
Je ne sais pas si Donald Trump obtiendra un jour le prix Nobel de la paix, mais il mérite celui de la saturation des esprits !
A défaut d’occuper le Groenland, Donald Trump envahit le terrain médiatique et épuise la capacité à comprendre et à décrypter, en imposant une tension permanente qu’il alimente à dessein.
Alors qu’il était attendu, depuis la fin de l’année 2025, sur son projet de mettre fin à la guerre russe contre l’Ukraine, Trump a enchaîné en deux semaines un enlèvement présidentiel au Venezuela, une vraie fausse détermination à intervenir en Iran contre le régime des mollahs et maintenant une menace quasi-colonialiste de s’emparer du Groenland.
Lire aussi : Du Venezuela au Groenland, en semant le chaos, Trump nous oblige à réfléchir différemment
A quoi « joue » Trump avec le Groenland ?
Donald Trump profère depuis plusieurs mois des menaces contre le Groenland – territoire autonome du Danemark – pour répondre à de soi-disant « menaces sécuritaires » russes ou chinoises qui s’exerceraient sur cet immense espace glacé occupé militairement par… des soldats états-uniens (je ne dis plus américain par respect pour tous les autres pays de ce continent qui ne veulent pas être assimilés aux États-Unis de Donald Trump). En effet, en vertu d’un traité de 1951, les USA disposent de toutes les « facilités militaires » au Groenland et notamment d’une base importante pour surveiller l’espace aérien proche des Etats-Unis.

Si cette base « abrite » moins de 200 soldats aujourd’hui, les USA ont en réalité le droit d’envoyer autant de militaires au Groenland qu’ils le souhaitent et de réactiver les nombreuses emprises qu’ils ont désertées depuis 75 ans, avec pour seule condition d’en informer le Danemark. Le déploiement d’installations liées au programme de défense aérienne « dôme d’or » invoqué par Trump ne présenterait aucune difficulté dans ce cadre.
La question de la sécurité du territoire états-unien n’est donc qu’un prétexte grossier à une revendication quasi-colonialiste de Donald Trump : exploiter les ressources du sous-sol groenlandais, même si les entreprises US se montrent pour l’instant peu enthousiastes tant les conditions et l’environnement sont difficiles.

Cette volonté jusqu’au-boutiste de « sécuriser » l’exploitation de ces richesses, et tout particulièrement des « terres rares » qui ont été bien cartographiées au Groenland, s’inscrit probablement dans une vision plus stratégique qu’il n’y parait : disposer des ressources permettant de limiter la dépendance des entreprises US aux fournisseurs chinois, dans le cadre d’un affrontement auquel les Etats-Unis se préparent.
Mais en n’ayant pas su, ni vraiment essayé de convaincre les Européens de s’associer à une telle « vision stratégique », Donald Trump cherche désormais à l’imposer avec sa finesse habituelle…

Face au mensonge de Trump, les pays européens « jouent son jeu » et viennent sécuriser le Groenland
Fort opportunément et comme l’avait proposé initialement Raphaël Glucksmann, plusieurs pays européens sont en train d’envoyer des forces militaires « terrestres, navales et aériennes » afin de sécuriser le Groenland et de répondre « aux inquiétudes » du président états-unien. Des éléments de reconnaissance venant de France, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, de Finlande, de Suède et de Norvège sont arrivés sur ce territoire arctique pour préparer la participation de contingents plus importants, en lien étroit avec l’armée danoise et le gouvernement groenlandais.
Notons au passage que la France a choisi fort logiquement d’envoyer des troupes de montagne – des « chasseurs alpins » – qui sont les seules entraînées et équipées pour intervenir dans ces conditions arctiques, un savoir-faire très particulier qu’il vaut mieux ne pas avoir à s’inventer tant il est difficile à acquérir. Il n’est évidemment pas question ici de constituer une force européenne pour s’opposer militairement aux Etats-Unis, mais bien de rendre infondées les préoccupations sécuritaires affichées par Donald Trump. Le commandement arctique en charge de ce déploiement a d’ailleurs invité l’armée états-unienne à se joindre à cette opération…
Les états-majors militaires US n’ont pas pu cacher leur consternation lorsque Trump leur a demandé de planifier « un coup de force » au Groenland contre des armées alliées, partenaires historiques depuis des décennies dans le cadre de l’OTAN. Mais Donald ne veut pas abandonner son idée d’annexer ce territoire dont les (rares) habitants – moins de 60 000 – ont massivement rejeté l’idée même de passer sous le contrôle des USA, 80% au dernier sondage tandis que 75% des Etats-Uniens disent ne pas approuver ce projet trumpien.

