Trump élu, les Palestiniens et l’Ukraine perdus ?

Avec une victoire nette (même si elle n’est pas massive), Donald Trump est désormais le « président élu » des États-Unis qui prendra la tête de la première puissance mondiale le 20 janvier 2025 pour les quatre prochaines années. Près de 80 % des Français ont une image négative de Donald Trump – j’en fais partie – ce qui explique probablement que notre société a peu anticipé ce scénario qui était pourtant probable à défaut d’être souhaitable.

Les réflexions étaient assez pauvres au sujet des suites de cette élection, au-delà du risque que Donald Trump déclenche une guerre civile s’il en avait contesté les résultats, et il est plus que jamais nécessaire de réfléchir désormais aux conséquences de cette élection américaine.


Netanyahou conforté, les Palestiniens abandonnés

Pour ce qui concerne le Proche-Orient, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou n’a pas attendu pour se réjouir du « retour historique » au pouvoir de son meilleur allié, alors qu’il craignait bien sûr Kamala Harris et « son souci du peuple palestinien ». Netanyahou a d’ailleurs tout fait pour mettre en difficulté l’administration Biden, dont Harris était la vice-présidente, au sujet de la guerre impitoyable qu’il mène sur 7 fronts et dont il n’était pas question que le futur ex-président américain puisse être crédité d’avoir obtenu un cessez-le-feu dans la région.

Lire aussi : Les efforts de Netanyahou et de Poutine pour que Trump soit élu

Netanyahou se sent désormais libre de terroriser la région entière au motif d’avoir fait l’objet d’une attaque terroriste le 7 octobre 2023, dont il est pourtant en partie responsable de ne pas avoir su l’éviter. L’illustration même en est le siège du camp de Jabaliya au nord de la bande Gaza, qui est attaqué pour la troisième fois en un an par l’armée israélienne et où Netanyahou a imposé que même l’aide humanitaire ne puisse pas y parvenir.

Les Etats-Unis avaient menacé – bien tardivement – de réduire leur approvisionnement en armes si Netanyahou ne levait pas ce siège « inhumain » sous 30 jours, la réponse est désormais connue, « plus tard quand tout sera terminé », soit en français « rien à foutre ».

Netanyahou peut définitivement envoyer l’administration Biden sur les roses, celle-ci étant désormais dans l’incapacité de prendre la moindre décision qui serait battue en brèche quelques semaines plus tard, 10 à ce stade. Il faut malheureusement reconnaître que la présidence Biden, sur ces conflits, aura brillé par son indécision et qu’il est maintenant trop tard pour agir.

Pour Jabaliya, ce n’était évidemment pas avec un délai de 30 jours qu’il fallait menacer Netanyahou mais avec 3 jours pour qu’une telle injonction paraisse crédible. Au moins 70,000 Palestiniens sont encore piégés dans ce camp et meurent autant sous les bombardements que des privations. Un énième crime de guerre à l’image de ce carnage commis contre Gaza, où l’ONU décompte 70% de femmes et d’enfants parmi les victimes recensées des bombardements israéliens, probablement de dangereux terroristes en devenir du Hamas…


Limogeage du ministre israélien de la défense

Netanyahou se sent d’autant plus libre d’agir et de mentir qu’il vient de virer son ministre de la défense, Yoav Gallant : celui-ci osait affirmer la nécessité de terminer cette guerre en argumentant depuis cet été qu’il était temps d’en finir avec cette opération qui n’a plus rien de militaire, et qu’il était encore possible de sauver dans un accord les quelques otages israéliens toujours en vie (probablement moins de 30 aujourd’hui).

Le ministre de la défense israélien était d’autant plus déterminé qu’il était considéré comme très fiable par son homologue américain et qu’il n’était pas pour rien dans le projet de cessez-le-feu que tous les belligérants avaient accepté mi-septembre – Hamas et Hezbollah inclus –, mais que Netanyahou a volontairement fait chuter en lançant son opération « Flèche du Nord » contre le Liban.

