être c est que vous continuiez à nous éclairer intelligemment comme vous l avez fait l année dernière. Bien à vous Hélène Martel

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    1. Bonjour, j’oserai un voeu : les anciens pays sous domination soviétique se regroupent dans ‘Le Pacte de Kiev’, sorte d’anti ‘Pacte de Varsovie’ contre la volonté expansionniste de Poutine. Bonne Année 2024 !

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    2. Encore merci pour cet article lumineux ! Puis-je me permettre un voeu ? Les anciens pays du bloc soviétique étaient regroupés dans l’organisation militaire du Pacte de Varsovie. Pourquoi ne créeraient-ils pas une contre organisation non forcément liée à i’OTAN pour s’opposer à la Russie en Ukraine et ailleurs, une sorte de ‘Pacte de Kiev’ ? Tout ça pour éviter d’entrainer i’OTAN dans une guerre dangereuse …

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  6. J’espérais depuis trente ans que ce conflit se terminerait enfin, comme peu de temps après que la conscription nationale ne serait plus nécessaire, même si j’en ai très fortement douté comme beaucoup d’OR. Israël n’a pas saisi la main tendue et je ne verrai donc plus, compte tenu de mon âge, la paix en Terre Sainte et les crises d’antisémitismes de tous bords (car je mêle les ethnies et religions du Livre qui devrait nous réconcilier) s’épancheront aussi ici.
    Quand quelqu’un ose parler de ré-armement sans vouloir reconnaître que, certes après d’autres, il a tant fait pour les désarmements et pas seulement militaires, je crains avec mon expérience passée d’abord de l’autre côté du rideau de fer ou sur des théâtres de conflits, que mes enfants ne revivent les guerres de mes parents et grand-parents.
    Ce ne sont plus des vœux qu’il convient de prononcer maintenant, mais des regrets sur tant d’occasions perdues ou gâchées. Je vous souhaite donc à tous que cette nouvelle année ne soit pas pire que les précédentes.

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  7. En revenant sur le bilan de cette année 2023, un véritable succès des Ukrainiens est la Mer Noire. Qui aurait pu prévoir quand un an , la totalité de la zone occidentale de la Mer Noire soit revenue sous le contrôle ukrainien.
    De même qui aurait pu prévoir que le port de guerre russe de Sébastopol soit entièrement vidé sous la menace permanente des missiles de croisière ukrainiens Storm_shadows/Scalp.
    Donc au bilan 2023, Poutine a gagné quelques km2 dans le Dombast (payé lourdement par des pertes énormes en hommes et en matériels) contre la perte opérationnelle quasi définitive de Sebastopol et d’une grande partie de la Mer Noire.
    En conclusion, l’aigle impérial russe a perdu bien des plumes.

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  8. De la part de Valérie, que je remercie :

    Merci Guillaume pour nourrir et approfondir notre réflexion
    Pour rendre humains nos débats, résister à la haine et au sentiment d‘impuissance.
    Merci pour tes brillantes analyses
    Merci de nous extraire du jugement dernier.
    Dans ces moments sombres , merci pour ta pensée libre.
    Et puis je ne peux pas m empêcher de citer cette phrase qui ne résoudra rien mais qui me semble être si sage…
    « la grande guerre sainte que l’on mène contre la barbarie dans le monde passe d’abord par une lutte contre la barbarie en soi… » j. Thomas

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  9. Bonjour Monsieur,
    Hier soir sur LCI, quelques minutes avant l’intervention de notre Présidentà 20 heures, Monsieur Luc Ferry interrogé par Darius au sujet de la guerre en Ukraine, défendait à nouveau son point de vue en ces termes : « c’est une folie de penser que l’Ukraine, même aidée par les occidentaux, puisse gagner la guerre contre la Russie (Alexander Makogonov, porte parole de l’ambassade de Russie en France, disait exactement la même chose quelques jours auparavant) Zelensky doit négocier un accord de paix avec Poutine – (il s’adresse alors à Darius) Allez voir sur les Pandora Papers ce qui est sorti à propos de Zelensky »
    A quoi Luc Ferry fait-il allusion? Il laisse entendre que Zelensky, est un président corrompu?
    Pouvez nous éclairer sur cette zone d’ombre et faire la part des choses entre la réalité des faits assortis de preuves et les rumeurs nauséabondes, faiseuses de désinformation?
    Le flux d’argent et de matériel militaire envoyé en Ukraine fait-il l’objet d’un contrôle rigoureux réalisé par des équipes occidentales afin d’éviter la tentation du détournement et du pillage organisé par les élites ukrainiennes?
    Meilleurs vœux pour cette année qui s’annonce sombre.