Une polémique qui n’intéresse que Trump… et son ami Poutine
La tension que crée Trump sur cette question du Groenland, qui peut sembler hallucinante tant elle est éloignée géographiquement et politiquement des conflits actuels, réjouit au moins une personne, Vladimir Poutine qui y voit une occasion inespérée de polluer le fonctionnement, voire de remettre en cause l’existence même de l’OTAN.
Si Trump persévérait dans ce projet délirant, il signerait probablement l’arrêt de mort du droit international, de l’OTAN et plus encore, du lien historique établi depuis plus d’un siècle avec les pays européens en détruisant le facteur clef de toute relation, la confiance. Notons au passage que si Trump récupérait le Groenland, il s’en prendra probablement ensuite au Canada et à l’Islande. Peut-être que ce risque de fracture historique n’est pas sans motiver certains de ses conseillers, JD Vance en particulier, ce vice-président à côté duquel Trump fait office de « modéré ».
Comment empêcher Trump de persévérer dans cette impasse glacée ?
Les industriels US de l’armement sont particulièrement remontés contre cet « objectif » de Donald Trump, considérant que l’OTAN est leur plus important marché à l’exportation avec une solvabilité précieuse, pour des contrats qui s’étalent sur des années et parfois des décennies. Les entreprises états-uniennes de défense exercent une pression forte sur le président Trump toujours sensible aux arguments de business, sa principale préoccupation.
Les Européens pourraient eux recourir à des arguments économiques – douaniers notamment – alors que Trump veut utiliser une fois encore cette arme des droits de douane, pour faire pression sur les pays qui ne se plieraient pas à sa volonté : s’emparer du Groenland.
Certes, Trump peut compter sur le soutien de la Russie de Poutine. Mais il serait temps pour l’Union européenne de construire un véritable arsenal de sanctions douanières pour agir comme il se doit, dans son domaine de compétence, et exercer en la matière une politique de puissance.

Il resterait ensuite le comité Nobel pour faire croire au président états-unien qu’il sera dans la course, à condition de renoncer à ce projet délirant. Mais les Suédois sont trop honnêtes pour renoncer à exiger que Trump mette également fin à son soutien à ce fou de Netanyahou, qu’il demande un mandat de l’ONU avant d’intervenir dans le monde et, enfin, qu’il fasse pression sur son « ami » Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre contre l’Ukraine qui sinon, en février, rentrera dans sa cinquième année.
Une diversion de Trump pour fuir son impuissance face à Poutine en Ukraine ?
Si ce n’est la question de confrontation à venir avec la Chine, les motivations de Donald Trump sur le Groenland restent obscures : pourquoi fait-il cela ? La réponse est peut-être en Ukraine à 4 500 km de là, au plus éloigné de ce front en Europe que ce président délirant s’était promis de régler « en 24 heures ». Il faut garder en mémoire aussi ses démêlées avec l’affaire Epstein, ce proxénète de mineures dont Trump s’amusait.
Dans les derniers jours de 2025, les Européens – les Ukrainiens inclus – ont répondu aux exigences de Donald Trump quant à son projet d’accord pour mettre fin à la guerre menée par la Russie. Il était donc attendu que le président états-unien envoie Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner rencontrer Vladimir Poutine pour finaliser cette négociation.
Lire aussi : Poutine « attaqué » par l’Ukraine, le mensonge de trop ?
Mais rien ne s’est passé en janvier du côté russe, bien que Trump ait téléphoné à son homologue du Kremlin. Le président US a seulement déclaré, dans une interview à l’agence Reuters ce 15 janvier, que Vladimir Poutine « est prêt à conclure un accord », mais que l’Ukraine « l’est moins ». Interrogé sur ce qui bloque les négociations, Donald Trump a même répondu : « Zelensky », contre toute évidence.