(C) Le Monde

Au passage, les Israéliens apprennent que Netanyahou a menti (une fois encore) à sa propre société en faisant fuiter de fausses informations sur un prétendu refus du Hamas de stopper les combats quand bien même il n’était pas question pour lui d’arrêter cette guerre, de risquer de perdre le pouvoir et d’être questionné : sur l’origine de ce désastre (comment l’attaque terroriste du 7 octobre a-t-elle été rendue possible ?), la conduite des opérations (pourquoi des dommages collatéraux aussi importants ?) et surtout quel objectif poursuit-il en réalité dans cette guerre.

Plus aucune limite pour Netanyahou et l’extrême-droite en Israël

De fait, Netanyahou est désormais seul avec l’extrême-droite aux commandes d’une société que la guerre a traumatisée, et il s’imagine probablement pouvoir construire désormais un « grand Israël » au détriment définitif des Palestiniens.

Netanyahou a donné l’ordre à l’armée israélienne de finir de raser le nord de Gaza, pour transformer cette zone en un no man’s land qui ne sera pas difficile à coloniser par la suite puisqu’il n’en restera rien. Et ce n’est pas Donald Trump qui l’en empêchera.

Quant à la Cisjordanie, pour laquelle Netanyahou avait détourné les forces nécessaires pour surveiller Gaza afin de renforcer sa colonisation, il n’est pas difficile non plus de deviner quel sort lui est maintenant réservé.

« Gaza va devenir un no man’s land qui ne sera pas difficile à coloniser par la suite puisqu’il n’en restera rien »

Les Palestiniens n’auront pas d’autres choix que de quitter ces territoires, s’ils veulent vivre en paix plutôt que survivre au milieu de ruines. Avec l’arrivée de Donald Trump, ils perdent tout espoir de vivre pacifiquement aux côtés des Israéliens et sont condamnés à leur tour à un exode certain, ainsi probablement qu’à une vengeance sans fin contre les enfants d’Israël.

La seule contrainte qu’imposera Donald Trump à Benyamin Netanyahou sera d’avoir « fini le job » pour ce qui est de la guerre avant son investiture fin janvier, puisque la marque de Donald Trump est de considérer que la guerre est un « Bad business » et qu’il faut par conséquent l’achever au plus vite, tant pis pour les conséquences…

L’Iran est-elle plus menacée ?

Si Biden avait pu imposer à Netanyahou fin octobre une riposte plus que limitée contre l’Iran, désormais le Premier ministre israélien se voit pousser des ailes pour aller dévaster le « régime des Mollahs ».

Lire aussi : Riposte mesurée d’Israël contre l’Iran, un succès pour le président Biden ?

Néanmoins, il lui faudrait pour cela agir avant l’investiture de Donald Trump car le nouveau président américain acceptera mal qu’une nouvelle guerre puisse se déclencher après son avènement présidentiel. Et il est peu probable, malgré sa neutralisation dans cette période de transition, que Biden autorise maintenant le Premier ministre israélien à lancer une impressionnante attaque contre l’Iran, ce qu’il ne peut faire qu’avec les moyens américains.


« Bad Time » pour la résistance ukrainienne

Depuis l’échec de la contre-offensive ukrainienne en octobre 2023, le président ukrainien Volodymyr Zelensky se doutait bien qu’il n’avait plus les moyens de chasser complètement les forces russes d’Ukraine et, qu’à un moment ou un autre, il serait obligé de négocier. Mais il espérait avoir des cartes en main pour tenir tête au Maître du Kremlin.

Lire aussi : Bras de fer en enfer, comment l’Ukraine se prépare à négocier une issue à la guerre

Donald Trump, considérant encore une fois que la guerre est un Bad business et qu’il n’a pas l’intention de se confronter à Vladimir Poutine – qu’il estime, voire qu’il admire – va imposer une fin de guerre, beaucoup plus rapide que ne pouvait le craindre le président ukrainien.

