Iran et Ukraine, deux guerres « entre les mains » de Donald Trump

Alors que la guerre de la coalition Etats-Unis – Israël contre l’Iran rentre dans sa troisième semaine, l’issue de ce conflit est plus que jamais entre les mains du président états-unien dont le chaos semble être le maître mot.

Un conflit au milieu du gué ?

Le président des Etats-Unis qui pourra, seul désormais, mettre fin à la guerre qu’il a déclenchée au Moyen-Orient, dispose paradoxalement d’une autonomie limitée, faute de moyens et de temps. Les Etats-Unis viennent seulement de mobiliser une unité amphibie de Marines (spécialisée dans les débarquements, mais limitée à quelques milliers de soldats) et ils ne disposent pour l’heure, tout comme les Israéliens, que de capacités de bombardements aériens contre l’Iran.

Lire aussi : Trump a-t-il renoncé au prix Nobel de la paix ?

Certes, cette coalition mène un millier de frappes par jour (trois fois plus qu’à Gaza) mais l’Iran est un pays de très grande dimension – trois fois la France – et les Gardiens de la révolution, véritables détenteurs du pouvoir, se préparent depuis des décennies à cette confrontation avec les Etats-Unis.

Surexposition médiatique des ripostes iraniennes et sous-estimation des attaques américano-israéliennes

Le bilan réel de ces deux premières semaines contre le pouvoir iranien est d’autant plus difficile à estimer qu’Internet est globalement coupé en Iran et que de son côté, le président Trump raconte n’importe quoi, affichant quotidiennement ses incohérences et ses mensonges – pardon, ses « vérités alternatives » – dont il voudrait qu’ils s’imposent dans les médias, quitte à menacer ceux-ci comme il le fait avec CNN.

Lorsque Trump affirme, au beau milieu des tirs quotidiens de son adversaire iranien, que « ses missiles, ses drones et tout le reste sont anéantis », il est difficile de croire une seconde dans ses déclarations à moins de prendre les vessies pour des lanternes.

Le Monde

Dans ce contexte d’information asymétrique et chaotique, il est impossible d’avoir un réel bilan des dommages infligés au « régime des mollahs », si ce n’est qu’il est forcément affaibli militairement. Il faut observer aussi que la cible principale en Iran de la coalition américano-israélienne sont les Gardiens de la révolution, en tâchant d’épargner de manière ostensible l’armée iranienne qui seule pourrait renverser ultérieurement le régime actuel.

En sens inverse, les dégâts infligés par l’Iran dans toute la région sont surmédiatisés dès lors que des images circulent à la vitesse anarchique des réseaux sociaux, à l’exception notable de la catastrophe qui se joue au Liban. Une situation paradoxalement sous-estimée alors que le Liban est suicidé par le Hezbollah aux ordres de l’Iran, qui attaque quotidiennement Israël et ce, pratiquement sans autre effet que de justifier sa riposte dévastatrice.

Quand la France et l’Europe tentent de jouer un rôle pour sauver le Liban

La France souhaiterait jouer un rôle au Liban, aidée de plusieurs pays européens. Une force navale importante a été déployée entre Chypre et le pays du cèdre, pour empêcher le Hezbollah libanais d’attaquer tout azimut, mais aussi pour soutenir le gouvernement libanais si celui-ci entreprenait de désarmer enfin le Hezbollah pro-iranien et de stopper ainsi l’offensive israélienne.

C’est notamment pour cette implication au Liban que l’Iran a fait attaquer la base d’Erbil en Irak où stationnait un détachement français, tuant un militaire et en blessant six autres. Cependant cette attaque ne visait pas que la France, mais tous les conseillers militaires présents au Kurdistan ; l’Iran affaibli craignant la mobilisation militaire des Kurdes qui pourrait contribuer à son renversement.

Notons au passage que la France, comme les autres pays européens, n’arrive toujours pas à dire qu’elle se bat contre Daesh dans ces territoires reculés du Kurdistan, en appelant « formateurs » des militaires chevronnés qui soutiennent en réalité des opérations spéciales contre des organisations djihadistes. Pour se défendre, sujet de mon dernier ouvrage, il ne faut pas avoir peur de se battre… et de le dire.

