L’Ukraine frappe là où Poutine ne l’attendait pas et ça fait mal !


Une surprise préparée (presque) dans le plus grand secret

C’est par des blogueurs russes – dénonçant le manque de réactivité des forces de sécurité – que nous apprenons le lancement d’un raid ukrainien le 6 août sur la région de Koursk en Russie.

Les Ukrainiens, quant à eux, ne font quasiment aucun commentaire et nous laissent découvrir progressivement l’opération qu’ils ont lancée sur le territoire russe. Faute d’information, nous pensons d’abord à une énième incursion de la légion de volontaires russes – quelques centaines d’hommes à peine – dont les actions sont plutôt symboliques et ne durent que quelques heures, le temps de se faire chasser par les troupes de Poutine.


Le général Guerassimov, chef d’état-major des armées russes, déclare publiquement qu’une force d’un millier d’Ukrainiens s’est imprudemment aventurée sur le territoire russe et que leurs vaillants soldats (russes) les ont déjà arrêtés en leur infligeant de lourdes pertes : plus des 2/3 auraient été tués, selon lui…

Le général Guerassimov, chef d’état-major des armées russes et commandant de l’opération militaire spéciale contre l’Ukraine

Pourtant, dès le lendemain mercredi 07 août, le Kremlin est obligé de décréter l’état d’urgence dans cette région de Koursk et « d’organiser » l’évacuation d’une partie de sa population dans un chaos qui ressemble plus à un mouvement de panique qu’à une opération structurée.

Au moment où le pouvoir russe a décidé d’empêcher sa population d’utiliser YouTube, des messages de désespoir se multiplient sur les réseaux sociaux, témoignant du désarroi d’une population russe sidérée de se retrouver en guerre. Certains témoignent même, victimes de la propagande du régime de Poutine, qu’ils ne comprennent pas « pourquoi les Ukrainiens leur font cela alors qu’ils ont envoyé leur armée pour les libérer du nazisme », et mieux encore que « leur armée [russe] ne frappe que des objectifs stratégiques pour épargner la population civile », alors que cette dernière est ciblée au quotidien par les frappes russes…


La guerre déclenchée par la Russie s’invite désormais sur son propre territoire

En réalité, les Ukrainiens ont lancé une opération d’ampleur, engageant plusieurs milliers de soldats d’au moins deux brigades bien entraînées et équipées. Ceux-ci ont préparé probablement pendant plusieurs semaines une action qui a totalement surpris le Kremlin d’autant que l’état-major russe avait écarté les alertes remontées par le secteur militaire concerné. Cela n’est pas sans rappeler l’aveuglement de Benyamin Netanyahou face à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023…

Heureusement, l’opération menée par l’Ukraine n’a pas pour but de semer la terreur dans la population russe, mais de déstabiliser le pouvoir politique et l’organisation militaire qui ne brillent pas par leur souplesse. Les Ukrainiens, en difficulté sur le front militaire du Donbass où l’armée russe avance aussi lentement qu’inexorablement au prix de pertes effrayantes, n’ont pas fait l’erreur de consommer leurs réserves pour ralentir frontalement ce rouleau compresseur digne de l’ère soviétique, mais pour surprendre leur ennemi en frappant là où il ne l’attendait pas.


J’avais écrit deux semaines auparavant que les Ukrainiens tenteraient probablement une opération vers la Crimée, mais c’est à l’opposé qu’ils ont enfoncé le fer (du glaive), tout à fait au Nord de leur frontière avec la Russie et fort à propos dans une région voisine de Belgorod qui sert de base arrière aux Russes pour menacer la région ukrainienne de Kharkiv.

Mais revenons sur ce raid remarquablement préparé, dont nous ne savons encore que peu de choses et sur lequel j’écris avec plus de précaution que jamais, car nous manquons de sources crédibles et d’informations croisées, les principaux fournisseurs étant à ce stade les Russes eux-mêmes…


Un raid remarquablement préparé qui joue sur la vitesse et la surprise

Il semble que la double ligne de défense qui court le long de la frontière russe pour la « protéger » n’était pas achevée (en termes d’installations) dans cette partie de la région de Koursk (probablement une histoire de corruption locale qui est devenue avec Poutine une norme nationale). Cette ligne défensive a surtout été franchie rapidement pour la raison que l’armée russe n’a pas détecté assez vite la tentative d’intrusion. Les Ukrainiens ont manifestement aveuglé les Russes aussi bien pendant la préparation que lors de leur pénétration sur le territoire russe.

