Frappes en profondeur contre la Russie : les Américains hésitent et les Ukrainiens subissent

U.S. Secretary of State Antony Blinken and Britain’s Foreign Secretary David Lammy meet with Ukraine’s President Volodymyr Zelenskyy at the Mariinsky Palace in Kyiv, Ukraine, Wednesday, Sept. 11, 2024. Mark Schiefelbein/Pool via REUTERS

Le débat sur les frappes en profondeur contre la Russie avec des armes occidentales a failli déboucher, un peu comme un accord de cessez-le-feu en Israël a failli être signé… et il faudra probablement s’en passer, au moins jusqu’à l’élection présidentielle américaine début novembre.

De quoi parle-t-on ?

Les alliés de l’Ukraine ont livré des armes capables de frapper en profondeur le territoire russe : on parle « d’armes de longue portée » qui sont dans le jargon militaire plutôt de la moyenne portée, c’est-à-dire capables de détruire des cibles à plusieurs centaines de km (quand les premières ont des rayons d’action en milliers de km).

Mais l’essentiel de l’arsenal livré aux Ukrainiens peut difficilement dépasser les 70 km de portée, soit en réalité 50 km au-delà de la ligne de front puisque les lanceurs – pour des raisons de sécurité – s’en tiennent au moins à 20 km de distance, réduisant d’autant leur allonge dans la profondeur du territoire contrôlé par les Russes.

Autrement dit, avec cet armement, les Ukrainiens peuvent tirer sur leur sol (envahi par les armées de Poutine) ou dans la zone proche de la frontière russe (quelques dizaines de km). Ce sont essentiellement des moyens d’artillerie classique (canons et roquettes) ainsi que les bombes guidées utilisées par l’armée de l’air ukrainienne qui ne compte que quelques dizaines d’avions.

Les alliés ont aussi livré à l’Ukraine des armements qui peuvent atteindre des cibles à plusieurs centaines de km, autour de 300 km pour les différentes versions de missiles de croisière SCALP et STORM SHADOW (ce sont les mêmes, mais fabriqués en France ou en Grande-Bretagne) et des missiles balistiques ATACMS livrés par les Américains, qui sont eux tirés du sol à partir de lance-roquettes multiples (LRM ou HIMARS).

Ces armes peuvent atteindre des installations militaires ou des dépôts de carburant voire d’autres objectifs en Russie à condition d’échapper aux nombreux systèmes de défense sol-air russes et aux dispositifs de guerre électronique (qui perturbent les systèmes de guidage de ces missiles). A ce stade, au-dessus du territoire russe, seuls les Américains disposent de suffisamment d’informations pour tracer des routes efficaces pour ces missiles en leur permettant de contourner ces obstacles.

Au grand dam des Français et Britanniques qui aiment à vivre dans l’illusion de leur « souveraineté nationale », leurs armements sont difficilement utilisables en Russie sans l’apport clef des Américains. Il faut donc effectivement l’aval (et les informations cruciales) de ces derniers pour frapper efficacement des cibles au-delà de 50 km de la frontière.

L’armée russe verrait sa capacité de combat diminuer… du fait de la logistique

Comme l’a souligné le site américain de l’Institute for Study of War (ISW), les cibles militaires comprises entre la zone de portée actuelle (50 km) et l’allonge maximale de ces missiles (300 km, qui pourrait être augmentée jusqu’à 4 à 500 km pour certaines versions), se comptent elles aussi en centaines, au moins 250 objectifs militaires selon ce site considéré comme bien informé.

Les Russes ont déjà retiré de cette zone certains systèmes considérés comme sensibles (radars et bombardiers stratégiques) mais s’ils devaient tenir à cette distance tous les dépôts et bases militaires importantes, ils perdraient – dans le temps – approximativement la moitié de leur potentiel actuel de combat en Ukraine en multipliant par trois au minimum (100 km -> 300 km) les flux logistiques (transport de troupes, de carburant et de munitions).

