Bras de fer en enfer, comment l’Ukraine se prépare à négocier une issue à la guerre


La fin des illusions

Après 30 mois de guerre, la situation en Ukraine a atteint une forme de maturité en termes de prise de conscience : en l’état, l’Ukraine n’a pas les moyens de chasser l’intégralité des armées russes de Poutine qui ont envahi 18 % de son territoire… et « l’opération militaire spéciale » de Poutine n’a plus les moyens d’aller au-delà du Donbass !

Depuis la conférence de paix qui s’est tenue en juin en Suisse (sans la Russie), l’Ukraine se prépare à négocier à terme une issue à ce conflit.

Pour que cette négociation ne soit pas une capitulation, il est nécessaire pour l’Ukraine d’obtenir un certain nombre de gages, qui mettent suffisamment en difficulté le Kremlin pour l’obliger à accepter une discussion bien au-delà de ses propres exigences.

Coup pour coup, ou presque…

Le sujet le plus important aujourd’hui n’est sans doute pas l’opération audacieuse de l’Ukraine contre la région russe de Koursk, ni la conquête lente et inexorable d’une partie du Donbass par la Russie, mais la capacité des deux adversaires à bombarder des installations critiques sur le territoire de l’autre.

Depuis deux ans et demi, la Russie de Poutine n’a pas hésité à bombarder massivement l’ensemble du territoire ukrainien pour attaquer en particulier ses installations énergétiques, en plus des cibles militaires… tout en faisant volontiers de nombreuses victimes civiles.

Mais Poutine avait sous-estimé la capacité des Ukrainiens à lui rendre « coup pour coup » et à attaquer des installations sensibles en Russie même, à des centaines de kilomètres de la frontière ukrainienne. Il semble qu’une des cibles qui a le plus d’effet sur la population russe soit aujourd’hui les dépôts pétroliers : outre le fait que ces frappes ukrainiennes perturbent la logistique militaire russe, elles ont surtout pour effet d’augmenter le prix du carburant à la pompe, ce qui agace la population russe bien plus que les pires exactions de leurs soldats en Ukraine….

Des frappes en profondeur qui fragilisent le « maître du Kremlin »

Les Ukrainiens se sont en effet fabriqués, avec des drones et quelques missiles de leur propre production, la possibilité de frapper à plus de 1000 km des cibles que l’immensité du territoire russe rend globalement indéfendables.
Mais pour passer à un stade supérieur et être capable de frapper des cibles militaires ou d’infrastructure « durcies », il faudrait que les Ukrainiens puissent utiliser les armements adaptés qui ont été livrés par leurs alliés… avec l’interdiction de les utiliser en profondeur sur le territoire russe.

Ce sont pourtant ces frappes en profondeur qui mettent aujourd’hui le plus en difficulté un régime russe dont la crainte est d’être remis en cause par sa propre société et de perdre ainsi son emprise mafieuse sur l’ensemble du pays… Jusqu’ici, Poutine n’a appliqué aucune restriction à des frappes tout azimut sur l’Ukraine, jusqu’au frontières même des pays de l’OTAN, la Pologne et la Roumanie en particulier.

Mais certains alliés de l’Ukraine, et pas des moindres – les États-Unis ainsi que l’Allemagne – sont tétanisés à l’idée de provoquer une escalade dans cette guerre. C’est probablement pour cette raison que l’Ukraine s’adresse directement à l’Union européenne qui est la plus légitime d’exprimer quel risque elle est prête à accepter pour empêcher Poutine de soumettre l’Ukraine et de continuer à menacer l’ensemble de l’Europe.

Le chef de la diplomatie ukrainienne s’est ainsi rendu à Bruxelles pour discuter avec les ministres des affaires étrangères européens et Joseph Borrell le haut-représentant de l’UE.

Les Etats-Unis disposent d’un veto de fait sur l’utilisation opérationnelle des missiles de moyenne portée comme les Scalp ou les Storm Shadow européens

La discussion est d’autant plus cruciale que les Etats-Unis disposent d’un veto de fait : même les missiles livrés par la France et la Grande-Bretagne (Storm Shadow et Scalp) ne sont pas utilisables en réalité sans l’aide des États-Unis pour le ciblage (détermination de la cible) et le calcul des trajectoires les plus adaptées pour déjouer les systèmes de guerre électronique russes. Autrement dit, sans l’aval et l’appui des Américains, l’utilisation de ces armes performantes est inopérante.

Mais pourquoi les États-Unis sont-ils si réticents à autoriser des frappes en profondeur en Russie ?