Etonnamment, ce sont donc les émissaires ukrainiens qui se rendent une fois encore aux Etats-Unis pour discuter avec Steve Witkoff et Jared Kushner (à Miami le 17 janvier), comme si Trump avait renoncé de fait à obtenir la moindre concession de Poutine, à moins qu’il n’en ait obtenues d’autres, sur d’autres fronts…
Le Groenland serait alors principalement une opération de diversion, plus ou moins consciente ou assumée, d’un Donald Trump fuyant son incapacité à négocier avec Poutine une sortie de guerre en Ukraine, malgré ses (folles) promesses et rodomontades.
Autrement dit, cette affaire groenlandaise n’est-elle pas d’abord une opération de diversion d’un dirigeant extrémiste et « sans limite » qui s’avère incapable de gérer ses échecs ?

Pour approfondir,
Au Groenland, la méthode Trump a dressé la population contre les Etats-Unis, par Isabelle Mandraud (Le Monde)
« L’expression crue et brutale de la puissance américaine de l’ère Trump II est un choc violent qui ouvre enfin les yeux des alliés de Washington », par Sylvie Kauffmann

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Après le recul de Trump à Davos au sujet d’une action militaire pour annexer le Groenland, la question posée par ce blog reste d’actualité.
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J’admire ces » guerriers des mots « , préoccupés d’utiliser la bonne dénomination » étatsuniens ou états-uniens ou étasuniens « . Quelle futilité infantile ….J’aimerais les voir en première ligne en Ukraine armés de leur stylo plume ou feutre..
Oui, le ridicule tue…moralement !
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De toute évidence vous ne voyez pas l’idéologie que véhiculent les mots… Ce qui tue, entre autres, c’est l’ignorance…
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Oui, les mots ont bien un sens. La seule dénomination correcte est ETATS UNIS D’AMERIQUE DU NORD ! Comme la COREE DU NORD, COREE DU SUD, etc….
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Si votre conclusion « Oui, le ridicule tue … moralement ! » se fonde sur un phénomène réel, vous êtes en grand danger.
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Bonjour Guillaume
Un dernier bravo pour avoir introduit l’adjectif états-unien à la place de « américain » ! Il est nécessaire de toujours distinguer les colonisés des colonisateurs et de ne pas oublier les Cortés et les Pizarro d’un coté ou les Bolivar ou Guevara de l’autre. Pour beaucoup de tes lecteurs, les USA sont d’abord le pays des yankees ! Le cas de JD Vance est enfin à suivre de très près. Je te recommande pour ce faire d’examiner de près les informations réunies hier soir sur sa trajectoire dans l’excellente émission diffusée sur La5. Le débat qui a suivi a bien montré les contradictions de ce personnage capable de trois retournements à 180 degrés en 4 ans pour 1 se faire élire dans l’Ohio, 2 être nommé vice président par celui qu’il comparait à Hitler et 3 adopter la foi catholique et condamner l’immigration alors qu’il a épousé une indienne !
En solidarité
Georges Menahem
http://www.endecocide.or http://www.endecocide.eug (in English) https://fr.stopecocide.earth/ https://fr.stopecocide.earth/ (en français)
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Merci pour cette analyse. Toutefois, malgré l’apparente déconnexion de ses différents événements, je pense au contraire que l’administration Trump procède d’un plan clairement établi de retour à la doctrine Monroe et à celle du Big Stick dans un monde multipolaire, confronté à trois immenses défis (vieillissement de la population des économies développés, la finitude des ressources de la planète et une migration climatique inéluctable). Des 3 grandes puissances économiques (USA, UE et Chine), l’UE apparaît comme la plus fragile : une population vieillissante, des ressources épuisées et une accessibilité directe pour les migrants climatiques.
L’administration Trump USA a choisi de refermer les USA sur leur hémisphère qui possède encore des ressources peu exploitées au regard de leur population. Pour contrer leur population vieillissante, ils font le choix de la technologie (IA, robotique) et se protègent des migrants climatiques en construisant un mur au sud et en cherchant à s’étendre au Nord (pour garantir la sécurité alimentaire : accès à l’eau douce et aux futurs terres agricoles du Canada). En définitive, l’administration Trump n’est pas climato-septique mais anticipe le réchauffement climatique !