En particulier, les drones russes qui patrouillent en permanence auraient été brouillés ou empêchés d’opérer par un efficace système de guerre électronique auquel l’armée russe ne s’attendait pas. Sur un champ de bataille réputé être devenu « transparent » – notamment du fait de l’omniprésence des drones –, les Ukrainiens ont recréé un brouillard de la guerre qui participe largement à décontenancer la capacité de riposte russe.

Les unités russes déployées pour surveiller la frontière étaient constituées de soldats appelés pas vraiment préparés à cette confrontation. Elles étaient renforcées par des « forces spéciales » tchétchènes qui se seraient spécialement débandées face aux soldats ukrainiens, sans toutefois que cette information ne soit vérifiable.


Une riposte lente et inadaptée de la Russie

« Normalement », les forces ukrainiennes qui ont pénétré sur le territoire russe auraient dû être très rapidement bombardées par des avions et hélicoptères qui sont évidemment les plus rapides à intervenir dans ce genre de situation. Mais les Ukrainiens ont emporté suffisamment d’artillerie sol-air, dont des missiles portables de type Stinger, pour les empêcher d’approcher immédiatement (leur portée est de l’ordre de 4 km).

De plus, la force d’action ukrainienne s’est entourée d’une « bulle » de drones, agissant en grand nombre et saturant l’espace à plus de 20 km. Ces drones ont ainsi pu atteindre ou faire déclencher des tirs destructeurs contre des unités russes en déplacement vers la zone de combat, mais bien avant que celles-ci ne se déploient puisqu’elles estimaient être encore à distance de leurs cibles ukrainiennes.

Les chars de combat en particulier, ainsi que l’artillerie sur chenilles sont transportés vers le « champ de bataille » par des porte-chars (des camions gros porteurs) pour compenser leur lenteur et leur consommation hallucinante de carburant. Les fantassins sont de même acheminés dans des camions sans blindage pour aller plus vite. Les pertes russes semblent importantes, du fait d’avoir été surpris, et au moins deux hélicoptères de combat ont été neutralisés directement par ces drones, une première dans l’interception d’hélicoptère.



Les Ukrainiens ont beaucoup appris de leur échec de 2023 et notamment en combat inter-armes

Les Ukrainiens montrent au passage combien ils ont progressé dans le combat inter-armes (qui consiste à combiner chars, artillerie, infanterie, guerre électronique et drones en l’occurrence) et combien ils ont appris de l’échec de leur contre-offensive de 2023 où ils avaient essayé de percer par usure une armée russe qui les attendait de « pied ferme ».

Nous ne savons pas pour autant si des F16 ont été engagés pour empêcher les bombardiers russes d’approcher avec leurs redoutables bombes planantes, sachant que ces dernières sont difficiles à utiliser contre des cibles en mouvement comme cette force d’incursion ukrainienne.

Loin d’être confrontée à une simple incursion de la légion des volontaires russes, l’armée de Poutine n’a pris que progressivement conscience de l’importance de cette opération ukrainienne et elle a perdu un temps précieux face à une force bien équipée et manifestement rapide dans ses déplacements. Cette dernière avait pénétré ce vendredi 9 août d’au moins 35 km à l’intérieur du territoire russe, ce qui est considérable dans cette zone réputée être bien protégée.

Malgré les annonces officielles russes de « pertes ukrainiennes colossales », la force d’incursion continuait à progresser au cinquième jour de cette opération, ce 10 août, et elle présente toutes les caractéristiques d’un raid, puissant et rapide, à l’intérieur même du territoire russe.


Un défi au pouvoir de Poutine et une manœuvre de déstabilisation des armées russes

Ce raid ukrainien en « territoire ennemi » n’a pas vocation à durer. Ce n’est pas une tentative d’invasion de la Russie, qui dispose de moyens sans comparaison avec les quelques milliers d’hommes mobilisés pour cette opération, et qu’on imagine mal tenter de conserver un territoire où la population lui sera de plus hostile.