La capacité de combat de l’armée russe serait alors dégradée par la menace pesant sur ses infrastructures et ses dépôts plus que par les frappes elles-mêmes :  en effet, ces armes occidentales de frappes en profondeur n’ont été fournies qu’en dizaines d’exemplaires par les alliés tandis qu’il en faudrait des milliers rien que pour traiter les 250 cibles citées par l’ISW. Rappelons qu’un missile ne dispose pas d’un pouvoir de destruction très étendu ou alors de manière superficielle comme la version de l’ATACMS qui emporte une charge dite à sous-munitions.

Lire aussi : Comprendre en quelques mots les armements utilisés dans la guerre de Poutine contre l’Ukraine

En soi, les frappes dans la profondeur (relative) de la Russie ne seraient pas un game changer qui ferait basculer le sort de cette guerre, mais elles diminueraient de manière importante la capacité de combat de l’armée de Poutine qui ne domine déjà pas le front : leur avancée actuelle dans le Donbass se fait « à pas lent » (quelques km2 par jour) et au prix de pertes effrayantes (des centaines de mort par jour).

En contrepartie, les Ukrainiens tiennent plutôt bien les 1,000 km2 « conquis » dans la région de Koursk où les Russes ont envoyé les troupes nécessaires pour les stopper (probablement de l’ordre de 40,000 hommes) mais pas les forces suffisantes pour obliger les Ukrainiens à se replier.

Il leur faudrait pour cela faire venir leurs meilleures unités qui sont actuellement engagées dans le Donbass. Un dilemme pour Poutine qui semble avoir préféré achever son offensive dans le Donbass (limitée à Pokrovsk) avant de chasser cette force d’invasion ukrainienne dans la région de Koursk qui, militairement, n’est pas très menaçante.


Mais pourquoi les Etats-Unis hésitent autant à donner leur accord ?

La première raison de la réticence américaine – et pas seulement pour ces frappes en profondeur – est de ne pas se retrouver embarqués dans une guerre frontale contre la Russie, remake dangereux de la situation de la guerre froide entre deux nations équipées d’arsenaux nucléaires qui mettraient fin à la guerre ainsi qu’à leur propre existence en s’engageant dans un affrontement fatidique.

Le président américain Joe Biden est issu de cette culture de la guerre froide caractéristique du XXe siècle et il défend âprement cette volonté de ne pas voir les États-Unis embarqués dans une guerre que les Américains auraient du mal à accepter et plus encore à supporter. Il préfère une « stratégie indirecte » impliquant les Ukrainiens en premières ligne, comme c’est le cas actuellement, sauf que personne n’a jamais gagné une guerre par procuration…

Pourquoi ces frappes dans la profondeur sont importantes pour le président ukrainien Zelensky ?

Pour les Ukrainiens, la capacité de frapper en profondeur la Russie serait aussi un moyen de contrer les frappes du même type menées par les Russes depuis maintenant plus de 30 mois et qui menacent l’intégralité de leur territoire jusqu’aux frontières polonaises et roumaines. L’objectif des frappes ukrainiennes ne peut pas être de détruire toutes les capacités russes d’attaque, qui sont largement dispersées sur un territoire gigantesque, mais de faire peser sur la Russie une menace équivalente à celle qu’ils subissent au quotidien.

Les Ukrainiens ont d’ailleurs investi une partie de leur industrie militaire pour fabriquer des drones et des missiles avec une allonge supérieure à 1,000 km, mais aux performances somme toute réduites par rapport aux armes occidentales citées plus haut. Avec leurs frappes « nationales » dont les effets restent limités, les Ukrainiens démontrent en premier lieu que les fameuses lignes rouges qui impressionnent tant leurs alliés (Américains comme Allemands) et qu’aime brandir Poutine sont d’abord des obstacles dans l’esprit des alliés plus qu’une réalité.

Néanmoins, dans le contexte des présidentielles, le président Biden ne risquera pas de prendre une décision que Trump pourrait utiliser pour mettre en difficulté la candidate démocrate Kamala Harris qui est bien partie pour remporter ces élections.

De fait, il ne risquera pas qu’un missile américain intercepté par les Russes s’écrase et provoque des morts en Russie, ce que Poutine comme Trump utiliseraient aussitôt pour dénoncer une « agression américaine » et une volonté irresponsable d’escalade.