De son côté, l’UE en perdant son premier débouché économique doit chercher à s’implanter sur d’autres marchés : en particulier le continent sud-américain, d’où le MERCOSUR, d’où MADURO… Il s’agit pour les USA de montrer aux gouvernements sud-américains ce qui leur en couterait de faire du commerce avec la Chine ou l’UE. Pas touche à mon hémisphère !
Je pense malheureusement que Trump réussira dans son entreprise de rachat du Groënland car le Danemark et l’UE sont encore beaucoup trop dépendants économiquement des USA, et qu’il peut en plus mettre dans la balance le soutien état-unien à la coalition des volontaires dans le dossier ukrainien. En plus, les fleurons danois Novo Nordisk et MAERSK sont beaucoup trop dépendants du marché état-unien. Donc il peut mettre une grosse pression économique sur les Danois !
Donc l’administration Trump s’en prend à la proie facile à savoir l’UE car s’opposer à Trump signifie problèmes économiques et donc colère sociale facilitant la montée de l’extrême droite en Europe. La Chine ne lui offre en revanche aucune prise compte-tenu de son régime politique autoritaire et stable.
Et Poutine dans tout ça ? Il apparaît comme le pantin utile des USA et de la Chine pour mettre la pression sur l’UE.
L’ordre international que nous avons connu est désormais mort et enterré car l’Organisation des Nations Unis n’est absolument plus représentatif de l’état du monde aujourd’hui. Le retour aux prédations impérialistes va s’accentuer ! Et paradoxalement, cela aura des conséquences sur le libéralisme économique car les grandes multinationales n’ont pu se développer que dans un monde pleinement mondialisé et libéralisé. Et par un paradoxe extrême, le plus grand adversaire de Trump est la BOURSE ! et les milliardaires qui l’ont fait élire face à sa base MAGA…
Cela m’amène au film « Civil War » d’Alex Garland qui pourrait ressembler de moins à moins à une fiction dans les USA de Trump…
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Bonjour éclairante réflexion. Merci !
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Merci de dire “états-uniens”!
-une Canadienne
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Vous avez raison, mais votre pays est aussi concerné car c’est de fait selon une carte circumpolaire le suivant visé par la Russie (et en rien par la Chine) et vous imaginez bien qu’il sera largement mis financièrement à contribution pour le Golden Dome.
Nouvelle piste : c’est par dépit de n’avoir pas obtenu le Nobel de la paix décerné par le comité norvégien (et pas suédois) qu’il est prêt à une guerre économique contre la Norvège, en plus du Danemark dont on devine la réécriture de l’histoire sous l’inspiration du Kremlin (mais sans aller jusqu’à reconnaître qui ont pu mettre les deuxièmes pas en Amérique du nord après ceux qui y vivaient déjà).
Avant les élections de mi-mandat, il devient donc très urgent de donner autant de motifs que possibles aux électeurs démocrates ou pseudo-républicains de lui retirer ses majorités au Congrès, mais L’OTAN, l’UE plus Canada et Norvège s’entendront-ils sur cette mesure de salut public ?
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Quand on est abonné à Guillaume Ancel, on ne subit pas l’actualité : on la comprend.
Sur la question du Groenland, grâce à la clarté de ses analyses et à son sens du décryptage stratégique, il transforme le bruit médiatique en clés de lecture accessibles et utiles. Un travail indispensable pour garder du recul et ne pas se laisser emporter par les diversions.
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je decouvre -avec plaisir – ton analyse que je partage pleinement…et
avec pleins de soucis pour notre avenir-onusien -otanien et europeen !
Qui pourra arreter un D. Trump ? oui au Kremlin ,on doit sabler le
champagne …menacer ses allies ,cela est-ce le debut d Alzeimer ? gro
ßes bises , Patrick.-
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« La question de la sécurité du territoire états-unien n’est donc qu’un prétexte grossier… »
Effectivement, car il y a déjà le NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord), créé en 1958 par le Canada et les États-Unis, qui a pour objectif de surveiller, de détecter et de défendre l’Amérique du Nord contre les menaces venant de l’espace aérien et maritime.
En août 2021, le ministre de la Défense nationale de l’époque (Canada), Harjit Sajjan, et le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, ont approuvé une déclaration conjointe visant à « orienter la coopération entre le Canada et les États-Unis en vue de renforcer le NORAD face à l’évolution des menaces ».