Mais cette incursion ukrainienne est d’abord un formidable miroir de la guerre d’invasion russe déclenchée depuis 2 ans ½ par Poutine et elle donne à cette opération particulièrement audacieuse un rôle beaucoup plus politique que militaire, comme l’a parfaitement souligné Stephane Audrand.

L’objectif de ce raid ukrainien dans la région de Koursk est de renverser la vapeur par rapport à une situation militaire qui ne cesse de se dégrader dans le Donbass, laissant ces dernières semaines un sentiment amer d’inéluctabilité. Avec cette opération, l’Ukraine déploie une arme essentielle pour mener une guerre, le moral. Et en cela, ce raid est déjà une réussite pour Kiev qui n’en dit pas un mot mais qui en récolte tous les bénéfices.

            « Cette bataille de Koursk constitue une leçon de résistance et d’audace, en capitalisant sur une arme essentielle au combat, le moral »

Le bénéfice est essentiellement politique et médiatique, les deux étant intimement liés, car enfin les médias du monde entier se réintéressent à cette guerre en Ukraine qui ressemblait de plus en plus à la chronique d’une défaite lente mais assurée.

Alors que tous les regards (ceux du moins qui ne sont pas monopolisés par les remarquables Jeux Olympiques de Paris) étaient tournés vers la riposte Iranienne contre Israël (qui est manifestement retardée par de multiples facteurs et notamment « le doute » côté iranien), ce raid dans la région de Koursk redonne de la visibilité à ce conflit en Ukraine qui s’étire dans le temps. Il montre en particulier que Poutine peut être fragilisé au contraire de ce qu’il fait diffuser par ses relais dans nos sociétés. Ces derniers évitent d’ailleurs tout commentaire sur cette opération de Koursk…


Ce n’est pas seulement la frontière de Koursk qui a été franchie, mais la sanctuarisation du territoire russe

Cette opération dans la région russe de Koursk tord aussi le cou à une contrainte qu’avaient imposée jusqu’ici les pays alliés qui soutiennent l’effort de guerre de l’Ukraine : il n’était pas question dans leur esprit de porter la guerre sur le territoire russe et c’est pourtant exactement ce que viennent de faire les Ukrainiens. Certes, les alliés sont aussi discrets que les officiels ukrainiens sur ce sujet, mais ce n’est pas seulement la frontière de la région de Koursk qui a été « bréchée », mais bien la sanctuarisation du territoire russe qui désormais ressent directement les effets d’une guerre d’invasion comme celle que mène Poutine contre l’Ukraine depuis 30 mois.

De fait, la clef de cette guerre est Vladimir Poutine lui-même et aucune paix durable n’est envisageable tant qu’il sera au pouvoir. Cette opération ukrainienne dans la région russe de Koursk est donc moins destinée à « battre l’armée russe » qu’à déstabiliser le pouvoir de Poutine qui repose principalement sur la peur qu’il inspire et la puissance qu’il voudrait y associer.


Quelles suites pour cette opération ukrainienne dans la région de Koursk ?

Le plus difficile dans ce type de raid est de se replier sans y laisser trop de plumes. De mon point de vue, cette opération n’a pas vocation à durer et la logique voudrait qu’elle soit relayée et amplifiée par d’autres opérations qui jouent sur la surprise face au Goliath russe.

La destruction d’une partie d’une base aérienne militaire de Lipetsk à plus de 300 km de la ligne de front s’inscrit dans ce cadre et d’autres actions spectaculaires et inattendues pourraient déstabiliser un pouvoir russe qui perd la face tandis qu’il promettait stabilité et puissance à une société russe qui pourra de moins en moins accorder de confiance au « maître du Kremlin ».



Lire aussi : Guerre russe contre l’Ukraine, des négociations en ligne de mire, mais pas de trêve à court terme ?


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32 commentaires sur “L’Ukraine frappe là où Poutine ne l’attendait pas et ça fait mal !