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    1. Bonjour Pierre, le président Zelensky et son gouvernement sont régulièrement accusés de corruption, ce qui est en partie vrai, L’Ukraine faisait partie avant la guerre des pays les plus corrompus… mais derrière la Russie.
      Les alliés essaient d’exercer un contrôle sévère sur l’utilisation des finances et des armes, il est probable que les fuites sont inférieures à 10%, ce qui veut dire que l’essentiel de notre aide va bien à l’Ukraine et à sa défense.
      Lors de l’invasion de l’Irak, ou de l’Afghanistan par les pays occidentaux, notre aide était détournée pour plus du 1/3…

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    2. « Luc Ferry (.. ) laisse entendre que Zelensky, est un président corrompu »
      A ma connaissance, est seulement avérée de l’évasion fiscale sur les revenus de sa société de production Kvartal 95, celle là même qui a produit la série à succès « Serviteur du peuple » qui l’a in fine propulsé à la Présidence. Mais pas de corruption.

      Un véritable corrompu, principalement motivé par l’argent, ne serait pas resté à Kyiv avec les blindés russes approchait des banlieues. Il aurait volontiers embarqué le « taxi » d’évacuation proposé par les US.

      Pour l’entourage politique et administratif, il y a eu des cas prouvés de corruption (notamment au sein du Ministère de la Défense), débouchant sur des arrestations et limogeages.

      Fabrice

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  10. Guillaume, bonjour Nous nous sommes rencontrés il y a qq jours avec René Abate, qui est en copie. Je lis toujours vos chroniques avec intérêt. Depuis l’échec de l’offensive ukrainienne, vous défendez la poursuite et l’intensification de la guerre, au motif qu’il ne faut pas donner de victoire à Poutine, sous peine de la voir poursuivre sa politique expansionniste et agressive. Vous avez même suggéré l’autre jour que la Pologne devrait s’engager militairement aux côtés des ukrainiens. Je dois dire être de plus en plus perplexe sur cette approche. D’abord, une intervention de la Pologne me semble une solution théorique. Sans même discuter du mérite propre d’une telle hypothèse (comment Donald Tusk, ancien Président du Conseil et européen bon teint, qui cherche encore à affermir son pouvoir acquis de justesse contre les nationalistes rétrogrades du PiS, pourrait se lancer dans l’aventure d’une guerre? Et avec quels moyens?), est-ce la bonne solution? Il me paraît clair que cette guerre ne peut plus être gagnée que par Poutine. Les ukrainiens sont au bout du rouleau, le pays dévasté, la population dans la précarité sous les bombardements incessants des russes Ils commencent à peiner à recruter de nouvelles troupes et sont en passe de perdre leurs principaux soutiens, notamment les américains, avec la menace peut-être fatale de l’arrivée de Trump au pouvoir dans un an. Les ukrainiens peuvent encore résister et empêcher les russes de progresser, et remporter des victoires ponctuelles (comme le récent envoi par le fond d’un nouveau navire russe), mais ils ne peuvent plus gagner.

    L’heure n’est-elle pas à la négociation? Je vois plusieurs indications dans ce sens: 1/ A mon sens, les ukrainiens ont probablement juste dépassé aujourd’hui leur meilleure position de négociation depuis le début de la guerre: ils ont, en fait, infligé une défaite à Poutine en faisant échec à sa tentative de « blitzkrieg », humiliant l’armée russe à de nombreuses reprises et en montrant leur capacité de contre-attaque. Le reflux commence maintenant, et ils ne verront sans doute plus de situation aussi « équilibrée » sur le terrain. 2/ La guerre en Palestine a totalement fait passer la guerre en Ukraine au second plan. Les opinions publiques sont déconnectées. Beaucoup de dirigeants aussi. 3/ L’ Europe est en crise, politique et économique. Elle n’a absolument pas les moyens ni la capacité politique d’intensifier ou même de maintenir dans la durée un effort de guerre. Le citoyen européen ne se sent pas menacé et l’opinion publique, qui doit déjà affronter une crise sérieuse, va sans doute se retourner si on lui demande de nouveaux efforts pour soutenir la guerre. 4/ Le soutien américain faiblit très clairement et l’arrivée de Trump à la Maison Blanche est une menace plus que réaliste. Il est certain qu’il tentera d’imposer une négociation en échange d’un maintien minimum (et temporaire) du support à l’Ukraine. Il sera sans doute tenté de céder aux demandes de Poutine, notamment la « dénazification », qui est le mot de code pour l’installation à Kiev d’un gouvernement pro-Russe. 5/ Poutine aurait laissé filtrer dans la presse son ouverture à des négociations. Est-il déraisonnable de penser qu’il souhaite aussi arrêter cette guerre qui lui a coûté cher en termes économiques et humains et qu’il pressent qu’il ne peut pas gagner sur le terrain. Il peut raisonnablement calculer qu’il a plus de chances d’améliorer sa position sur le tapis vert que sur le champ de bataille. Un accord lui permettrait presque certainement de cristalliser ses gains territoriaux et d’obtenir une forme de neutralisation de l’Ukraine, à partir de laquelle il pourrait œuvrer pour élargir son influence politique (c’est là incontestablement un des dangers pour les européens).