En 2022, le Canada a annoncé un plan de modernisation du NORAD de 38,6 milliards de dollars sur 20 ans.
En mai 2025, Trump, alors impressionné par le dôme de fer israélien, a annoncé son Golden Dome, qui avait pour objectif de moderniser le NORAD et, avait-il alors affirmé sérieusement, serait fonctionnel avant la fin de son mandat (janvier 2029). Il avait même assuré que le Canada allait collaborer sur ce projet qui pourrait coûter, disait-il, 175 milliards de dollars, alors que le Washington Post parlai plutôt de coûts réels pouvant dépasser les 1 100 milliards de dollars. Sans compter que la situation d’Israël (se défendre contre des attaques de courte portée par des missiles, des roquettes et des drones), ne peut se comparer à celle des États-Unis (éventuelles attaques par des missiles intercontinentaux). Autrement dit, la technologie nécessaire n’est pas encore disponible; elle le sera peut-être en 2028.
Qu’a-t-il besoin du Groenland, où les États-Unis sont déjà présents, pour assurer la sécurité de l’Amérique du Nord, alors que selon le traité de 1951, il peut y installer de nouvelles bases sans problème?
Trump est un menteur compulsif, un inculte, un rustre, une brute que l’on ne peut même plus qualifier de bébé gâté. Il n’est guidé que par ses intérêts personnels. Il a des lubies qui se transforment en délires, il n’a aucune suite dans les idées. Les dictateurs des puissances dictatoriales, dont la Russie et la Chine, l’impressionnent, il veut donc les égaler en étendant son territoire. Vu qu’il échoue dans toutes ses tentatives, il lui en faut toujours de nouvelles, dont il vante les réussites avant même de commencer ou presque. Il menace et harcèle ceux qui ne cèdent pas à ses caprices, croyant ainsi pouvoir arriver à ses fins. Mais tout cela commence à s’effriter. Sa popularité est en baisse, la fronde s’intensifie. Il devrait perdre sa majorité en novembre, à moins qu’il ne décide de ne pas tenir d’élection. En attendant, il continue de semer le chaos et de détruire son pays.
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Je partage vos avis mais pour revenir sur une de mes réflexions suite à l’intervention de Guillaume Ancel sur FranceInfo, nous allons nous retrouver dans la même situation d’expliquer notre attentisme, faute de savoir convaincre nos partenaires de l’UE (dont ne fait pas partie la Norvège malgré ses tentatives), de l’OTAN, de l’ONU, voire de l’OMC (sans parler de l’OCDE).
L’outil d’anti-coercition fera probablement long feu pour rester dans l’analogie militaire et ce sera donc aux citoyens étatsuniens de tenter de nous débarrasser de cet énergumène, mais n’oubliez pas qu’il n’est pas le seul et que, même en perte de majorité, il se trouvera bien d’autres prétendants plus présentables mais aussi bornés dans trois ans, pour quatre à huit ans de plus.
D’ici là qui nous dirigera me parait aussi préoccupant sinon plus car nous aurons eu l’expérience de l’aventurisme, certes plus limité en portée mais pas en durée…
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Je voulais préciser plutôt amateurisme qu’aventurisme
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MERCI, Guillaume, sans aucun doute, respecter les gentilés ajoute un plus à vos analyses qui deviennent plus précises, Étatsuniens et non Américains. Vous allez faire des disciples j’en ai la certitude. Merci encore.
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On peut se demander si Trump a autant de clairvoyance dans sa vision du monde et de ses richesses minières.
Il fait son coup de force au Venezuela et invite les Majors a investir au moins 183 milliards de dollars sur 10 ans pour obtenir » 3 millions de barils/jour » en 2040 ( sources Cabinet Rystad Energy). A ce stade, le Venezuela rentrera dans le Top Ten des producteurs de pétrole a égalité avec le Koweit… Problème certaines compagnies ont été chassées du Venezuela il y a quelques années. Ces compagnies ont des arriérés d’impayés, comme Exxonmobil = 20 milliards de dollars et ConocoPhillips = 12 milliards. Chat échaudé craint l’eau froide.
En ce qui concerne le Groënland, Trump vise les richesses du sous sol. Problème, durant l’hiver Artique tout gèle…Visiblement les conseillers de TRump, ne le lui ont pas dit.