  1. En prolongation un peu funeste de mon dernier commentaire, beaucoup de nos alliés et même d’autorités morales (comme le Vatican) connaissaient ou au moins se doutaient de ce qui se passait dans les camps d’extermination et pourtant sans réagir, alors qu’attendre d’une population non impliquée dans l’état russe et non directement ou par des proches concernée par ces combats ? Seule la perspective d’une chute du pouvoir et/ou de sanctions sévères terminera cette guerre mais sommes nous prêts à en assumer les risques ?

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  2. En maîtrisant la diffusion d’informations en Russie, Poutine peut limiter l’impact politique de cette incursion; les blogueurs russes risquent d’avoir des visiteurs qui viennent leur expliquer comment se taire. Les populations russes croient d’autant plus la propagande que celle-ci présente systématiquement les ukrainiens comme des nazis (et leurs comportements supposés) et les armées russes comme des libérateurs, et ne sont jamais confrontées à la réalité globale* des agissements maléfiques (qui font le mal) des armées russes.* Les agissements maléfiques russes auxquels la population russe est confrontée est systématiquement attribuée à la corruption locale : policiers, édiles, gouverneurs, etc.

    D’autre part, l’Ukraine n’a pas les moyens humains d’occuper un large territoire russe et sa population (vous l’avez dit).

    Il est donc possible pour l’état-major russe d’ignorer cette incursion tant qu’elle ne dérange pas trop la logistique alimentant les armées russes en territoire ukrainien et continuer leur grignotage : Kramatorsk est en vue et sa destruction serait terrible pour les ukrainiens.

    Il serait bon pour les ukrainiens d’appuyer leur opération militaire par une opération médiatique touchant efficacement les populations russes. (ex : lâcher aérien de tracts sur les grosses agglomérations atteignables).

    Il serait (éventuellement) possible de faire visiter aux populations russes occupées les méfaits des troupes russes en Ukraine avant de les renvoyer chez elles, un peu comme les troupes américains ont montré aux populations allemandes la réalité qu’elles ignoraient des camps de concentration en 1945.

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    1. Une logistique militaire se reconstitue avec le temps, peut-être mieux qu’une confiance dans des autorités convaincues de mensonge ou d’incompétence (avec la chute des dominos locaux du pouvoir). L’argument de la zone tampon de tous les oblast frontaliers doit par contre être soutenu par tous les tiers qui prétendent négocier une paix ou au moins un cessez le feu.

      Quand dans ce pays on peut être condamné à douze ans de prison pour avoir soutenu par un don de cinquante dollars une organisation humanitaire, il vaut mieux ne pas être interpelé avec un tract, avec l’accusation de propagation de fausse nouvelle, de trahison ou d’agent de l’ennemi, sans perspective d’échange…

      Les sources d’informations audiovisuelles et électroniques, ne laissant pas trop de traces, ne sont pas encore toutes brouillées ou interdites et aucun russe ne peut aujourd’hui prétendre ne pas savoir la vérité, même systématiquement contredite par le régime.

      Outre aux russes de l’étranger ce sont surtout aux prisonniers russes qu’il faut montrer en priorité les méfaits de leur régime, à moins qu’ils ne soient eux-même inculpés à leur retour pour s’être rendus sans combattre et renvoyés au front ou au goulag…

      Je suis plus sceptique que vous sur l’intérêt d’avoir ouvert aux populations allemandes les camps de concentration car certains très anciens comme Dachau (même si ce n’étaient pas des centres d’extermination) étaient très proches des centres urbains et on y avait interné très tôt des opposants politiques, tout comme éliminé des simples d’esprit indésirables ou pourchassé des juifs, sans réaction, sauf de quelques justes souvent exécutés pour avoir précisément distribué des tracts.

      Prétendre que les allemands ignoraient la politique annoncée dans MK (gracieusement distribué à tous les jeunes mariés) puis confirmée dans les discours d’AH me parait très dérisoire, d’autant que beaucoup de soldats et cadres savaient la réalité de la Shoah, avec ou sans balles et l’agression de l’US pourtant alliée, après l’invasion des pays pourtant neutres du Danemark, de Norvège, de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg sans oublier Pologne et France.

      Le seul intérêt sera plus tard de consolider une paix quand il en sera temps et encore besoin car il y avait pourtant beaucoup de parentés entre ukrainiens et russes.