La France et les Européens jouent la désescalade

Par ailleurs, le président français refuse, tout comme ses partenaires européens, le piège de l’escalade qui l’obligerait, par une riposte militaire inappropriée, à devenir de fait un cobelligérant dans cette guerre que les Européens ne soutiennent pas.

Politiquement, la France affiche son refus de l’escalade, tandis que des opérations secrètes seront menées « sous la table » afin de frapper cette milice aux ordres de l’Iran qui s’est attaquée à l’armée française. Des frappes américaines ont d’ailleurs déjà commencé contre ces groupes pro-iraniens qui voudraient voir se replier toute l’aide apportée aux Kurdes.

L’Iran essaie donc de dissuader la France et les pays européens d’intervenir d’une part au Kurdistan – ce qui pourrait participer à son affaiblissement – et d’autre part au Liban contre le Hezbollah, son relais, prêt à se suicider pour protéger les mollahs.

L’étroit détroit d’Ormuz largement dépassé par les drones iraniens

Dans les pays du Golfe, la consigne officielle est de minimiser les dégâts supportés pour ne pas entamer plus l’image de prospérité et de paix que ces pays croyaient avoir payée. Mais l’impact le plus important de cette guerre est bien sûr le choc sur le marché de l’énergie, gaz et pétrole, auquel le monde entier est sensible, de la Chine aux Etats-Unis, où « le prix à la pompe » est l’indicateur incontournable de la crise.

Le focus sur le détroit d’Ormuz, goulot d’étranglement du Golfe persique où transite 20 % du transport mondial d’hydrocarbures, est largement dépassé par la guerre des drones. Nul besoin en effet pour l’Iran de boucher cet étroit détroit afin de bloquer les 1 100 kms du Golfe persique, quand les milliers de drones iraniens lui permettent de menacer tout navire y circulant jusqu’aux ports irakiens. Et aucune escorte navale militaire ne peut assurer la sécurité du trafic maritime sur un espace aussi vaste.

Les images spectaculaires de pétroliers en flammes sont les miroirs des dépôts incendiés autour de Téhéran par des frappes israéliennes, provoquant au passage la seule réaction d’émotion de Donald Trump, choqué qu’on puisse s’en prendre au pétrole tandis que les morts se comptent par centaines en Iran et au Liban !

Le pétrole et le temps deviennent les points clefs de cette guerre contre l’Iran

La crise sur le marché des hydrocarbures, accélérée par la peur qu’inspire cette situation qui semble incontrôlable à ce stade, limite en réalité le temps dont dispose Donald Trump pour résister à la pression politique de son propre camp. Ses supporters ne comprennent pas cette aventure militaire – que Trump qualifie même « d’excursion » –, pas plus que le reste du monde dont l’économie est affolée par l’absence de perspectives dans ce conflit non maîtrisé.

Il est probable que le président états-unien ne dispose plus que de deux à trois semaines pour obtenir un résultat tangible dans ce conflit avant d’être obligé de s’en retirer, tout en racontant forcément qu’il aura gagné puisqu’il se décerne lui-même des couronnes de lauriers dans sa dérive du pouvoir.

«  Trump ne dispose plus que de deux à trois semaines pour obtenir un résultat tangible »

Deux à trois semaines seulement pour enfin renverser ces Gardiens de la révolution, en s’appuyant sur des forces internes à l’Iran. Ou alors, faute de pouvoir soutenir plus longtemps ses objectifs stratégiques qu’il oublie et modifie au quotidien, Trump sera « obligé » de négocier un accord qui conforterait le pouvoir iranien en place. Ainsi, après 25 ans de dictature du Shah et 50 ans du régime des mollahs, les Iraniens en resteraient là… sans même qu’Israël soit garantie qu’aucun programme nucléaire ne la menace plus.

Dans cette course de vitesse du président des Etats-Unis qui veut aller au plus vite pour sortir de cet embrasement désespérant et la stratégie d’enlisement d’un pouvoir iranien probablement plus abîmé qu’il n’y paraît, tous les coups sont permis et se répondent en miroir.

