Bombardements contre l’Iran, négociations sans fin pour l’Ukraine et fuite de Védrine !

Explosions à Téhéran le 28 février 2026

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a déclenché ce 28 février 2026 des bombardements contre l’Iran présentées comme des « frappes préventives ». Dans la foulée, Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis lançaient une opération militaire contre l’Iran, qui sont de même nature, des bombardements aériens aussi. Plusieurs sites ont été visés, dans Téhéran la capitale et d’autres villes.

Frappes israéliennes et américaines

Dans un contexte où des négociations sont en cours entre l’Iran et les « envoyés spéciaux » de Donald Trump, son ami promoteur immobilier Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner, il est peu probable qu’Israël ait pris l’initiative sans l’accord des États-Unis. C’est donc bien une opération combinée de frappes aériennes à laquelle nous assistons. Elle a lieu en plein jour parce que les défenses aériennes de l’Iran sont quasiment inopérantes depuis les raids menés contre elle en 2025 et du fait de l’absence remarquée de soutien de la Russie qui fut jusqu’ici sa puissance protectrice.

Bombardements sans forces d’invasion pour les Etats-Unis, capacités de riposte très limitées pour l’Iran

L’Iran ne peut désormais riposter que de deux manières, en commençant par tirer des missiles contre Israël et des bases américaines de la région, mais dont les défenses ont été renforcées par un très important déploiement de forces états-uniennes depuis plusieurs mois dans la région et en particulier autour de l’Etat hébreu. Les probabilités de commettre des dégâts significatifs sont réduites d’autant qu’Israël dispose d’un remarquable système d’alerte et de mise à l’abri de sa population.

L’Iran pourrait ensuite bloquer le détroit d’Ormuz par lequel transite 20% du trafic maritime pétrolier mondial et reprendre avec ses alliés Houthis au Yémen le harcèlement du trafic en mer rouge. Cela n’aurait qu’un temps, car l’Iran a besoin de ce passage pour exporter son propre pétrole… Autrement dit, les options de riposte de l’Iran sont réduites et la négociation est à peu près leur seule issue.

Ces négociations entre les Etats-Unis et l’Iran sont à l’origine de cette vague de bombardements, les envoyés du régime des mollahs ayant mal compris que le rapport de force leur était totalement défavorable. Est-ce pour autant le début d’une guerre ? Les forces américaines et israéliennes n’ont pas les moyens de prendre pied au sol en Iran, ils ne disposent pas de forces d’invasion. Et l’Iran n’a pas les moyens de s’en prendre réellement aux Etats-Unis. La seule option pour le pouvoir iranien est en fait la reprise des discussions avec cette fois l’abandon de leur « prétention » à enrichir de l’uranium alors que son usage civil (centrale nucléaire) n’a jamais été leur objectif.

Trump et Netanyahou visent-ils réellement un changement de régime en Iran ?

La question cruciale est celle du changement de régime, Donald Trump ayant abandonné la rébellion de la population iranienne en janvier, après avoir fait croire qu’il venait à son aide. En effet, s’ils n’ont pas de forces d’invasion, les Etats-Unis ont cependant les moyens de décapiter les Gardiens de la révolution qui sont les actuels détenteurs du pouvoir iranien, bien plus que les mollahs. Mais pour autant, la population iranienne a été traumatisée par les dizaines de milliers de morts de la répression de ses manifestations de janvier, à l’arme de guerre et sans aucune réaction internationale.

Difficile d’imaginer dans ces conditions qu’un soulèvement populaire se reproduise, d’autant que les Iraniens vont surtout chercher à se mettre à l’abri, le régime des mollahs n’ayant rien organisé en terme de défense civile (alerte et protection de la population civile). Dans ce contexte, les Etats-Unis et Israël pourraient être tentés de « jouer » la carte du fils du dictateur déchu de l’Iran, Reza Pahlavi, qu’ils essayent de présenter depuis trois mois dans les médias comme une solution, quand une large partie de la population iranienne réclame plutôt « ni chah, ni mollah ».

 la population iranienne réclame « ni chah, ni mollah »


La seule alternative crédible à une reprise des négociations – qui conforterait le régime des mollahs – serait une prise de pouvoir de l’armée iranienne qui en finirait ainsi avec les Gardiens de la révolution et cette tyrannie religieuse.

Fin des territoires palestiniens et de la guerre contre l’Ukraine ?