Un accord de « paix » déjà esquissé entre Trump et Poutine

Donald Trump annonce d’ailleurs qu’il va bientôt causer avec Poutine, mais en réalité cela est déjà fait depuis longtemps, car il n’a cessé de s’entretenir avec lui comme la révélé le journaliste Bob Woodward aux États-Unis.

Le deal est probablement déjà établi et concèdera à Poutine le gain de ses conquêtes militaires illégales et particulièrement brutales : il officialisera l’annexion de la Crimée et en grande partie ce qui est derrière la ligne de front de 1,100 km2. L’armée russe s’est en effet emparée de 18% du territoire ukrainien au prix de dégâts gigantesques et de pertes considérables qu’elle n’aurait pas pu soutenir plus longtemps.

Après deux années et demie d’une guerre particulièrement destructrice et face à une résistance ukrainienne remarquable, l’armée russe est très abîmée et a besoin de temps, probablement plusieurs années, pour être reconstruite et redevenir un outil crédible de menace et de conquête pour Poutine.

Une fin rapide de cet épisode de guerre sera tout à l’avantage de Poutine (qui pourra afficher une victoire dans son opération militaire spéciale) et de Trump (qui aura mis fin à un carnage digne de la guerre de tranchée de 14-18). Ce sera pour beaucoup une forme de soulagement, mais qui malheureusement n’apportera pas de paix durable et alimentera au contraire une menace grandissante contre l’Ukraine, comme pour tout l’Est de l’Europe. Les pays scandinaves, baltes et la Pologne ont bien compris la dangerosité de la situation qui les met en première ligne face à la Russie de Poutine.


La fin du deal de la protection américaine contre une impuissance européenne ?

Cependant, Trump pourra imposer « son deal » d’autant plus aisément que l’Europe, – l’Union européenne en premier plan –, ne s’est pas mobilisée pour devenir enfin un acteur crédible de sa propre sécurité. Seuls les Etats-Unis ont aujourd’hui encore la capacité d’apporter un soutien militaire massif et efficace à l’Ukraine.

Finalement Trump incarne aussi la fin d’un autre « deal », celui des Etats-Unis qui protégeaient militairement l’Europe en échange d’une contribution réduite, émiettée et surtout d’une incapacité de peser dans les relations internationales, comme une forme de renoncement, être un non-acteur des conflits. L’Union européenne l’a brillamment démontré aussi bien en Ukraine qu’au Proche-Orient.

La question est désormais moins de savoir si les Européens veulent rester « un troupeau d’herbivores dans un monde de carnivores » comme l’a gentiment raconté le président Macron, mais d’interroger la présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen, sur notre capacité collective à construire enfin une Europe de la défense et une défense de l’Europe.

Lire aussi : La guerre en Ukraine peut-elle sortir la défense européenne de l’ornière ?

Nous commençons seulement à mesurer les conséquences de l’élection de Donald Trump, et nous ne pouvons que constater les dégâts à venir : Netanyahou n’a plus aucune limite dans sa guerre qui ne respecte plus aucune règle. Les Palestiniens vont souffrir plus que jamais des conséquences de l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre qui fut un véritable poison pour l’avenir de la région. L’Ukraine a perdu la possibilité de se battre plus longtemps contre la Russie de Poutine et va être contrainte à une paix qui ne sera pas éloignée d’une capitulation.

Et nous, Européens, nous devrons nous résoudre à supporter que des acteurs peu recommandables et incontrôlables nous imposent leur réalité alternative, ou au contraire qu’ils nous obligent enfin à se mobiliser pour « ne pas subir ».