    Je me demande donc si la solution ne serait pas d’un appel à une conférence sur la paix et la sécurité en Europe, incluant les belligérants, l’UE et les pays limitrophes (Finlande, Pays baltes, Pologne, Biélorussie, Moldavie et Transnistrie, Géorgie, peut-être aussi l’Azerbaïdjan et l’Arménie), vraisemblablement sous la présidence des Etats-Unis, de préférence partagée avec l’UE. Le but serait de mettre fin au conflit, régler les différends territoriaux et mettre en place une structure assurant le maintien durable de la paix. Vaste programme, comme dirait le Général…!

    Je ne suis pas naïf, c’est un peu du domaine du rêve, mais rêvons.

    D’abord, quelles seraient les chances de mettre toutes ces parties autour d’une même table? Si on fait abstraction du statut de paria international de Poutine et de son inculpation comme criminel de guerre, peut-être pas si faible que ça tant les peuples et leurs dirigeants sont lassés de la guerre et ont des préoccupations plus immédiates. Le front ukrainien est gelé pour longtemps, l’Azerbaïdjan et l’Arménie ont cessé le feu et on entend depuis peu des bruits de reprise possible de dialogue entre les deux pays. Les plus difficiles à convaincre seraient les ukrainiens, qui rêvent encore de récupérer la Crimée et le Donbass (y rêvent-ils encore?) et surtout, craignent – à juste titre – un lâchage politique des occidentaux qui les mettraient à nouveau à la merci de Poutine. Le « trade-off » serait l’adhésion à l’OTAN, qui garantirait sa sécurité et à plus long terme, à l’UE.

    Les termes d’un accord sont difficiles à prévoir et dépendraient bien sûr d’une volonté réelle et non purement tactique de Poutine. Son comportement récent et son passé de KGBiste n’incitent certainement pas à la confiance. Mais mon impression (pour ce qu’elle vaut) est que Poutine est un lâche qui ne veut pas d’une confrontation avec les occidentaux, dont il sait qu’elle aboutirait probablement à son anéantissement. Il préfère se placer sur le terrain où il n’a pas d’opposants civilisés: la désinformation, la déstabilisation et les assassinats politiques. Il faudrait donc rester très vigilants si on ne veut pas qu’une telle négociation soit un mauvais remake de Munich.

    J’imagine qu’un accord pourrait être trouvé autour d’une reconnaissance de la Crimée et d’un référendum sur le Donbass (c-à-d une consolidation des acquis russes de la guerre), et d’une « neutralisation » de l’Ukraine en échange de son adhésion à l’OTAN. Mon idée est que les occidentaux pourraient également demander une neutralisation symétrique de la Biélorussie. Reste la question des Pays baltes et de la Géorgie, à mon avis sérieusement menacés par la Russie de Poutine et de la Moldavie. L’Ukraine y perdrait une partie de son territoire, mais gagnerait son arrimage solide durable au bloc occidental. Plus de l’argent pour reconstruire (y compris des lignes de défense garantissant son territoire actuel) et relancer son économie. Il faudrait sans doute envisager la création d’un organe international de maintien de la sécurité en Europe, version revigorée de la CSCE, mais qui pourrait voir son rôle étendu.

    Voilà mes réflexions un soir de 31 décembre, ce qui me permettra de remiser ce mail parmi les mauvaises idées de 2023 quand vous l’aurez taillé en pièce. Sérieusement, j’aimerais avoir votre avis sur ces idées. Et aussi, pourquoi, selon vous, aucun dirigeant européen ne tient ce genre de discours? Trop tôt? Je vous souhaite une excellente fin d’année, en espérant une année 2024 moins brutale que la séquence 2022-2023, qui ne restera pas à la gloire de l’humanité dans les livres d’histoire