Pendant ce temps, Benyamin Netanyahou continue à mener ses guerres permanentes dans la région, en bombardant le Liban régulièrement, même s’il n’y a plus aucune menace sérieuse contre Israël, et en achevant de réduire la bande de Gaza à un champ de ruines invivable pour faire fuir les Palestiniens, tout en s’emparant des terres palestiniennes de Cisjordanie avec une colonisation d’une brutalité sans limites et qui ne cherche même plus à se camoufler.

Les envoyés spéciaux américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, et le mal-nommé « conseil de la paix » de Donald Trump se concentrent en réalité sur cette édification du Grand Israël qui permettrait aux Israéliens de chasser les Palestiniens avec lesquels ils ne s’imaginent plus vivre. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Israéliens n’ont pas encore chassé Benyamin Netanyahou du pouvoir, lui laissant réaliser cette horrible besogne à laquelle ils se sont en grande partie rangés depuis l’attaque terroriste du 7 octobre menée par le Hamas.

Les négociations sur l’Ukraine quant à elles tournent en rond, même si elles conservent un rythme intense, quasi hebdomadaire, mais elles sont menées par ces mêmes Witkoff et Kushner dont ce n’est pas la priorité dans ce contexte. Lorsque le sujet iranien sera estimé « réglé », les discussions sur la guerre russe contre l’Ukraine prendront une autre tournure. Donald Trump exigera en effet un accord de fin de guerre vraisemblablement avant l’été 2026 pour s’en vanter lors des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Les conditions de cet accord ne seront pas à l’avantage de l’Ukraine, ni des Européens qui s’y préparent avec difficulté.

Lire aussi : Comment la guerre contre l’Ukraine pourrait se terminer et la guerre contre l’Iran commencer


La Fuite d’Hubert Védrine

Pour terminer avec une note plus légère, je voudrais raconter cet incident assez étonnant alors que j’intervenais sur une excellente chaîne d’info continue. Hubert Védrine, ancien secrétaire général de l’Elysée, devait me succéder sur le plateau. Celui-ci m’aperçoit à l’écran et s’affole. Vedrine est terrifié à l’idée de me croiser et il exige – sous peine de repartir immédiatement – qu’en aucun cas je ne puisse m’approcher de lui.

Qu’est-ce que Hubert Védrine a tant à se reprocher pour s’inquiéter ainsi de ma présence ? Son rôle durant le génocide contre les Tutsi au Rwanda peut-être ?  J’aimerais bien que quelqu’un l’informe que ce n’est pas de moi dont il devrait avoir peur, mais du jour où la justice puis l’Histoire viendront lui demander des comptes…

lire aussi : Rwanda, le seul génocide que la France aurait pu empêcher, et ce n’est pas ce qui a été fait…


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5 commentaires sur “Bombardements contre l’Iran, négociations sans fin pour l’Ukraine et fuite de Védrine !

  1. Bonjour Monsieur. Ne connaissant pas bien ce génocide tutsi, j’ai tenté de tout vous lire, mais la moitié des liens que vous proposez dans vos textes aboutissent à un échec  »Blos de Monde Apparemment, rien n’a été trouvé à cette adresse. Essayez avec une recherche  ». De toute manière, mes chaleureuses félicitations pour votre courage et aussi pour votre précieux rappel sur le premier devoir d’un gradé, savoir dire non. Mes voeux vous accompagnent particulièrement quand vous passerez sur les passages-piétons. Avec ma considération respectueuse.

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  2. bonjour et merci. Oui il vaut mieux s’attaquer aux faibles, pour la Russie c’est une autre histoire. Elle peut envahir et tuer tranquillement. Et les frappes « défensives » me font penser à une certaine fiole…d’un autre côté ça montre à quel point les nations qui veulent être « respectées » auraient tout intérêt à se procurer l’arme nucléaire, ce qui rend tout ça très contre productif. J’imagine un résultat désastreux dans ses conséquences futures pour la région et pour l’Iran. Et peut-être même pour les occidentaux nous qui nous prenons pour tellement supérieurs… c’est très triste. Est-ce que vous avez lu l’article du grand continent ce matin ? Il est très instructif. Décidément l’humanité n’apprend jamais rien il faut croire. On est toujours aussi stupides. Et encore je n’évoque pas l’ONU qui d’ailleurs est essentiellement l’organe des puissants mais qui est lui aussi en mort cérébrale…

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