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  3. Il ne faut pas sous estimer les Ukrainiens qui par leur offensive du 8 Août mettent l’ogre Poutine dans l’embarras et semble incapable de réagir.

    Espérons l’élection de Kamala Harris pour le monde car ne pas oublier que l’Europe est entre la Russie belliqueuse de Poutine et les USA dz ce fou qu’est Trump.

    Les JO nous ont fait oublier les guerres et conflits aux 4 coins de la planète.

    S Cazeneuve

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    1. Il ne faut pas non plus sous-estimer l’armée russe capable de se redéployer dans le temps, en particulier si l’on évoque le transfert de troupes venant de Konigsberg (pour revenir sur la soif territoriale soviétique ou russe). Il y aura forcément une réaction qui si elle est conventionnelle sera sans doute moins dramatique qu’une sanction disproportionnée sur les populations (pour l’instant communiquer seulement sur des « incursions terroristes » est ambigu).

      Il est probable que des prétendus responsables locaux ou militaires russes vont en payer le prix mais la démonstration du mensonge intérieur de Putin à ne pas envoyer de conscrits aux frontières ou au front servira peut-être à enfin ébranler la confiance de sa population, avec cependant le dilemme de savoir s’il y aurait vraiment pire que lui au pouvoir et Guerassimov à l’état-major…

      En tous cas, s’il faut continuer à surprendre et frapper avec souplesse et agilité où l’on n’est pas attendu, il ne faut surtout pas s’installer dans la défense ferme trop coûteuse en hommes, munitions et matériel. Pour rester sur ce théâtre d’opérations et à moins qu’une mâchoire de pince sud ne soit lancée vers Novgorod (où il peut y avoir d’autres troupes moins aguerries), un raid doit être correctement géré jusqu’à son repli.

      A titre général, même si cela peut sembler cynique et difficile à gérer, il me semble qu’il faut, tout comme Moscou se saisit d’otages occidentaux, capturer autant de conscrits vivants (car les morts sont glorifiées en Russie) pour les échanger avec des prisonniers ukrainiens puis les laisser ensuite à leur retour convaincre leurs parents de l’illégitimité et l’inhumanité du pouvoir.

      La paix se gagnera surtout dans les têtes, même s’il faut consacrer beaucoup de moyens mais surtout d’intelligence à cette guerre.

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  4. Et si ces régions russes limitrophes de l’Ukraine en avaient assez de cette guerre ? N’auraient-ils pas ‘laissé’ les Ukrainiens rentrer de façon à saborder la guerre et faire tomber Poutine ?

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  5. bonjour

    excellent le dessin avec les 2 tanks (:

    je pense aussi qu’il y aurait un après, suite à cette incursion en territoire russe

    la comparaison avec l’offensive du Têt est intéressante, espérons que cela fera bouger la situation en russie

    Cette action UKR illustre aussi, comme dans un commentaire précédent, que les fameuses lignes rouges n’existent pas en réalité (les armes létales, les chars, les missiles longue portée, les avions, l’utilisation de ces armes sur le territoire de l’agresseur)(qui sait la présence déclarée et assumée de troupes alliées sur le territoire UKR?)

    Le peuple UKR doit espérer une victoire de K.Harris aux USA, avec à la clé une aide plus conséquente; car beaucoup de choses se décident à Washington, même si les Européens ont aussi leur partition à jouer

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  6. Il me semble difficile à moi aussi d’imaginer la tenue à long terme de ce territoire en saillant, mais ce raid est le bienvenu pour démontrer la fragilité russe (à base de nouveaux enrôlés faits prisonniers ou de tchétchènes) dans ce secteur et permet de lever les incertitudes stratégiques sur la sanctuarisation du territoire russe. En détruisant les installations gazières de Soudja et détournant d’autres forces russes du Dombass, cela permettra de soulager le front est et éventuellement de lancer par cette manœuvre de déception une reconquête du territoire ukrainien sud.

    Bref une belle manœuvre, y compris politico-militaire, mais qui ne devrait pas s’installer dans la durée !