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    1. Pour répondre, partiellement, à la question de Pierre, je dirais que l’Ukraine est moins le problème que Poutine lui-même et ses ambitions « impérialistes », car c’est bien d’un Empire dont il met la Russie au service.
      La guerre en Ukraine est sans doute la seule possibilité de déstabiliser son pouvoir et de le faire enfin chuter, ce qui a failli arriver avec l’épisode Prigojine que le KGB a stoppé de justesse.
      Une négociation renforcerait au contraire Poutine, en lui permettant de rafler la mise sur la table, avec la consécration des conquêtes déjà réalisées notamment la Crimée, mais aussi en lui offrant le temps de réinvestir dans son armée qui est dans un état de faiblesse avancée mais que quelques années lui permettraient de remettre à niveau et même au-delà.
      Dans le même temps, surtout si trêve il y a, nous pouvons compter sur l’Europe pour ne surtout plus se mobiliser…
      C’est pour cela que je pense que négocier avec Poutine serait folie, car cet homme n’a pas de marche arrière tandis que nous – Européens – n’avons pas de volonté stratégique en termes de défense.

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      1. Il reste 364 jours à monsieur pour envisager que lorsqu’un individu spolie les biens dans un magasin, agresse les vielles dames, tue des gens -hommes, femmes et enfants- en roulant dessus avec son caddie, braque la caisse, viole la caissière, passe par dessus le portique avec l’intention de repartir en piquant un van, le tout après avoir mis à mal la sécurité…. on ne lui donne pas un paquet de bonbons en lui mettant une petite tappe condescendante derrière la tête pour le remercier de ne pas recommencer la prochaine fois.

        Toutes proportions gardées.

        « Courage, fuyons! »….n’est pas une option du tout, bien au contraire, pas plus que d’accepter un billet en échange de le laisser partir d’ailleurs!

        Merci Guillaume de toujours régler nos montres.

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    2. « « neutralisation » de l’Ukraine en échange de son adhésion à l’OTAN »
      Neutralisation et OTAN ? Comprenez-vous vraiment le sens de ces mots ?

      Quant à une paix avec la Russie poutinienne, cela a déjà été tenté après la Crimée avec les différents accords de Minsk. L’agression russe repose sur la négation de la nation ukrainienne et de sa culture, ce qui ne laisse place qu’à des compromis d’attente, l’objectif restant à terme d’éradiquer cette nation ukrainienne par trop indépendante, à l’image des cosaques Zapporogues..

      Hormis le scénario d’une Ukraine asservie (destructif à moyen terme de l’ambition européenne , et donc de l’UE), la seule perspective réaliste, c’est un containement analogue à celui de la Péninsule de Corée post cesser-le-feu Panmujung, les lignes restant à définir. Ce sera durablement très cher, mais moins qu’une démission existentielle de l’Occident, UE en tête.

      Fabrice

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  11. Deux voix réalistes autant qu’humanistes que j’écoute avec attention depuis le début de ce carnage au Moyen-Orient.
    Celle de Guillaume Ancel et de Pascal Boniface.
    Une vidéo commune serait
    très intéressante.
    Merci pour votre honnêteté.

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  12. Bonjour à tous,
    Concernant le conflit israélo-arabe, il ne faut pas oublier que la coalition au pouvoir à Jérusalem est surtout composée de gens voulant l’expulsion des palestiniens de Cisjordanie (la Judée et la Samarie bibliques pour eux). Virer les palestiniens de Gaza n’était pas dans leurs plans avant le 7 octobre, mais ça l’est devenu en tant qu’option acceptable et possible (je ne dis pas que c’est réalisable, seulement que la frange extrémiste des partis politiques israéliens y pense à voix haute).

    Aussi, c’est dans cette perspective qu’il faut voir l’impunité dont jouissent les assassins des civils palestiniens en Cisjordanie, la liberté de tir des soldats israéliens à Gaza (qui ne massacrent pas délibérément toute la population, mais qui ont une quasi-impunité garantie), et la peur des pays arabes voisins d’ouvrir leurs frontières aux palestiniens (ce qui provoquerait une nouvelle nakbah et la victoire de l’extrême droite israélienne). Car la politique israélienne actuelle a pour but une nouvelle nakbah sans l’annoncer (car impopulaire auprès des soutiens d’Israël parce que moralement indéfendable).

    [politique fiction : on]
    Aussi, l’armée israélienne à Gaza va probablement finir par occuper la totalité de la bande, et le gouvernement israélien de poser la question à l’international : « Et maintenant, qui pour gérer cette population puisque nous ne voulons pas le faire ? ».