Inverser l’arme du pétrole contre l’Iran en menaçant l’île de Kharg

Les militaires états-uniens, pressés par leur président bouillonnant d’impatience, ont proposé de prendre en otage l’île de Kharg, terminal pétrolier où transiterait 90% des exportations de l’Iran. Avec des frappes très ciblées, les bombardements de la coalition ont détruit les quelques installations militaires et endommagé la piste aérienne, importantes pour défendre l’île contre une invasion que les Marines US, évoqués plus haut, auraient à mener.

Pas question pour Trump d’abîmer ces installations cruciales pour son pétrole chéri, mais bien de kidnapper ce terminal essentiel pour l’économie iranienne et la survie financière du régime des mollahs. L’île de Kharg serait un objectif très sensible tant les moindres combats pourraient provoquer des incendies majeurs et endommager, pour des mois voire des années, ces installations pétrolières.

À défaut d’être envahie, l’île terminale pétrolier iranien de Kharg va faire l’objet d’une pression militaire d’autant plus forte qu’à la surprise de la coalition, les Gardiens de la révolution iraniens montrent une grande capacité de résilience, notamment grâce aux drones, cette arme de masse qui « explose » les possibilités de menaces.

Le rôle perturbateur des drones, cette arme de masse si difficile à anéantir

Outre la résistance d’un régime des mollahs qui s’était largement préparé à cette épreuve de force, les armées de la coalition américano-israélienne sont largement perturbées par le rôle des drones.

Ces drones sont pourtant largement utilisés depuis plus de quatre ans dans la guerre russe contre l’Ukraine, mais toutes les armées qui n’en engagent pas ont le plus grand mal à accepter leur impact considérable sur la conduite de la guerre : les drones sont des armes peu sophistiquées et donc faciles à produire en très grand nombre. Ce sont des armes difficiles à détecter et plus encore à anéantir puisqu’elles peuvent être stockées et transportées à peu près n’importe où, jusque sur nos propres territoires, comme l’on montré les Russes avec leurs drones qui ont survolé la base sous-marine de l’île longue en Bretagne, le cœur de la dissuasion nucléaire française…

Donald Trump peut toujours annoncer que les drones iraniens ont été anéantis, mais la réalité est que ceux-ci en disposent de dizaines de milliers. Il est très difficile de se garantir d’y échapper du fait de leur nombre et de leur (relative) discrétion.

Les drones permettent de commettre des attentats à la bombe en arrivant par les airs, avec un peu de bruit, mais une signature très faible engendrant de grandes difficultés à les détecter et les intercepter à des prix raisonnables; un missile coûte 30 à 300 fois plus cher qu’un drone.

Quand les Ukrainiens viennent aider à lutter contre les drones

Les Ukrainiens, dont le conflit est actuellement masqué par la fumée visqueuse des incendies pétroliers, viennent se rappeler à notre souvenir, en aidant les Etats-Uniens et les pays du Golfe à détecter et à détruire ces drones menaçants avec leur très forte expérience opérationnelle.

Cette incursion inattendue de l’Ukraine dans ce conflit au Moyen-Orient rappelle aussi que Trump prépare l’issue de cette guerre russe contre l’Ukraine, avec une brutalité qui coûtera cher aux Européens.

En effet, alors que les négociateurs de Donald Trump sont les mêmes pour l’Iran et pour l’Ukraine présageant d’un « deal » sur les deux conflits, la Russie a annoncé qu’elle était prête à accepter les garanties de sécurité exigées par les Ukrainiens pour trouver enfin un accord de fin de guerre sous l’égide des États-Unis, Etats-Unis qui viennent de lever leurs sanctions contre l’exportation du pétrole russe…

En contrepartie, il sera impossible au président Zelensky de refuser plus longtemps la concession exigée par Trump, probablement depuis ce deal passé au sommet d’Anchorage en Alaska en août 2025, et qui consiste à céder à la Russie les 5000 km² du Donbass ukrainien que les militaires russes n’ont pas encore envahis.

Un deal déjà passé entre Trump et Poutine sur l’Ukraine ?