Historiquement, les États-Unis craignent d’être impliqués dans un conflit qui les opposerait frontalement à la Russie. Et même si seulement des missiles européens étaient utilisés contre cette Russie, le risque d’escalade au niveau de l’OTAN les embarquerait dans cette guerre à laquelle ils ne veulent pas participer directement.

Probablement que cette réticence est augmentée encore par le contexte d’élections présidentielles aux États-Unis où tout argument nouveau peut peser sur la candidature de l’un ou de l’autre. Cet agenda électoral est aussi l’échéance d’un changement majeur dans la gestion de ce conflit, dès lors qu’un nouveau président sera nommé et qu’il (elle) voudra régler ce sujet sans que les États-Unis ne doivent rentrer en guerre.

De très nombreuses cibles militaires russes sont à portée effective des missiles américains ATACMS (et donc des Storm Shadow et Scalp européens)


En attendant, les Russes multiplient leurs frappes… tout en se désespérant de celles commises par les Ukrainiens, des frappes destructrices qui avaient même amorcé un début de négociation, mais pour laquelle trop peu d’éléments tangibles auraient permis d’aboutir à un accord durable.

Des gains territoriaux fragiles et coûteux des deux côtés

C’est sans doute dans ce contexte que l’Ukraine a déclenché cette opération audacieuse et risquée de conquête d’un territoire de 1,000 km2 sur le sol russe dans la région de Koursk, qui correspond en échelle à la surface conquise par les forces russes en onze mois dans le Donbass (1,500 km2)…

Lire aussi : Ukraine, face aux défis de Zelensky, Poutine s’inscrit dans le déni

Alors que les Ukrainiens font maintenant face au défi de conserver cette prise qu’ils ne s’attendaient même pas à conquérir aussi largement et facilement, les Russes ont quant à eux pris une décision très cohérente dans ce contexte, de ne surtout rien détourner de leur concentration d’efforts dans le Donbass.

En conséquence ils avancent, inexorablement, au prix de pertes effrayantes. Et il semble même que les Ukrainiens se soient résolus à céder le terrain qui reste jusqu’à la ville de Pokrovsk, estimant inutile de consommer des ressources militaires précieuses pour empêcher ce rouleau compresseur soviétique d’avancer à coup de bombardements massifs.


Lorsqu’ils doivent occuper des positions fixes, les Ukrainiens craignent cette puissance de bombardement russe, qui repose sur une multitude de canons, de lance-roquettes et ces terribles bombes planantes impossibles à intercepter… mais qui ne peuvent être tirées par les Russes que contre des cibles parfaitement immobiles.

Cette situation défensive est très difficile à tenir pour l’armée ukrainienne et le choix d’avoir consacré une partie de ses réserves à une opération radicalement différente et surprenante est loin d’être irrationnelle dans ce contexte où une vision strictement militaire fait perdre de vue que David ne peut pas arrêter Goliath en s’opposant frontalement à lui.

Préparer les termes d’une négociation

Koursk contre Donbass, destructions de dépôts pétroliers contre destructions d’installations électriques, frappes dans la profondeur contre frappes dans la profondeur, l’Ukraine a besoin de contreparties pour négocier efficacement avec la Russie de Poutine.

Le président Zelensky annonce déjà qu’une telle négociation devrait se tenir dans un pays du « sud global » tandis que le Premier ministre indien est (enfin) venu montrer aux Ukrainiens que son pays ne pouvait se contenter d’une trop facile neutralité quand la Russie se vante de son rapprochement avec la Chine.

Mais peut-être que la Turquie voudra elle aussi jouer ce rôle crucial d’intermédiaire pour la paix compte tenu de sa place compliquée, de pont entre plusieurs mondes, comme elle l’a déjà fait pour des échanges de prisonniers.


PS : un avion F16 ukrainien a été détruit et son pilote tué lors d’une vague de bombardements russes, mais la guerre est compliquée, l’avion a probablement été abattu par un tir fratricide ukrainien de même que les Russes ont descendu plusieurs dizaines de leurs aéronefs de manière identique.



Au Proche-Orient, la fuite en avant de Netanyahou

Je ne peux terminer cet article sans faire le lien avec le conflit au Proche-Orient où l’échéance électorale américaine – qui pourrait sonner le glas de la politique de dévastation de Netanyahou – semble accélérer sa fuite en avant : les bombardements sont plus violents que jamais sur la bande de Gaza pourtant largement ravagée, le gouvernement d’extrême-droite attise les tensions et les raids militaires en Cisjordanie où la colonisation (illégale) bat son plein avec l’aide de groupuscules d’activistes radicaux qui viennent commettre des raids contres les villages palestiniens… en toute impunité.