    Le Hezbollah libanais accentue la pression à la frontière Nord d’Israël, augmentant petit à petit les moyens employés et les dégâts provoqués, entraînant des ripostes de plus en plus vive d’Israël.
    Il ne serait pas étonnant que Tsahal envahisse de nouveau le Sud Liban (ou une partie du territoire syrien au-delà du plateau du Golan), pour finalement y envoyer la population de Gaza et les arabes de Cisjordanie, et se retrancher de nouveau derrière ses frontières.
    [politique fiction : off]

    De toute manière, dans les conditions actuelles, Netanyahou n’a rien à perdre à trouver n’importe quel prétexte pour finaliser la nouvelle nakbah, c’est le seul point positif (pour lui) qu’il peut laisser à son bilan après-guerre. Et ce sera encore pire (pour lui) si il n’y arrive pas parce que le gouvernement suivant n’aura alors aucune raison d’avoir pitié de lui.

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  13. Bonjour Guillaume. Encore merci, un grand merci pour cet excellent article, ton analyse et une conclusion juste parfaite. Je profite de ce dernier jour de l’année pour te remercier pour ta clairvoyance, ta plume et ton formidable esprit de synthèse. Tes articles sur le conflit en Ukraine constituent le meilleur compte rendu hebdo qu’on puisse avoir. Et je me permets également de remercier chaleureusement Michel Goya, le jeune, brillant et courageux reporter de guerre Cyrille Amoursky, mon analyste préféré Macette et mon expert de cartes à plumes préféré Poulet Volant!
    J’espère de tout coeur que nos responsables ne reproduiront pas les erreurs du passé et ne gâcheront pas ce pourquoi l’Otan a été créée. Je l’ai souvent répété, entre autres ici, mais le temps et l’espoir sont nos pires ennemis.
    Je me permets d’ajouter les ravages causés par les agents d’influence russes, qui ont déjà sévi jusqu’aux élections présidentielles aux USA, en France, mais aussi en Afrique et ailleurs et menacent même la direction de l’UE.
    Un très bon article du Washington Post vient d’ailleurs d’être publié sur la désinformation et l’influence relayée par des hommes et des partis politiques français.
    Aujourd’hui, plus de 3/4 des commentaires publiés sur les réseaux sociaux, blogs et rédactions sont rémunérés directement ou indirectement par le Kremlin. Il est plus que temps que cela cesse. Et malheureusement, nous ne pouvons que constater la perpétuelle fébrilité de nos dirigeants.
    Je réitère mon voeu de lire un jour très prochain un « appel à réagir », une tribune commune relayée dans les rédactions du monde entier, regroupant des acteurs internationaux dont tu ferais partie, signée y compris par des généraux français et étrangers, qui sera si violente et si magistrale qu’elle aura des répercussions déterminantes et ouvrira les yeux: c’est totalement cohérent avec notre époque surmédiatisée et « surconnectée », pour obtenir un impact suffisant qui soit capable de submerger toute l’actualité.
    Je te souhaite malgré tout de très bonnes fêtes et encore un grand merci!

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    1. Dans la suite du commentaire de STOP, voici un lien vers l’article du Washington Post repris par le Portland Press Herald:
      https://www.pressherald.com/2023/12/30/russia-is-working-to-subvert-french-support-for-ukraine-documents-show/?utm_source=ground.news&utm_medium=referral

      Il suffit de désactiver le bloqueur de publicité pour pouvoir le lire sans frais.

      Voici un extrait choisi traduit de l’anglais:
      « À un moment donné, au cours de l’été, peu après que les émeutes de juin aient ébranlé l’administration Macron, Schaffhauser a déclaré qu’il avait même été en pourparlers avec plusieurs anciens officiers supérieurs du renseignement militaire français sur la manière de porter au pouvoir un réseau d’anciens généraux français en cas de crise. et l’effondrement politique en France. « Nous devons proposer le meilleur gouvernement pour la France, un gouvernement fantôme. . . des gens qui sont vraiment des patriotes », a déclaré Schaffhauser. »

      Un autre paragraphe traduit de l’anglais pour se donner une idée des relations de Schaffhauser:
      « Un officier supérieur du renseignement militaire russe, dont Schaffhauser dit être proche depuis les années 1990, lui a organisé un voyage à Moscou en janvier pour discuter de ces projets, a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il devait rencontrer Sergueï Narychkine, un allié qu’il a rencontré pour la première fois lorsque Narychkine était président de la Douma d’État, la chambre basse du parlement russe. Il est désormais le chef du renseignement extérieur du pays. »

      Bonne lecture

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  14. Merci Guillaume pour nourrir et approfondir notre réflexion
    Pour rendre humains nos débats, résister à la haine et au sentiment d‘impuissance.
    Merci pour tes brillantes analyses
    Merci de nous extraire du jugement dernier.
    Dans ces moments sombres , merci pour ta pensée libre.
    Et puis je ne peux pas m empêcher de citer cette phrase qui ne résoudra rien mais qui me semble être si sage…
    «  la grande guerre sainte que l’on mène contre la barbarie dans le monde passe d’abord par une lutte contre la barbarie en soi… » j. Thomas
    Et merci pour N. de Staël

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  15. Bonjour

    Très pertinent votre article mais pensez vous que l’Europe ait les moyens (pas seulement financiers mais industriels et technologiques) et la volonté politique (Orban et consorts) de remplacer les usa défaillants en ukraine?