Dès lors que le conflit en Iran sera terminé, probablement par Donald Trump dans les deux à trois semaines à venir pour les raisons évoquées plus haut, la guerre en Ukraine risque d’être pliée dans la foulée par ce même Donald Trump, d’autant plus vite que ce dernier voudra faire oublier la crise qu’il aura engendrée en Iran, quelle qu’en soit l’issue.

Les Européens n’auront alors pas d’autres choix que de fournir ces « garanties de sécurité » en déployant des forces militaires importantes en Ukraine comme dans les pays voisins pour se prémunir d’une Russie que Poutine a transformée en un empire menaçant et à qui cet accord permettra de mieux se réarmer.

Lire aussi : Ukraine, fin de guerre en perspective… sur un désaccord que la crise en Iran pourrait faire oublier

La guerre contre l’Iran devra être réglée dans des temps courts – guère plus de deux à trois semaines – tandis que la guerre russe contre l’Ukraine verra son issue imposée sans prendre de temps, par un Donald Trump qui mérite clairement le prix Nobel du chaos bien plus que celui de la paix.

Un Donald Trump qui confond la décapitation d’un régime avec sa destruction, qui déteste la guerre mais la fait mener sans l’ombre d’un scrupule, et qui communique furieusement sur cette opération « épique » comme s’il s’agissait d’un nouveau jeu vidéo ou d’un spectacle hollywoodien.

Plus que jamais, les Européens doivent apprendre à défendre la paix – leurs intérêts – sans avoir peur de se battre…


Points clefs :

·       Le facteur clef du conflit contre l’Iran est le temps, entre un Donald Trump qui ne dispose que de quelques semaines pour sortir de ce chaos et un régime des mollahs qui joue sa survie en l’enlisant  

·       La résistance du régime iranien a été sous-estimée d’autant que ce dernier s’était longuement préparé, mais cette guerre l’a profondément fragilisé

·       La guerre des drones – des bombes volantes – rend possible des « attentats » dans tous les sens. Elle modifie les rapports de force militaire avec une arme peu coûteuse, fabriquée en masse et difficile à « anéantir »… Une menace de chaos difficile à contrer

·       Derrière la fumée grasse des incendies pétroliers en Iran, Donald Trump se prépare à plier la guerre russe contre l’Ukraine au détriment des Européens

·       Des Européens dont la sécurité repose désormais sur leur capacité à se défendre ensemble, sans avoir peur de se battre



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16 commentaires sur “Iran et Ukraine, deux guerres « entre les mains » de Donald Trump

  1. Je pense que ceux qui soutenaient initialement l’attaque américano-israélienne contre l’Iran commencent à en mesurer les conséquences.

    L’opération pourrait s’avérer contre-productive, en générant des effets inversement proportionnels à ceux recherchés : le pouvoir iranien pourrait se consolider, et l’Iran aurait des raisons accrues de poursuivre son programme nucléaire.

    De même, certains pays arabes pourraient par réaction suivre cette dynamique, avec un rôle actif possible du Pakistan nucléaire.

    La Turquie également ne va pas rester passive, et l’écroulement de l’OTAN pourrait inciter l’Allemagne à envisager une capacité nucléaire.

    En fin de compte, ce qui était censé renforcer la sécurité d’Israël pourrait paradoxalement la fragiliser.

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  2. La guerre « courte » de Trump me fait penser à la guerre éclair d’une semaine que devait mener Poutine en Ukraine.

    Problème, l’armée des Etats Unis est en train de consommer d’une manière « sidérante » des années de stockage de munitions et de missiles comme les Tomahawk. ( Coût 2 millions de dollars). Sources : https://www.geo.fr/geopolitique/les-etats-unis-ont-epuise-des-annees-de-stocks-de-munitions-en-deux-semaines-de-guerre-contre-l-iran-231282

    A tel point que le Pentagone va demander une rallonge de 50 milliards de dollars au Congrès. ( Rappel le budget militaire US est de plus de 1000 milliards/an)

    2) La guerre « courte et presque gagnée » selon Trump est en train de s’enliser. Il a déplacé le Porte Aéronef USS Tripoli, qui patrouillait en Mer des Philippines, pour rejoindre l’armada des 3 porte avions comme le A. Lincoln, Le Gérald Ford et le G. Bush…