Je ne peux pas résister à partager la parodie de Lewis Mc Leod sur Trump : https://www.youtube.com/shorts/Zkuf3woD0LE
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Finalement , » Le dessous des cartes » : affaiblir l’Europe, détruire l’Otan au profit de la Russie et de Poutine, l’agent traitant de Trumpov.
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Il y a contradiction à mon humble avis à affirmer d’une part que Trump veut le Groenland pour ses ressources minieres ( ce qui est vrai ) , comme au Venezuela pour son petrole – et repondre SEULEMENT sur l’argument militaire qui n’en est pas un ( Glusksmann et les europens sont des petits joueurs en geopolitique…..où`il faut combattre les vraies projectiles (raisons) et non les leurres ..sous peine de rater sa cible …M. Ancel en tant que militaire connait bien cela …… Sergio…
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Trumpov : » Tout ce qui est excessif est insignifiant » ( Charles-Maurice-de-Talleyrand-Périgord )
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Bonjour, Donald Trump cherche simplement à transformer un plan économique bancale,en succès, par la force de son armée. Les importations des USA sont en baisse ce qui indique une baisse de la consommation des plus pauvres, et même si les plus riches consommes davantage les banques US se retrouve exposé au risque d’une hausse des défauts de remboursement qui on engendrer la crise de 2008…
Pour tenter d’empêcher un bis, en premier lieu rassurer sur ses capaçité et surtout montrer qu’on est capable de s’accaparer des ressource, regarder maintenant nous avons le pétrole du vénézuella…
Mais avant de profiter au major des Etats-unis ce pétrole risque surtout de chambouler les cours, exposant les exploitants de pétroles et gaz de schistes à ce qu’ils craignent le plus, l’effondrement de ceux-çi…
Le Groeland s’inscris sur cette lançée, notre puissance militaire et écoomique nous permets de nous accaparer ce que nous voulons.
Cette visions très mercantiles de la politique de Donald Trump ne doit pas être sous estimer, aussi dangereuse soit-elle.
Il peut ainsi perçevoir le Groenland autant comme une ressource que comme une monnaie d’échange…
Même si pour remplir les caisses, encore plus si ses droits de douane finissent par être déclaré illégaux, il préférera certainement de l’argent sonnant et trébuchant; venue de Chine en échange d’exclusivité sur les terres rares, ou encore de Russie en échange de l’Ukraine, eventuellement d’Europe en tribut pour le Groenland…
Quand il n’y a que l’argent qui compte il n’y a plus d’ennemie, ou d’allier, juste des zéros sur son compte en banque…
Salutation, Ludovic Melin.
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Guillaume,
On sort de Noël et Donald n’a pas eu tous ses cadeaux espérés: il est frustré, et si on ne lui donne pas le Groenland il va se rouler par terre!
Imagine un peu quelle serait ta réaction si tu ne recevez pas les cadeaux que tu as commandés? Il est furax
Le souci (mineur) c’est qu’il confond la réalité et le monopoly.
Bon WE
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Comme il est édifiant et intéressant pour moi, à Québec, de lire le point de vue français, sinon européen, sur la pensée et autres décisions loufoques de Trump – que j’ai baptisé le Crétin malin.
Votre commentaire quant au marché que représentent les membres de l’OTAN pour les manufacturiers militaires américains est particulièrement éclairant.
Cordialités de Québec
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Vous voulez sûrement dire «… dire pour les manufacturiers militaires étasuniens ». Il faudrait s’habituer à utiliser les gentilés précis car les Américains sont bien plus nombreux que les seuls Étatsuniens, vous par exemple, sans aller plus loin.
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Rémi Morency se présente comme habitant du « Québec », il est donc d’abord et avant tout Québécois, puis Canadien. Personne n’aurait l’idée de parler des Canadiens en les traitant d’Américains. D’ailleurs, l’Office québécois de la langue française (OQLF) et le Portail linguistique du Canada conseillent de ne pas appeler les Canadiens des Américains, car « Américain » désigne principalement les habitants des États-Unis d’Amérique, tandis que les Canadiens sont les citoyens du Canada, avec leur propre identité, histoire et valeurs. Oui, pour désigner les habitants des États-Unis, on peut utiliser le terme précis « États-Unien » (ou ses variantes « Étasunien » ou « Étatsunien ») afin d’éviter toute ambiguïté, même si « Américain » est souvent utilisé dans ce sens.