Le déséquilibre des situations pèsera sur les négociations

Au même moment, la presse britannique révèle que l’Iran livre une cargaison de missiles à la Russie pour frapper l’Ukraine, un argument fort à propos pour essayer de changer la position américaine. Il est vrai qu’à aucun moment un allié de l’Ukraine n’a menacé l’Iran de le considérer comme un cobelligérant dans cette guerre…

En fait, l’intérêt essentiel pour l’Ukraine d’obtenir le feu vert pour des frappes en profondeur est de constituer un argument supplémentaire et efficace dans une négociation qui viendra forcément. Ce n’est pas réellement un game changer mais plutôt un rééquilibrage dans les opérations menées par les Ukrainiens, au même titre que le raid sur Koursk dégrade la capacité de la Russie de Poutine à revendiquer des conquêtes territoriales. Poutine aurait objectivement intérêt à obtenir l’arrêt de ces bombardements avant qu’ils ne fassent des dégâts physiques et médiatiques dans son propre camp.

Lire aussi : Bras de fer en enfer, comment l’Ukraine se prépare à négocier une issue à la guerre


Encore une fois, la situation montre que les Etats-Unis ont un rôle clef dans cette affaire : ils ont seuls la puissance militaire pour contrer la Russie de Poutine mais aussi pour imposer des contraintes à l’Ukraine qu’ils soutiennent sans lui permettre d’aller plus loin que résister .

Ce qui est à peu près la situation inverse de leur relation avec Netanyahou où les Etats-Unis s’avèrent incapables d’imposer la moindre contrainte à la politique de dévastation que celui-ci conduit contre les Palestiniens… jusqu’aux élections ?




Lire pour approfondir

« Derrière la solidarité affichée avec l’Ukraine, les hésitations de l’administration Biden » par Piotr Smolar dans Le Monde


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19 commentaires sur “Frappes en profondeur contre la Russie : les Américains hésitent et les Ukrainiens subissent

  1. Bonsoir, je me pose la question pour moi essentielle (plus que les événements au moyen-orient) suivante…

    Par quelle diablerie Poutine peut-il accuser « l’Occident » de cobelligérance, alors que lui-même utilise les services de l’Iran et de la Corée du Nord (avec des troupes prêtes à se faire hacher menu) ?

    Par quelle cécité les USA/Allemagne et autres empêchent-ils les Ukrainiens d’utiliser des missiles à grande portée ? On peut expliquer à Poutine qu’il le fait bien lui-même, non ?

    Alors ?

    Merci de vos lumières !!!

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  2. Le problème principal de l’Ukraine, c’est le fait que les dirigeants occidentaux n’ont pas retenu les leçons de l’histoire et que Poutine a réussi, comme un petit Autrichien l’avait fait avant lui, à les berner et à leur faire peur, une peur sans fondement objectif.

    Si ces mêmes dirigeants avaient réellement appuyé l’Ukraine sans condition depuis le début, soit en 2014, ce que leur permettait le droit international, Poutine aurait abandonné depuis longtemps.

    Le fait, maintenant, de refuser d’abord les demandes de Zelenski pour ensuite les accepter au compte-gouttes ne fait que prolonger la souffrance des Ukrainiens et augmenter les risques pour l’Europe en entier.

    Quant à la guerre que livre les Israéliens aux Palestiniens, je crois que, plus elle dure dans le temps, plus Israël met sa propre sécurité en danger à long terme, alors qu’une solution à deux états (selon les frontières de 1967) est la seule façon raisonnable de régler le conflit.