(c) Plantu



Pour approfondir,

« Israël : la victoire de Donald Trump, une promesse de carte blanche pour Benyamin Nétanyahou » par Jean-Philippe Rémy (Le Monde)


Les espions russes à la conquête de l’Amérique, documentaire d’Antoine Vitkine

« Avec Donald Trump à la Maison Blanche, la prophétie du général de Gaulle se réalise : un jour, les Etats-Unis quitteront le Vieux Continent », chronique d’Alain Frachon (Le Monde)


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19 commentaires sur “Trump élu, les Palestiniens et l’Ukraine perdus ?

  1. Le scénario d’un « cessez le feu » à la Coréenne se dessine peu à peu. Et l’Europe ne pourra que s’incliner devant la toute puissance américaine. Les Etats Unis ont livrés 42 milliard d’Euros d’armes ( chiffres de janvier 2024). Derrière eux il y a l’Allemagne : 17 milliards et puis l’Angleterre 9 milliards. Je parle même pas de la France qui a livré des AMX 10 et des VAB en fin de vie !

    Malgré cela les pays de l’OTAN n’ont pas donné les moyens à l’Ukraine de résister à l’Ours russe. Les américains ont livré 31 Abrams M1A1 ( dont la moitié a déjà été détruits ou hors de combat ) De plus ces chars demandent une maintenance extrêmement poussée. Enfin en période hivernale les composants électroniques ont tendance à tomber en panne !

    Dans la même veine, pourquoi l’Allemagne n’a pas livré de missiles Taurus ?

    Trump va couper cette aide et ne restera que l’Allemagne, la Grande Bretagne et le Danemark…pour pallier à ce manque.

    Enfin, Macron est le seul encore à croire à une armée Européenne ! La quasi totalité des pays Européens se sont dotés de F 35 ! La Pologne s’équipe à marche forcée avec 200 Abrams ( et des chars sud-Coréens)

    Le choix du F35, par les dirigeants Européens, fait que ces pays se sont livrés pieds et poings liés à l’Amérique pour une quarantaine d’années.

    Quand la Russie decidera d’envahir l’Europe ce ne sont pas les chasseurs américains qui feront la différence, car ils seront teléguidés et suivis depuis les USA !

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  2. Il reste la Pologne. Elle a été claire. Si l’ukraine devait perdre, elle interviendrait. Trump n’apportera pas la paix. Qu’il lâche l’ukraine, et la pologne ira défoncer la russie en ukraine, elle se donne les moyens d’être la première armée de l’UE. Et on peut parier que d’autres nations, survivance du PAVA, la suivront.

    L’Ukraine ne perdra pas. Mais l’Europe aura faillit, bien pire qu’en 1938. Car au moins on avait lancé à fond le réarmement pour 39-40….

    La question est simple. Quand est ce que la Pologne interviendra ?

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  3. bonsoir,

    le mandat de Biden aura marqué l’histoire (lol): une sortie calamiteuse d’Afghanistan (bien savonnée par l’accord de Trump avec les Talibans), la future capitulation de l’Ukraine (surtout ne pas « humilier » (cf Macron) la Russie)…

    comme vous l’indiquez à juste titre, ce sont les UKR et les palestiniens qui vont payer la facture, et au prix fort

    Un deal entre Trump et Poutine sur le dos des UKR et des Européens se dessine déjà (comme il l’a fait en Afghanistan)

    Vous avez raison de critiquer Trump, mais le principal fautif c’est Biden

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  4. Dans l’UE, la Pologne et les Etats Baltes, dans l’Otan en plus de ces derniers , la Turquie d’Erdogan qui a toujours promis d’apporter sa marque à des négociations entre l’Ukraine et la Russie, voilà quelques pays qui pourraient venir enrayer une alliance trop complaisante entre Poutine et Trump. Je ne cite pas la France car il est à craindre que les complications économiques et politiques de la période ne placent la France dans une position marginale, malgré les métaphores bien peu réussies de Macron. En tous cas, pour ces pays à l’est de l’Europe, il y aura une place à prendre dans les prochains mois afin de limiter la casse à laquelle nous nous attendons concernant la perte d’une partie du territoire ukrainien.