Johanne de Luca
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Très bonne analyse .
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A raison cet édito se termine sur un point d’interrogation, tant le comportement du businessman exceptionnellement cupide et en outre paranoïaque qu’une majorité d’Etasuniens a bizarrement élu président, échappe à la rationalité.
Rappel utile dans l’édito : c’est l’excellent (excellent selon moi) Glucksmann qui a émis l’idée astucieuse d’annihiler le prétexte de « sécurité » avancé par le délirant président US, en envoyant au Groenland des contingents militaires de sécurisation. Concernant la France, cela fournira un nouveau terrain d’entraînement à nos chasseurs alpins !
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Si nous étions aussi empressés d’envoyer nos troupes en Ukraine où il y a aussi beaucoup de terrains d’entrainement pour nos CA, sans doute serait-ce plus utile que d’envoyer provisoirement une quinzaine de cadres au Groenland pour amuser la galerie et réagir aux lubies, en attendant la revendication de Saint-Pierre et Miquelon et pourquoi pas des Antilles ou même de la Guyane avec ses ressources naturelles ou sa base spatiale ?.
Faute de réussir en Ukraine, voire en Iran dont les voisins y compris Israël savent ce qui les attend d’une nouvelle intervention, il a besoin d’attirer l’attention sur ce qu’il peut faire d’autre et nous protestons toujours beaucoup mais sans autre réaction, ce qui ne peut que l’encourager comme Poutine, Khamenei ou Kim à continuer. Est-ce encore utile de participer à l’OTAN quand même les plus zélés de ses alliés se trouvent pris à revers, au moins économiquement, sinon militairement ?
Ici nos industriels de l’armement attendent toujours des commandes d’un président qui ne sait qu’éructer et qui a donné tant de bonnes raisons à Poutine de continuer, sans encore nationaliser des biens russes quand nos sociétés basées en Russie l’ont été.
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Vous pointez à juste titre l’insuffisance de l’aide à l’Ukraine, mais cette erreur n’interdit pas aux démocraties européennes de se montrer plus clairvoyantes et fermes dans le problème du Groenland que dans le cas de l’Ukraine.
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@
Connaissez-vous depuis quelques dizaines d’années, même si nous excluons quelques pays autoritaires, en quoi les « démocraties européennes se seraient montrées plus clairvoyantes et fermes » envers le dumping chinois, la prise de contrôle puis la liquidation de nos industries par des fonds de pension étatsuniens ou un investisseur indien, l’achat d’hydrocarbures russes ou algériens et bien sûr d’armes étatsuniennes…etc, que ce soit à titre individuel ou au sein d’une union seulement mercantile ?
Pour nous restreindre, ne voyez-vous pas où nous ont mené les cajoleries envers Kadhafi, El Assad, Poutine, Trump, Tebboune, et j’en passe avec Milei ou Musk ? Quand on n’a plus de responsabilité, peu importe d’avoir raison trop tôt mais, quand on est aux responsabilités depuis près de neuf ans, il est pire d’avoir raison trop tard et ce ne sont pas des menaces de réponses robustes qui feront reculer les escrocs déterminés dont les menaces réussissent, des deux côtés de l’Atlantique.
Et pourtant on a bien l’habitude des menaces nucléaires ou hypersoniques pour ne pas oser riposter à une agression plus longue que la première guerre mondiale, envers un pays dont on a pourtant accepté le principe d’une adhésion à l’UE. La « der des der » s’est probablement déclenchée pour peu de choses, mais parfois il faut savoir casser les œufs de sang de Léon Schwartzenberg pour éviter l’omelette qui en résultera bientôt sinon, comme en Iran.
Après, sincèrement je ne pense pas que des droits de douane supplémentaires soient dramatiques, même si l’argent est plus important pour certains que la sécurité, pour ne pas envisager de réciprocité qui pourrait cependant alimenter notre budget depuis si longtemps déficitaire, même si c’est moindre avec les EU. Au delà de l’expérience que nous devrions enfin en tirer, ceci se règlera d’après moi comme d’habitude entre épiciers ou marchands de canons jusqu’à la prochaine déflagration.
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