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  3. on peut postuler sur la fin économique de la russie en se basant sur des taux, etc…
    mais à priori, les faits sont têtus, et la russie réussie à titrer son épingle du jeu pour fourguer son brut
    donc ce n ‘est pas demain la veille que poutine va arrêter la guerre puisque en quelque sorte l’europe lui finisse en quelque sorte sa guerre

    « L’Europe n’est pas sevrée du pétrole russe, pas plus que du gaz : l’Europe demeure le premier client du gaz russe, importé par gazoduc ou liquéfié (GNL). Après la Hongrie ou la Slovaquie, l’Italie est troisième acheteur de gaz naturel, et la France caracole en tête du classement des acheteurs de GNL. »

    https://www.msn.com/fr-fr/finance/other/russie-l-argent-du-p%C3%A9trole-continue-d-affluer-depuis-l-europe-et-paie-les-soldats-de-la-guerre-en-ukraine/ar-AA1qHMaR?rc=1&ocid=winp1taskbar&cvid=f1bb3cab62b34935afa6110a7aed0b65&ei=3

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  4. À croire que l’histoire se répète. Quand je vois le débat sur l’usage des armes en territoire russe et les hésitations occidentales, je pense à la Syrie. En 2012-2013, les rebelles, notamment l’Armée syrienne libre, avaient libéré les deux tiers du territoire. Ils encerclaient Damas, la route de l’aéroport était coupée, et ils avaient même avancé sur la côte, libérant plusieurs localités sur la Méditerranée.

    Les « amis de la Syrie », groupe de pays soutenant l’opposition, ne voulaient pas qu’Assad tombe ; ils souhaitaient une négociation aboutissant à son départ. Ils maintenaient donc la rébellion sous perfusion en ce qui concerne les munitions, les rebelles ne disposant parfois que de quoi tenir quelques heures. Ainsi, les « amis de la Syrie » ont exigé un retrait des zones côtières et ont empêché le lancement de l’offensive sur Damas. Pour les Occidentaux, le régime ne devait pas tomber, mais il fallait qu’Assad se retire dans le cadre d’une négociation. Ils ignoraient la nature de ce type de régime mafieux et sanguinaire, qui ne connaît que le rapport de force et l’écrasement.

    Il semble que certains croient encore qu’une solution « négociée » avec Poutine est possible en Ukraine et cherchent à tout prix à éviter une chute du régime russe. Pourtant, les menaces de Poutine envers les pays occidentaux susceptibles de donner leur feu vert à l’usage de leurs armes sur le territoire russe ne sont pas sérieuses : il peine déjà à concrétiser une victoire sur le front ukrainien et ne peut ouvrir de nouveaux fronts contre l’OTAN.

    Cette méconnaissance de la nature des régimes mafieux jusqu’au-boutistes pourrait offrir la victoire à Poutine, car nos dirigeants continuent de penser qu’il y a de la rationalité chez les tyrans et qu’ils finiront par accepter une paix juste, limitant ainsi les conséquences désastreuses du conflit. Poutine ne négociera que pour obtenir la reddition totale de l’Ukraine, même si, pour cela, il doit sacrifier l’avenir de la Russie et s’agenouiller face à la Chine, comme Assad l’a fait avec ses parrains russes et iraniens. Il n’y a pas de rationalité chez ces tyrans ; leur seul objectif est d’écraser ceux qui s’opposent à eux.

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  5. Nos questionnements et nos errements, voire notre pusillanimité, sur l’aide à apporter à l’Ukraine sont du ‘pain béni’ pour le vampire du Kremlin. Tout cela nous conduit lentement mais sûrement vers la 3 ème G.M. car … on n’aura plus le choix !

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  6. Merci beaucoup pour cette analyse d’expert .Elle permet d’effectuer le point sur la situation exacte du rapport de force entre l’Ukraine et la Russie,montre aussi les limites de notre souveraineté… européenne.

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  7. si nous n’ aidons pas plus l’ Ukraine sa défaite sera la notre et Poutine poursuivra et alors notre sécurité européenne sera menacée. Poutine est un second Staline . A croire que l’ Histoire nous enseigne rien

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  8. Malheureusement les Etats Unis, ne veulent pas la « victoire » de l’Ukraine sur la Russie de Poutine. Ce que veut Biden, jusqu’aux élections de novembre, c’est de « contenir » Poutine. C’est tout !

    O’Bama avait indiqué qu’une ligne rouge était dressé devant l’aviation russe, si celle ci utilisait les armements chimiques en Russie. Le 30 août 2013, les faits se sont avérés vrais et le président démocrate a laissé faire. Ce « recul » de O’Bama n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd ! Poutine a parfaitement compris, qu’il pouvait déclencher le feu de ses missiles Iskander, contre les populations civiles ukrainiennes et…les Etats Unis ne bougeront pas !