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  5. Bonjour Monsieur ANCEL,

    Merci pour votre article. Nécessite fait loi…. L’élection de Trump peut elle agir comme un électrochoc en Europe, et pousser les pays membres à s’unir pour améliorer créer une vraie armée Européenne ? L’autre question, concerne le financement, avec des pays qui sont déjà très endettés est-ce encore possible ?

    Cordialement

    Eric

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    1. J’espère que ce désastre du retour de Trump pourra avoir des conséquences positives et en particulier sur La Défense européenne, que nous comprenions enfin que si les Etats-Unis sont si puissants, c’est parce qu’ils sont constitués de 50 Etats mais disposent d’une seule armée.
      Quant à la situation financière des 27 pays européens, c’est surtout la France qui a un problème d’endettement, la plupart des membres ont une forte capacité d’investissement

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      1. Estoy convencido que la elección de Kamala hubiera sido mucho más desastrosa que la de Trump.
        Tiene que terminar la política del buenismo, la agenda 2030, la dependencia de EEUU, el poder de manipulación de los medios controlados por la izquierda, la agenda Woke,…..

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    2. sans l’esprit de défense, une armée n’est que décorative, bonne pour briller en défilé, mais sans impact géopolitique. On ne peut écarter une telle option en Europe… Un pari que me semble faire la Russie poutinienne.

      Ne pas subir ?

      Fabrice

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  6. La force prime toujours le droit et quand même les démocraties européennes ou proches faiblissent ou prennent, elles aussi ouvertement, le parti des plus forts, ce ne sont pas des bêlements d’herbivores de plus qui changeront la donne.

    Est-ce que nos pays et alliés sont prêts à intervenir sur le terrain ou au moins dans les airs de ceux qu’on prétend accueillir dans nos accords de défense ou d’union est la seule question qui vaille. Même si les EU n’ont pu venir à bout des talibans, des vietnamiens ou des coréens appuyés par la Chine, on pourra y épuiser toutes nos armes et explosifs contre des régimes déterminés jusqu’à l’apocalypse.

    Les seules chances de la réélection de Trump seront peut-être de renverser le régime des mollahs et de freiner (combien de temps encore ?) l’expansionnisme chinois et dans ce cadre l’Europe nous incombe avec l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie. Saurons nous nous en préoccuper quand nous avons déjà échoué en Afrique francophone ?

    Vae victis

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  7. Nous rejetons massivement la personne même de Donald Trump, et nous avons comme souvent projeté sur les autres nos propres sentiments. Force est de reconnaître que les Américains ont majoritairement voulu cet homme-là pour président.

    Que des femmes votent pour un homme qui se vante de les agresser sexuellement et les traite en êtres mineurs qui ne sont pas libres de disposer de leur corps me désole, mais c’est leur choix. Il y a, en France aussi, des femmes violemment opposées à l’avortement, qui trouvent normal que les hommes décident pour elles, parce qu’ils sont des hommes. Cela m’afflige tout autant.

    Les médias français sont restés bloqués sur la personnalité de Donald Trump, ses outrances verbales, et n’ont guère approfondi leurs sujets, ce qui a rendu difficile notre appréciation du ressenti des Américains que l’on n’interroge pas, ceux qui n’assistent pas aux meeting mais votent. Ce n’est, en somme, pas très différent de la couverture des campagnes électorales françaises.

    La mollesse des États-Unis vis-à-vis de Netanyahou ne traduit-elle pas un assentiment à sa politique dévastatrice ?

    De même, les Palestiniens ne sont pas « perdus », ils ont été abandonnés par les pays arabes et ils se sont perdus faute de choix et par renoncement. Le choix individuel de ne pas céder à la violence, le renoncement collectif de se prendre en main en choisissant d’autres leaders que des terroristes.