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      1. Meilleurs vœux à toutes et tous pour 2024, dans cette période géopolitique difficile.

        @Guillaume, Bonjour. Merci pour votre analyse. Sans trop m’étendre ici et m’écarter du sujet, un peu quand même, je relève un petit raccourci de votre part dans un commentaire : « qui se dit européen mais… centralisateur traditionaliste. »

        Sans rentrer dans des positionnements à buts électoraux, étroitement liés aux prises de pouls de la Doxa française, je trouve votre conclusion dirigée sur lui trop personnelle, quand c’est une vision française de l’Europe plus globale qu’il faudrait cibler. Désolé pour les longues phrases. Désolé de m’écarter du titre aussi.

        Avant de considérer qu’effectivement, le PR s’inscrit dans une démarche de conservatisme, j’aimerais tenir compte des « quelques » citoyens Français qui n’apprécieraient l’Europe, que si tous les autres Européens se rangeaient derrière Notre universalisme et Nos décisions françaises. Cocorico…

        Avant de considérer que le PR actuel n’accélère pas les mutualisations diplomatiques et défensives communes, je crois naïvement que s’il le faisait, il serait dans la minute habillé pour l’hiver par tous les partis, de l’extrême-droite jusqu’à l’extrême-gauche. Par effet domino, son influence nationale disparaîtrait bien avant 2027.

        Quand la majorité des nations européennes dans l’OTAN achètent des F-35 US, des Patriots US et des Himars US, la majorité des Français y voit de la soumission et de la vassalité.Il faudrait que la France combatte ces décisions pour une Europe enfin possible ! A aucun moment, ces Français ne cherchent à comprendre les cheminements allemand, espagnol, néerlandais, italien, polonais, danois, finlandais, roumain,…, qui précèdent les décisions. Pas accepter, seulement comprendre.

        Les Européens n’auraient pas d’Europe sérieuse parce qu’ils sont soumis et faibles, Sauf la France. Les Européens pourront parler d’Europe un jour, SI la France. Je caricature ? Peu importe, je relève seulement après ces phrases étouffantes que le PR centralise parce que Doxa, conserve parce que électorat et cohésion. Je ne partage votre jugement qu’en partie seulement, parce qu’il ne tient pas compte du contexte sociétal français vis-à-vis de l’Europe.

        Nous sommes en 2024 depuis peu, on entend parler toutes les semaines du référendum sur Maastricht. En 2050, il y aura encore des palabres. Partant de là, tout PR français europeiste n’a pas le … sorti des ronces. J’en tiens compte, j’ai sûrement tort.

        Pour tout le reste, merci de nous mettre les yeux en face des trous, avec vos analyses objectives et magnanimes.

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  16. Merci beaucoup pour tous ces posts très détaillés, informatifs et formateurs.
    La paix au moyen orient, pour moi, viendra avec la destitution de Netanyahou par les israéliens. Ensuite il faudra aider les israéliens à retrouver une certaine sérénité car la vengeance n’est pas bonne conseillère et il faudra aussi aider les palestiniens à retrouver confiance et chacun devra occuper son propre pays et décoloniser la Cisjordanie. Pour le Hamas il faut utiliser leurs stratégies et non les nôtres.
    Pour l’Ukraine pas de cessez le feu mais armer correctement les ukrainiens. Nous devons relancer intensivement l’industrie militaire en l’adaptant aux réalités militaires actuelles et nous délester de nos matériels qui deviennent très vite obsolète. Nous devons montrer nos forces car Poutine lui se prépare mais la Chine, la Corée, l’Iran et d’autres aussi et ils vont vite.
    Nous créeront ainsi de l’emploi et ces dépenses seront de l’investissement et non de fonctionnement . Nous devons préserver notre démocratie, nos libertés mais aussi l’avenir de nos enfants.
    Mille mercis encore

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  17. Bonsoir Guillaume,
    Encore merci pour ces éclairages. La vérité rend libre mais elle ne fait pas toujours plaisir. Pour ma part, vos commentaires m’instruisent beaucoup, j’ai revu mes certitudes et mes croyances. Merci de me faire bouger.
    Y aurait-il une place à une trêve négociée avec Poutine si dans ce même temps un plan d’intégration de l’Ukraine dans la communauté de défense européenne était lancée à marche forcée ? Les accords de Minsk nous montrent bien ce que vaut la parole de Poutine, un nouveau Munich n’est pas tolérable. En faisant front commun face à Poutine est il possible de lui faire peur où bien est-ce ce qu’il attend ?
    Dominique, de la France d’en bas.