    3) Le signe troublant que les américains sont en train de reconnaître qu’ils sont entrés dans un tunnel sans fin: c’est le déplacement – en toute hâte – de leur système TTHAD de Corée du Sud vers le Moyen Orient. Est ce à dire que les services secrets US se sont rendus compte que les rampes de lancement de missiles intercontinentaux n’ont pas été détruits .

    sources: https://www.journaldemontreal.com/2026/03/14/liran-sauve-par-lincompetence-americaine

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  3. Bonsoir Guillaume,

    D’accord avec toi pour octroyer à Trump le prestigieux Prix Nobel du Chaos.

    Cependant, je ne te suis pas dans ton raisonnement sur les termes d’une fin des hostilités entre l’Ukraine et la Russie.

    La Russie, écris-tu, serait « prête à accepter les garanties de sécurité exigées par les Ukrainiens pour trouver enfin un accord de fin de guerre sous l’égide des États-Unis ». Pour ma part, je n’y vois pas de ‘concession’ de la part de la Russie (depuis le temps que le pouvoir russe se dit favorable à la paix!).

    Tu ajoutes qu’il sera impossible au président Zelensky de refuser plus longtemps la concession exigée par Trump céder à la Russie les 5000 km² du Donbass ukrainien.

    Permets-moi de marquer mon désaccord avec ta conclusion.

    D’une part, le président ukrainien a signalé (ou me trompé-je?) qu’accepter une cession de territoire serait contraire à la Constitution ; il n’en a tout simplement pas le droit. Oui, on a parlé d’un referendum…, mais pas d’ici trois semaines.

    D’autre part, les forces ukrainiennes mènent dorénavant des frappes en profondeur sur le territoire russe, contre des raffineries, mais aussi contre des usines d’armements, parfois à plus de mille kilomètres à l’intérieur du pays. Les Tomahawks que Trump a refusés à Zelensky sont ‘compensés’ par des missiles Flamingo faits maison.

    Mais aussi, si la Russie se dit prête à accepter des garanties de sécurité, c’est peut-être qu’elle fatigue, elle aussi. Restons ferme quand l’agresseur fait mine de concéder quelque chose. Je ne peux me résoudre au défaitisme.

    Bien à toi,

    Charles

    Aimé par 2 personnes

    1. Comment croire à des garanties de sécurité de la Russie qui par les memorandum de Budapest de 1994 avant Putin avait sanctuarisé la Biélorussie où il vient de réinstaller des vecteurs nucléaires et l’Ukraine dont on voit comment il a voulu renverser le gouvernement ? Dans le même temps, nous discutons depuis des lustres de protéger les pays d’UE par notre parapluie nucléaire quand l’OTAN y est de moins en moins résolu et alors que nous même envoyons des troupes au MO, dans le golfe persique et en mer Rouge pour y défendre nos prétendus alliés (après le Sahel…) mais pas l’Ukraine…

      Si maintenant l’OTAN devait intervenir sur le détroit d’Ormuz où rien ne menace un membre de l’OTAN (comme précédemment en Irak), faut-il déclarer une guerre seulement pour faire baisser le coût du pétrole ou du gaz pour ses électeurs ou son ego quand notre leader pourtant abondamment pourvu du monde libre décide unilatéralement de droits de douane, d’embargos ou de leur levée ? Si le détroit d’Ormuz reste ouvert pour la Chine ou l’Inde, je doute qu’ils s’impliquent dans cette mascarade.

      Si l’on écarte un jugement moral de ces régimes, tout ceci justifie paradoxalement que l’Iran avait raison de vouloir se doter d’armes nucléaires à l’encontre d’Israël déjà dotée et si l’Iran n’y arrive pas encore seule, elle a des partenaires comme la Corée du nord qui lui fournit déjà des vecteurs et qui a déjà réussi à se doter par crainte pleinement justifiée des États-Unis en raison de la Corée du sud.

      Attendons donc sa prochaine déclaration mais je crains qu’il lui soit nécessaire de trancher ce nœud gordien qui sinon va progressivement se resserrer et justifier de plus longs ressentiments envers son allié bombardier à tout va.