    Que les violences qui leur sont infligées génèrent plus encore de terrorisme, là encore c’est une question de choix individuel. Justifier les violences par le fait que l’on a soi-même subi des violences, c’est exactement l’argument d’un bon nombre de criminels, notamment les violeurs, le procès Pelicot en est une illustration magistrale. Sauf qu’il est battu en brèche par toutes les victimes de violences – et j’en suis – qui ne cèdent pas à la haine, par tous les parents d’enfants assassinés qui ne se font pas justice. C’est une question de choix. Et oui, c’est très difficile de ne pas céder à la colère, à la soif de vengeance faute d’obtenir justice et réparation, à l’envie de détruire ceux qui nous ont détruits. Les terroristes manipulent les gens fragilisés ; ce sont les terroristes d’aujourd’hui qui fabriquent ceux de demain en exploitant la souffrance des Gazaouis, une souffrance dont ils sont à l’origine. C’est bien le Hamas qui diffuse depuis des décennies des cartes de la région et des livres scolaires qui omettent l’État hébreu, qui entretient l’idée d’éradiquer la population juive partout dans le monde. C’est bien le Hamas qui a promis maison et argent aux Gazaouis qui apporteraient la preuve qu’ils ont violé et massacré le 7-Octobre.

    Que n’a-t-il utilisé tout cet argent et ces maisons pour éduquer à la cohabitation pacifique et améliorer les conditions de vie des Gazaouis ? Ceux-ci étaient-ils aveugles et stupides pour envier la richesse – toute relative – des kibboutzim et voler leur électro-ménager le 7-Octobre sans se rendre compte qu’il y avait des demeures bien plus luxueuses dans la bande de Gaza, sous leur nez, construites avec l’argent qui leur était destiné ? La violence est toujours un choix, en premier lieu individuel, qui que l’on soit, où que l’on soit.

    Quant à l’Ukraine, l’Europe l’a lâchée dès 2014. C’est une guerre « pour rien », comme l’a été celle de Bosnie. De même que les frontières de 1995 sont quasiment conformes à la volonté des Serbes, celle de 2025 seront celles voulues par Vladimir Poutine. Dans un premier temps.

    Quelle société ukrainienne va naître de nos renoncements ? De tous ces morts, ces amputés, ces femmes massivement violées, ces vies brisées, ces traumatismes individuels et collectifs ?

    Si la politique israélienne produit les futurs terroristes, que produit la politique européenne ? À quoi sommes-nous en train de donner naissance, qui va probablement se retourner contre nous ?

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  8. Plus aucune limite pour Netanyahou et l’extrême droite en Israël, mais soutenue par les Etats Unis.

    Plus aucune limite pour Poutine dans sa conquête de l’Ukraine qui va réclamer la capitulation de ce pays tout en gardant ses prises de guerre: Crimée, Donbass et autres.

    Le temps pour lui de reformer une armée « forte et efficace » et dans quelques années, lui et ses affidés reprendront le combat en Ukraine afin de soumettre complètement ce pays et d’en faire une république satellite comme en Biélorussie et autres.

    Le président Zelensky et tout sont entourage disparaîtront dans les geôles de Poutine dont on ne revient jamais afin de ne pas témoigner des atrocités qui y sont commises.

    La Russie sera aux portes de l’Europe, mal défendue car incapable de se doter d’une force militaire commune.

    Quant à Trump et sa bande d’excités , il est à craindre qu’ils lâchent l’Europe, nous considèrent comme de petites nations et nous imposent des conditions d’exportation de nos produits inacceptables en termes de taxes. Une crise économique se prépare.

    L’OTAN et l’ONU ont beaucoup à craindre du retour de Trump aux affaires. Il ne prend pas ces deux organisations au sérieux.