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  18. Bonne année mon cher. Notre petite planète devenue une triste boutique, les incroyants allons devoir prier pour la paix ☮️ aux femmes et hommes de bonne volonté 👍 bon réveillon du Nouvel an malgré tout. Happy Kwanzaa 🍾

    ____________________ Leo Kalinda Journaliste Radio-Canada Tel + (514) 5975774 Cell + (514 592 1708)

    Courriel : leo.kalinda@radio-canada.ca

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  19. Merci M. Ancel pour vos billets, que je lis depuis le début de la guerre en Ukraine. Comment supporter que la Grande Bretagne réaffirme son soutien et le concrétise matériellement, sans qu’une réaction en Europe ne suive ? Un tel abandon serait désolant, décourageant. Mes mots sont bien faibles, ma colère si grande.
    Merci de nous apporter vos éclairages. Je vous souhaite une fin d’année aussi lumineuse que possible, en communion avec toutes celles et ceux qui la vivront sans joie.

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  20. Concernant l’Ukraine, depuis le début, cette guerre par procuration me semble inappropriée. Les slaves ne sont pas comme nous. Comme le disait Alain Bauer « Pour nous la violence est le dernier refuge de l’incompétence, pour les slaves, la violence est un élément naturel du dialogue et de la négociation stratégique ». J’ai à l’époque noté cette phrase tant elle me semblait coller à la situation

    « Notre croyance invraisemblable dans la supériorité culturelle de l’occident » ( toujours d’Alain Bauer) n’a fait qu’ajouter à notre inertie. L’Europe aurait du être plus ferme avec Wladimir Poutine dès son premier pas de travers.
    Votre scénario avec la Pologne n’est pas insensé. C’est comme tout arbitrage : bénéfice/risque.

    Concernant Israël, comment un peuple victime d’un génocide peut-il accepter d’en faire un, à son tour et en son nom. 1500 victimes israéliennes pour 30 000 victimes palestiniennes, combien vaut une vie israélienne ? 20 vies palestiniennes ?
    Si on prend le ratio pour Gilad Shalit, on est loin du compte…!!
    Et tout ça pour quoi ? Détruire ce que l’on a en conscience laissé prospérer…!!

    Parfois je me demande pourquoi nous nous étonnons de ces situations dont « nous » sommes responsables d’une certaine manière.

    Concernant ma réponse à votre dernière question : je ne sais pas…mais j’espère que oui.( Je tente de rester positive)

    Je m’en retourne à mes futilités d’occidentale privilégiée sous un toit qu’aucune bombe n’est venu détruire.
    Merci de me laisser m’exprimer sur votre blog que je lis depuis que je l’ai découvert.
    Je vous souhaite une bonne fin d’année, tout en pensant à ceux pour qui cette année aura été funeste.

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  21. Merci M. Ancel pour vos éclairages.
    Vous avez régulièrement expliqué que les moyens militaires utilisés pour cette guerre ne sont pas adaptés à l’objectif annoncé. Je m’interroge donc sur le veritable objectif du gouvernement israélien. Et je ne pense pas que cela soit de retarder le procès de Netanyahu. Ne serait-ce pas le grand Israël ? (Objectif qui suppose de raser Gaza et de chasser les palestiniens ? )

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  22. Bonjour Mr Ancel ,excusez-moi mais vous ne vous seriez pas trompé dans vos blogs précédents en affichant une confiance irraisonnée dans l’offensive ukrainienne et la percée qui devait ètre « inévitable » ? comme Bruno Lemaire qui affirmait que les pays occidentaux allaient complètement asphyxier et détruire l’économie russe…match à suivre pour l’instant et l’horizon risque de s’assombrir en 2024 pour l’Ukraine et pour nous tous si on ne change pas de braquet…

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  23. Merci pour vos articles qui apportent un peu de liberté de ton et de hauteur dans un paysage médiatique (trop) dense.