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    2. Echafauder des prospectives à partir de l’histoire immédiate est  » un Art difficile  » ( voire téméraire ) ….Taquinerie amicale à l’égard de Guillaume Ancel :  » Pokrosk a-t-elle été prise par les Russes ?  » Heureusement que non !

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  4. Guillaume ,belle analyse d histoire …immediate !X. Tytelman m a
    eclaire sur les drones anti-drones :il faut donc immediatement les
    fabriqueret les distribuer …dans des regiments  type « 51 eme  » qui
    nexiste  plus ! a plus tard , Patrick.-

    Aimé par 1 personne

  5. Le refus de l’escalade par les européens semble être à plusieurs titres même paradoxalement la raison ou en tous cas la motivation de ces excursions, tout aussi bien de la Russie contre l’Ukraine ou des États-Unis contre l’Iran quand les régimes agresseurs savent jusqu’où aller sans assez de rétorsion de pseudo-alliés pour défendre leurs victimes. Ce que l’on peut comprendre d’un Trump qui ne vise que ses intérêts électoraux ou financiers à court terme (contrairement à des régimes peu respectueux de démocratie, voire même aspirants au martyr) peut difficilement s’expliquer d’un chef des armées sur le départ, sans plus d’avenir national, contrairement à ses collègues voisins européens.

    Comme on le décline trop souvent à l’anglais, on ne combat pas un régime ou une agression sans y mettre les pieds, que ce soit en Ukraine, Iran ou Liban, selon notre capacité propre ou combinée. Ce n’est jamais populaire de ces côtés ou autres de l’Atlantique, de la Méditerranée, Mer noire ou Golfe persique mais la réalité historique proche prouve qu’à l’encontre d’adversaires déterminés comme l’ont été les régimes nazi, japonais (mais avec une menace massive bien plus imprévisible), soviétique (avec une course aux armements dispendieuse), chinois (aussi bien en Corée qu’au Vietnam) il a fallu occuper une partie de terrain, même provisoirement, pour renverser un régime ou combattre une agression comme au Koweït ou en Irak (le cas de la Libye et peut-être de la Syrie étant particuliers du fait de leur centralisation excessive de pouvoir, contrairement à l’Iran).

    Il faut en tirer les conclusions sur les différents théâtres d’opération, y compris au Liban où il faudrait peut-être menacer enfin d’interdire par la force (et pas par un détachement de maintien d’une fausse paix) un envahissement israélien au-delà du fleuve Litani et intercepter les missiles, roquettes ou bombardiers, de tous côtés qu’ils viennent. Dans le Golfe persique, si l’Iran chiite n’avait pas proliféré au détriment de ces voisins, même éloignés comme en Mer rouge ou en méditerranée, ni bien sûr stigmatiser les deux Satans dotés et donc en aspirant aussi à une petite parité nucléaire, elle peut toujours prétendre qu’attaquée par les États-Unis, elle doit répliquer à toute patrouille maritime et toute emprise côtière, même arabe, de son agresseur qui supporte un régime qui grignote et annexe petit à petit ce qui reste de la Palestine arabe.

    Avec la démonstration que les États-Unis n’ont pas hésité à inventer des armes de destruction massives en Irak pour le balkaniser, contrairement à la Syrie mais avec le même résultat, que peuvent rétorquer ses voisins monarchistes moins épris de démocratie que de pétrodollars dont on peut douter de la pérennité avec les nouvelles techniques d’exploitation ailleurs ou la perspective d’un emballement climatique ? Que fera la Chine de plus en plus dépendante des États-Unis, comme les européens y compris à l’égard des distributions russes, tandis que les voisins terrestres proches comme le Pakistan ou l’Inde tous deux dotés pourraient eux envisager des pipe-lines contournant le détroit d’Ormuz ?

    Faute d’avoir réglé et en moins de quelques semaines ces différents conflits, seul le peuple états-unien pourra empêcher une autre excursion à Cuba ou en Corée du nord, si ce n’est pour défendre à plus long terme ou abandonner Taïwan comme l’Ukraine. Nous verrons bien les lieux de l’usage ou non des Marines seuls à même d’intervenir à brève échéance, mais l’escalade n’en sera que plus patente, à moins que ce ne soit un bluff cependant plus approprié au poker qu’au jeu des échecs où le gambit est souvent plus décisif (tout comme les yeux au jeu de Go).