    S Cazeneuve

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  9. Anne-Marie Siramy

    L’Europe est au pied du mur mais ses membres n’en ont pas tous pris pleinement conscience. Quand ils y seront parvenus, il sera probablement déjà trop tard.

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  10. Donald Trump est un homme dangereux qui risque de mener le monde avec les autres potentats sur Terre à une conflagration générale. Ces gens adorent la guerre et la destruction.

    Les palestiniens reçoivent les bombes qu’ils méritent. Ils ont provoqué la guerre et s’en sont réjouis. La population gazaouie la perpétue en détenant elle-même les otages plutôt que de les libérer et obtenir la paix.

    Les Ukrainiens risquent de payer le prix fort de leur guerre avec Poutine. Trump ne veut plus les soutenir tout comme les pays Européens qui se sont détournés d’eux, malgré les apparences, avec la plus grande couardise. Un accord de paix entérinant l’amputation de leur territoire, Crimée comprise, serait une abomination diplomatique inacceptable.

    Cordialement.

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  11. Je comprends ce que vous dites toutefois n’oubliez pas que son pouvoir qui est très fort actuellement a certaines limites, car les lois doivent être sanctionnées au Sénat et même si les républicains sont majoritaires, ils ont besoin de 60% des voix. De plus, tout ne peut être fait par décret présidentiel! Et finalement, il pourra faire des décisions difficiles pour les autres pays seulement pendant 2 ans (ce qui est déjà trop) car il y a les élections de mi-mandat qui pourrait heureusement (comme c’est souvent le cas) renverser son pouvoir au congrès ! Donc soyons optimiste !

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  12. Bonjour, si Donald Trump applique la moitié de ses déclarations, l’avenir n’est pas rose pour les USA et ses alliers et partenaires. J’aurais tout de fois quelques bémoles dans se tableau au sombre perspéctive. D’abord force est de constater que les USA soutenait pleinnement par leur livraison d’armes Benjamin Netanyaou, ceci ne changera certainement pas, le soutien à Israël ayant était la condition sinéquanone des Républicains au soutiens à l’Ukraine. Mais par contre l’Europe a été plutôt timorer dans ses sanctions contre Iraël, avec des actes symboliques en ordre dispersée comme la reconnaissance de la Palestines par certain pays… L’une des raison est notament un vieux contensieux d’actes térroriste de l’Iran (Michel Goya le rappel régulièrement), mais aussi une volonté de ménager leur allier Américain, un départ en roue libre de Donald Trump pourrait faire basculer cette position de laisser faire… Du coté Ukrainnien, là encore les marges de manneuvre sont limités pour Trump, car même si il se positionne ouvertement comme hostile à l’OTAN (allant jusqu’à menacer les alliers des USA de soutenir la Russie s’ils étaient attaquer il me semble (ma mémoire peut me jouer des tours toutefois) ; dans les fait une mauvaise prise de déçisions pourrait entrainer une éviction des USA de l’OTAN (ou la création d’un traiter parralléle sans les USA comme par exemple l’Europe politique et militaire et ses soutients (j’invente évidement je suis sur qu’ils trouverait un acronyme au top) se qui reviendrai au même, la conséquence serait sévère pour les USA qui verrait leur puissance militaire fortement diminuer dans l’affaire… De plus considerai que le niveau de préparation défensive de l’Europe n’évolue pas et un biais perçeptif, chacun montant en puissance individuellement et collectivement, on à l’impression qu’elle est démunie sans les USA en raison des rétards au mois d’Avril de son industrie qui n’a put supplanté les blocages au parlement US, mais il s’en passe des choses en 6 mois, on est encore certainement loin du compte face au Etats Unis et à la Chine mais les usines s’ouvrent et les productions progressent! Rien n’est finie, comme vous aimez à le dire il y a se que l’on voie et ce que l’on ne voie pas. Souhaitons juste que ce que l’on ne voie pas ne soit pas trop déçevant… Salutation, Ludovic Melin.

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