    J’aimerais reposer une question que j’avais déjà évoquée ici, mais qui me semble centrale. Comment concrètement trouver une issue au conflit ukrainien qui ne soit pas une trêve pro-poutinienne ? Vous évoquiez dans un précédent article la nécessité d’entrer directement dans le conflit par l’envoi de troupes, mais la mise en pratique me semble encore floue. Comment engager nos maigres effectifs sans garantie du soutien américain post-2024 et sans avoir assuré la mobilisation de notre société civile ? Dans pareil cas, faut-il espérer une victoire éclair de nos militaires de métier ou faut-il compter sur notre réserve voire sur notre population pour intervenir en Europe de l’Est si la guerre s’éternise ? Avons-nous les moyens logistique d’une mobilisation générale comme en 1940 pour affronter ce qui serait une nouvelle guerre mondiale ?

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    1. Il me semble que le plus efficace serait une coalition de quelques pays, mobilisant seulement des unités professionnelles et bien équipées, pour faire basculer le front. 50,000 militaires pourraient suffire dans le contexte actuel où l’armée russe est affaiblie par deux années de guerre. L’armée polonaise pourrait en prendre la direction, avec des renforts des pays voisins, sans que cela ne soit une opération de l’OTAN qui déclencherait sinon un affrontement global. Le point crucial est de rester en-dessous de ce risque de mondialisation en ne menaçant en aucun cas les frontières russes.
      À contrario, nous n’avons plus les moyens de mobiliser des armées importantes en France comme dans la plupart des pays européens, car les équipements actuels sont insuffisants pour un combat blindé de « haute intensité » comme en Ukraine. Seule l’Europe aurait d’ailleurs la dimension nécessaire pour l’organiser à terme, à condition d’une volonté affirmée et partagée…

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      1. Excellente proposition. La Finlande, la Roumanie, et pourquoi pas l’Allemagne, la Grande Bretagne, voir aussi USA ou même la France… Mais pour cela, il faudrait un leader, ou plutôt un instigateur, qui n’ait pas besoin d’attendre désespérément une bourde russe pour justifier son projet, mais au contraire qui prenne pleinement l’initiative. Pourrions-nous par exemple imaginer (espérer?) que la Pologne ait cette initiative de lancer un appel public à la communauté internationale pour monter une telle coalition? Vu l’état actuel de l’armée russe, le moment serait effectivement opportun, cela ramènerait l’Ukraine sur le devant de la scène médiatique, exercerait une énorme pression sur Poutine, affaiblirait la désinformation et stimulerait positivement les opinions publiques sur la réalité des enjeux. Il faudrait même une coordination des Etats pour porter un coup de massue aux réseaux d’influence russes…
        Si seulement…

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  24. Merci pour ce 55eme article.
    J’espère avoir tort mais je pense que la réponse à votre question à la fin de l’article est malheureusement « non ».
    Cela fait longtemps qu’Une mobilisation digne de ce nom avec réorientation des moyens financiers et économiques aurait du avoir lieu.
    Les priorités de l’occident sont ailleurs.

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  25. Bonjour,

    Je ne suis pas une érudite de la guerre et vos articles éclairent mes besoins de rester informée. Je ne regarde pas les vidéos, comme je ne me permet pas d’être influencée par la télévision (de fait, je n’en ai pas). Vous êtes clair dans vos informations et cela n’a pas de prix. Je vous remercie.

    Bien à vous, Marie-Thérèse Lanniaux

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  26. Bonjour
    Il y a dans votre analyse un élément que vous tentez de minimiser par pudeur anti catastrophique à savoir l incandescence sourde du Maghreb que même si la cause palestinienne n est pas essentielle pour la rue Arabe devient néanmoins un catalyseur de la coagulation des frustrations polymorphes liées aux restrictions des libertés fondamentales et de la situation économique des trois pays dont le Maroc héberge une communauté juive influente.
    Le bouquemissaire idéal pour déstabiliser la région voir au-delà et ses conséquences d approvisionnement des fluides vers le Europe.
    Hocine Djaouk

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  27. Bonjour Guillaume
    Des synthèses toujours aussi passionnantes, merci.
    Il y a quelques semaines j’avais évoqué l’hypothèse qu’Israël veuille s’accaparer toute la bande de Gaza.
    Ci-dessous un lien vers un document publié par WikiLeaks.
    Amicalement
    Albert
    https://www.liberation.fr/checknews/que-contient-le-document-partage-par-wikileaks-selon-lequel-israel-prevoit-de-deplacer-les-habitants-de-gaza-vers-le-sinai-20231031_7EHNI245HJBVXCMZV5LN5F3LTU/

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  28. Merci beaucoup pour ce nouvel article de grande qualité, comme toujours, et pour tous vos articles de manière générale, toujours instructifs, intéressants, objectifs, pertinents et surtout empreints d’humanité. Bonne continuation

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  29. Je crois que la reponse a votre question en conclusion de l article est « non »
    L occident et singulierement l’Europe ont perdu leur boussole geostrategique depuis longtemps

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