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  6. Bonjour, « entre les main de Donald Trump », ça n’augure rien de bon quand à l’émergence d’une paix rapide et durable que se soit en Iran ou en Ukraine, en effet le président des Etats-unies à construit sont image autour de sa capaçité à jeter les accord à la poubelle, notament commerçiaux, et ceux qu’ils dates de plusieurs années ou qu’ils aient était signès par lui la veille…

    Dans ce contexte n’y l’Iran, ni l’Ukraine, ni la Russie ne peuvent se fier à quoi que se soit venant de lui, et par la même rentrer dans une réel négotiation. Ainsi aujourd’hui ils lévent les sanctions contre la Russie, demain il en signera d’autre, après demain il annoncera la fin de la guerre avec l’Iran, puis se ventera d’avoir raser un site nucléaire Iranien avec une grosse bombe avant même que l’accord ne soit ratifiée par son parlement… L’incertitude peu être une force, mais quand elle fait perdre la confiance, elle peut devenir une grande faiblesse…

    Pour le moment l’Iran refuse toute négoçiation avec Les USA et ne parlons même pas d’éventuelle négoçiation avec Benjamin Nétanyou dont le jusqu’au boutisme de Gaza ne prette guère de doute quand à ses intentions avec l’Iran… Reste la Chine, les Européens, l’Opep et la Russie. Est rien de réjouissant la aussi, même pour un accord partielle visant le transport maritime aux Moyenne_orient les exigences de l’Iran sont certainement assez prévisible : non circulations de navires vers les USA ou Israël, voir affillier à des entreprises rattacher à ses deux états, achats d’un cota de pétrole Iranien et levée de tout ou partie des sanctions, fermeture de base US dans les pays de l’OPEP…

    Le levier de l’embargo du détroit d’Ormuz à ses limites et les conçessions que sont prêt à faire l’OPEP et l’Europe sont limités, mais elles sont toutes essentiellement au détriment de Washinton…

    La Chine ne voit sans doute pas d’inconvéniant à ce que l’armées états-uniennes s’épuisent dans un conflits au objectif flou, et peut largement compensée ailleur ses importations du Moyens-orient.

    La Russie voit ses sanctions levées, un énorme déboucher pour ses hydrocarbures, et les systèmes anti-aérien s’épuisé à vue d’yeux, elle perd quelques drones shaed mais cela fait longtemps qu’elle en produit elle-même… Pourquoi devrait-elle stopper Donald Trump?

    « le molah et mort, vive le mollah », pour le reste tout ne semble pas vraiment très bien se passer pour Israël et les USA, qui apparement subissent leur premier trou dans la raquette et temps que les Iraniens auront des drones et des missiles cela ne va pas allée en s’améliorant…

    Salutation, ludovic Melin.

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  7. Le chaos planétaire dangereux déclenché et perpétué par le cinglé de la Maison Blanche : une n ième occasion de rappeler l’urgence de transformer enfin l’UE en Etats-Unis de l’Europe.
    Avec une vraie armée totalement indépendante de l’OTAN, dont la Garde européenne préconisée par l’auteur du blog pourrait être l’amorce.

    Christian GUILLAUME (génération service militaire sous la forme service armé).

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  8. Bonsoir,

    Je suis avec grand intérêt vos analyses sur la situation des différents pays touchés par la guerre.

    Je souhaiterais avoir votre opinion sur l’analyse que fait pierre Razoux des différents scénarios pour l’Iran et les USA.

    Merci par avance

    Henri

    Aimé par 1 personne

    1. Soyons pratique : à quoi bon spéculer sur des scénarios alors que le  » brouillard de la guerre » et l’attitude désordonnée , voulue ou pas, de Trumpov dérègle  » notre boussole internationale  » ? Laissons passer les jours ( cette opération militaire vient de débuter ! ) pour y voir un peu plus clair…

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