Ukraine, le calme avant la tempête

Vladimir Poutine est en échec, il doit trouver désormais une « victoire » pour conforter son opération spéciale de « dénazification » des Ukrainiens, qui ne lui avaient pourtant rien demandé…
Après avoir tenté de décapiter le gouvernement Zelensky et compris trop tard que celui-ci s’y était préparé, Poutine a lancé son armée qu’il croyait invincible pour s’emparer de la capitale Kiev, sans succès autre que d’avoir terrorisé la population.

Troisième phase d’une guerre injustifiée

Nous rentrons désormais dans la troisième phase de cette guerre que Poutine a déclenchée et qu’il n’arrive pas à gagner. Il affirme vouloir s’emparer (seulement) du Donbass, l’est du pays. Il va donc y consacrer ce qui reste de son armée, sérieusement étrillée par la résistance ukrainienne, pour écraser ce qu’il prétend libérer.

© Le Monde


Comme il l’a fait pour la ville de Marioupol, où les victimes se comptent en milliers, Poutine va faire détruire sous un tapis d’obus, de bombes et de missiles ceux qui osent lui résister. Et ses soldats, quand ils arriveront à avancer, vont consciencieusement tuer, violer et piller en toute impunité, puisque ces comportements abjects sont aussi les conséquences de sa politique de déni. Il nous a montré depuis vingt ans qu’il pouvait commettre les pires crimes, tout en accusant ses victimes.

Que pouvons-nous faire ?

La guerre est une « succession de saloperies », mais nous ne sommes pas obligés de les accepter pour autant. Nous pourrions commencer, – charité bien ordonnée –, par exclure de notre société ceux qui relaient la propagande de Poutine, notamment les soutiens du « rassemblement national » qui en réalité n’ont jamais caché leur proximité avec l’impérialisme russe de Poutine, peut-être même avec un peu de « nostalgie » pour la guerre et ses violences ?

Aymeric Chauprade est un des « penseurs » du Front National

Aider les Ukrainiens est fondamental pour résister à la menace que Poutine exerce sur la prospérité et la paix de nos sociétés. Mais l’aide ne peut être efficace que si elle est menée à grande échelle et sans forfanterie, à l’inverse des gesticulations de Boris Johnson aussi voyantes qu’inutiles.
L’Union européenne fournit à ce stade une aide à l’Ukraine qui est dix fois supérieure à tout ce que se vante de faire la Grande-Bretagne – même si son aide est bienvenue –, mais elle reste limitée en regard des besoins ukrainiens. Et le soutien des Américains est déterminant pour espérer contrer ces envahisseurs.
Dans ce cadre, le renseignement et la « cyber-guerre » se révèlent aussi importants que discrets. C’est ainsi que des interceptions de communication entre soldats russes ont permis de confirmer la « banalité » de leurs crimes – exécutions sommaires et toutes sortes d’exactions – quand le maître du Kremlin affirmait une fois encore qu’il n’en était rien.

Ne pas lâcher le Donbass pour une paix illusoire

Mais le risque le plus important est devant nous, celui de la « realpolitik » chère à Hubert Védrine et ses condisciples un peu moins obsolètes, ceux qui sont déjà prêts à lâcher le Donbass et tous les gages « exigés » par Poutine pour obtenir une illusion de paix.

Pas la peine de parler de « Munich », rappelons-nous simplement les massacres de Srebrenica en Bosnie lorsque ces conseillers privés d’humanité ont convaincu les dirigeants occidentaux de fermer les yeux sur les massacres commis tout proche de Sarajevo pour laisser les Serbes – soutenus par les Russes – obtenir les gages qu’ils voulaient pour la suite, sans jamais rien régler du conflit bosniaque.

Ce ne serait pas une solution de lâcher l’est de l’Ukraine, de créer ainsi une situation intenable et source continuelle de conflits. Ce serait surtout un très dangereux permis de tuer accordé à ceux qui l’ont utilisé pour attaquer un pays voisin, violer son intégrité, marquer au fer rouge une génération d’Ukrainiens par ces violences injustifiées.

La menace est en réalité à nos portes

Pendant ces jours de calme relatif, tandis que nous espérons tous oublier le sinistre écho des bombardements sur l’Ukraine, les troupes russes de Poutine sont en train d’acheminer le matériel, le carburant et les munitions qui leur font défaut pour reprendre cette offensive dans tout l’est du pays.

Lire aussi : comprendre en quelques mots les armements utilisés dans la guerre de Poutine contre l’Ukraine


Ne nous faisons pas d’illusion, la perte du croiseur  « Moskva », touché par des missiles ukrainiens en mer Noire, est une humiliation pour les Russes, mais pas un revirement dans cette guerre.
D’autant que pour la grande fête patriotique du 9 mai prochain en Russie, Poutine va essayer de rafler le plus de territoires possibles, au prix de massacres odieux, pour susciter ensuite le soulagement de l’occident à l’annonce qu’il pourrait se contenter seulement d’une partie de l’Ukraine.
Nous serions alors irresponsables d’écouter ceux qui ont toujours privilégié un gain aussi illusoire que provisoire – l’arrêt de cette guerre –, au lieu de chercher à neutraliser celui qui va encore déclencher ces tueries et les nier, un criminel nommé Poutine. Un criminel dont Marine Le Pen veut se rapprocher, pour nous « protéger » ?

La menace n’est pas qu’en Ukraine, elle est aussi à nos portes.


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