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  7. Je crois que le message le plus inquiétant pour Poutine est que les USA laissent les Ukrainiens utiliser leur matériel en toute liberté sur le territoire russe et non exceptionnellement pour protéger Karkiv comme ils disaient encore il y a peu. On note aussi un changement d’échelles dans l’utilisation des drones . Jusque maintenant, toute attaque de l’un des 2 camps étaient rapidement détectée et clouée sur place par les FPV ou l’artillerie. Ici, les Ukrainiens semblent voir parfaitement dans la profondeur. On était habitué à voir des soldats sauter d’un BTR à une tranchée, là, on voit des soldats quasiment se balader. Un équilibre est rompu et bien malin qui peut en prédire les conséquences et les possibilités

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  8. Bonjour,

    Si la doctrine nucléaire russe prévoit l’utilisation d’armes nucléaires tactiques en cas d’invasion de son territoire, n’est-ce pas l’occasion pour Poutine, lequel évacue progressivement sa population de la région de Koursk ?

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  9. Très intéressante analyse.

    De plus, C’est vous qui m’apprenez qu’il s’agit d’une opération de déstabilisation et non d’une incursion destinée à conserver une partie du territoire russe.

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  10. Guillaume , bien lu ton bel article sur l offensive U . …mais la
    reaction des allemands-milieux civils et politiques ,de gauche sutout
    .-est pour le moins …disons « frileuse »peur de se faire menacer par  W.
    Poutine parceque les allemands avaient livre des …Panzer quipeut-etre
    marchent en Russie ;L opinion publiqueest a gauche -cmme dans l extreme
    drie -anti U. et pro poutinienne

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  11. Bonjour Guillaume,

    peut on imaginer que cette opération ait aussi pour objectif de forcer la Russie à déconcentrer ses troupes massées dans le Donbass pour protéger davantage le front et leur frontière ?

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  12. « Frapper le ventre mou de l’ennemi » c’est ainsi que le général Vo Nguyen Giap avait défini sa tactique militaire, lors de l’offensive du « Têt » de 1968. L’Armée du Nord Viet Nam avait crée des fixations autour du siège de Khé Sanh, et le long de la DMZ ( siège de Lang Vei). C’était pour détourner l’attention du général Westmoreland. Dans la nuit du 31 janvier 1968, plus d’une centaine de localités ont été attaquées simultanément par les forces du FLN et de l’ANV.

    Ces maquisards pouvaient ils faire plier la puissante armée américaine ? Non, car 80% des combattants du FLN ont été balayés en moins de trois jours ( Sauf à Hué). Mais le coup politique a été là et même Walter Cronkite, le présentateur vedette de la télé US, a été ébranlé !

    Ici les Ukrainiens ont frappé le ventre mou des Russes ! Et le moindre que l’on puisse dire c’est qu’ils ont frappé juste ! Fallait voir la tête de Poutine à la télé !

    Par contre on a pu voir des vidéos avec des gardes frontières russes prisonniers et baillonnés et obligés de s’allonger par terre ! Comment vont faire les ukrainiens pour diffuser ces images auprès de la population russe ? Là encore, la notoriété de Poutine va prendre une claque ! Que dire des images des civils russes obligés de fuir devant des « nazis » ?! D’autant que cela se passe à Koursk, le berceau de la plus grande bataille de chars contre les Nazis. Et là devant un millier d’Ukrainiens avec une vingtaine de chars Bradley, c’est la débandade complète des réservistes russes !

    Il faudra s’attendre à une pluie de sanctions contre les pauvres types en bas de l’échelle : mais la faiblesse du régime de Poutine, c’est sa corruption. Ne dit-on pas que trois milliards de roubles avaient été versés pour équiper cette région de « dents de dragon » et autres obstacles anti-char ? Visiblement les ukrainiens n’en ont pas vu beaucoup !

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  13. Le risque majeur c’est de forcer poutine à une réaction hyper violente sur le territoire ukrainien au moyen de missiles. Sinon il serait intéressant d’avoir une analyse sur cette guerre qui voit se développer des drones détruisant des chars et des véhicules blindés qui apparaissent extrêmement « fragiles » face à ces attaques.

    ph Montagne

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  14. Bonjour Guillaume,

    la légende de la première photo est erronée; ce n’est pas Guerassimov à la droite de Poutine mais Choïgou – qui n’est plus ministre de la Défense !

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