    Bien entendu si l’autre fou furieux arrive au Pentagone en novembre 2024, Zelenski et son Etat Major pourront prendre un taxi pour New York, car l’armée Ukrainienne ne recevra PLUS AUCUNE MUNITION de la part des USA. Et là les soudards russes vont pouvoir faire des Boucha à la puissance 10.000. Bien sûr, les Nations Unies vont voter une « résolution pour condamner le génocide Ukrainien ». Et nous les Européens ont va se consoler en versant une larme, avec la pensée du devoir accompli !

    Et ce n’est pas l’Europe, qui pourra prendre la relève. Déjà, l’Allemagne a annoncé qu’elle allait réduire son aide de moitié à partir de 2025. L’Allemagne est le gros donateur d’armes à Zelensky ( 17, 7 milliards d’aide. La France a du mal à aligner 3 milliards)

    Pourquoi les américains ne veulent pas de l’extension du conflit russo-Ukrainien ? Leurs priorités sont ailleurs avec le « futur » (?) théâtre d’opérations dans le Pacifique. La marine chinoise dépasse en tonnage la marine américaine.

    En termes de sous marins la Chine possède six sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, six sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire et 48 sous-marins d’attaque à propulsion au diesel. Et l’élite de ces sous marins ( les 096) sont de plus en plus « furtifs »..

    En Europe on en sera pas à notre premier génocide : Il y a eu les arméniens et la Shoah. Alors un de plus…

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      1. Il n’y aura pas de 3e GM. En ce qui concerne l’Ukraine, si Trump passe on va assister à un troisième génocide …annoncé ! ( avec les larmes de crocodile de l’Europe et les réjouissances de tous les pays – du tiers monde ou des Brics – qui souhaitent notre disparition)

        Par contre en ce qui concerne l’invasion de Taïwan par la Chine : cela fera TRES MAL à nos amis asiatiques. En effet dès qu’ils vont rassembler une force amphibie pour traverser le détroit de Formose ( de plusieurs milliers de navires) : cela va se voir comme le nez au milieu de la figure ! ( contrairement à Juin 1944, il y a des quantités de satellites dans ce secteur !)

        Lors de l’opération « Neptune » les navires alliés ont eu à franchir des distances de moins de 50 km ! Le détroit de Formose fait 130 km ! La Marine d’invasion sera soumise durant toute cette traversée à des tirs redoutables de la défense navale Taïwanaise ;

        Taïwan doit disposer d’environ 400 missiles anti navires Harpoon. Elle a développé de son côté son propre système de missiles Hsiung Feng III. ( Il ne faut pas oublier que TaÏwan concentre 30 % de la fabrication mondiale de microprocesseurs ). Taïwan a investi 70 milliards d’Euros pour renforcer son budget militaire.

        Mais Taïwan a commandé près de 2.000 missiles anti-navires et près de 4.000 missiles anti aérien aux Etats Unis: mais ils ne seront livrés QUE DANS QUELQUES ANNEES !

        Est ce que c’est cette « fenêtre » qu’attendent les Chinois pour se lancer ? Les seuls à tenir tête aux chinois dans ce théâtre d’opérations sera la Marine américaine avec ses Porte avions…Est ce que Trump apportera son soutien aux Taïwanais ? S’il ne le fait pas, il risque de perdre TOUT crédit dans le monde ! Alors que pour lui les Ukrainiens ne sont que peanuts !

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      2. pour Taiwan, ne pas écarter le scénario d’un blocus chinois conduisant à l’asphyxie économique de l’île. La mission de la marine chinoise étant alors d’empêcher la Navy américaine de briser ce blocus. Plus réaliste que de traverser militairement le Détroit de Formose.

        Fabrice

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  9. Merci encore une fois pour ces précisions nécessaires et orales ce qui me permet d’en profiter…

    Je comprends mieux pourquoi Bidden refuse de laisser les ukrainiens se servir des armes que pourtant on leur fournit ! Vrai supplice de Tantale….

    Ça reste insupportable pour l’Ukraine

    merci !

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