Les attentats vont se multiplier tandis qu’aucune résolution politique n’a été recherchée par un gouvernement d’extrême-droite qui ne connaît que la haine et la violence.

Six otages israéliens ont été retrouvés morts à Gaza, probablement exécutés par le Hamas tandis que Tsahal allait attaquer. L’offensive de Netanyahou est un carnage, parmi les Palestiniens comme pour les otages.

Et puis Netanyahou n’en finit pas de « riposter préventivement » contre le Hezbollah au sud du Liban, alors même que ce dernier a clairement indiqué qu’il ne voulait pas rentrer en guerre directe contre Israël.

Avant les élections américaines, Netanyahou s’enferre dans cette politique qui n’est qu’une impasse : il ne sait que dévaster et ravager, comme si cela pouvait améliorer la sécurité d’Israël qu’il a compromise depuis longtemps, en particulier avec l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023, échec s’il en est de sa politique de violence et de radicalisation des Palestiniens.

Lire aussi : « Quels liens entre la guerre russe en Ukraine depuis 2022 et la relance du conflit israélo-palestinien depuis le 7 octobre 2023 ? » dans Diploweb




Pour approfondir :

France 24, guerre en Ukraine, quel rapport de forces


A Kiev, Zelensky présente l’offensive ukrainienne à Koursk comme un « plan pour la victoire », par Thomas d’Istria (Le Monde)


Jeu de dupes entre l’Ukraine et la Biélorussie, par Faustine Vincent (Le Monde)



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17 commentaires sur “Bras de fer en enfer, comment l’Ukraine se prépare à négocier une issue à la guerre

  1. Qui veut la paix au Proche Orient? Les gazaouis.

    Et pourra t on faire confiance aux dirigeants israéliens en cas d’accord ? NON.

    Qui veut la paix en Ukraine ? Son président, la population et l’Europe.

    Poutine rendra t il le Donbass et la Crimée illégalement annexés ? NON. On ne peut pas faire confiance à cet individu ni à toute sa clique.

    Pour une paix durable et respectée , il faudrait créer une zone démilitarisée comme entre les 2 Corées et sous la surveillance de l’ONU. Est ce envisageable et installable ? Et la Russie acceptera t elle cette amputation partielle de son territoire, elle qui est dans la conquête ?

    L’attente est longue pour voir apparaître quelques espoirs de paix au Proche Orient et entre Ukraine et Russie.

    S Cazeneuve

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  2. Bien que je partage la plupart du temps vos opinions, je conteste dans ce texte les termes de « gages » ou « contreparties » car l’Ukraine, déjà en difficulté pour résister à l’offensive dans le Donetsk, ne pourra probablement pas conserver un territoire significatif vers Koursk, si la Russie le décide après son grignotage ou une percée décisive dans l’est. Elle n’aura donc aucun territoire à échanger et ce conflit peut se perpétuer sans que l’opinion russe ne s’en émeuve, alors que l’ukrainienne qui a tant souffert me parait de plus en plus dubitative.

    Ce n’est qu’un équilibre des frappes en profondeur du territoire russe, pour autant que nous en fournissions les moyens à l’Ukraine, qui peut amener la Russie à geler ce conflit mais sans renoncer d’après moi au Dombass, voire à la Crimée (qu’il me parait par contre impératif de conquérir, ne serait-ce que pour la démilitariser, pour en contrepartie tenter de récupérer la totalité des oblast de Zaporijia et Kherson).

    Pour conclure provisoirement sur Gaza dans le même esprit, la récupération de six otages morts dont le premier commentaire de BN a été de vouloir les venger, en prétendant qu’il aurait été favorable à des négociations, juste après avoir fait assassiner des responsables du Hamas ou du Hezbollah, montre bien que nous avons affaire à un forcené qui ne connait que ce que nous croyons de la loi du talion et se soucie bien plus de son immunité que de ses compatriotes.

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  3. Merci Guillaume. Tes réflexions sont très intéressantes.

    Tu as dû lire cette information qui me semble être un peu passée sous les radars, mais qui pourrait peser très lourd à bien y réfléchir pour entamer un rapport de force lors d’éventuelles discussions avec l’ennemi. Une information qui fait résonner un peu plus fort ces destructions dans la profondeur de la Russie, et les restrictions que ça finit par lui imposer :

    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/quelles-consequences-aura-la-fin-du-transit-du-gaz-russe-vers-leurope-lukraine-fin-2024-240829

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  4. Au risque de me répéter dans mes divers commentaires à ce blogue aussi intéressant que nécessaire (merci, Monsieur Ancel), je n’en reviendrai décidément jamais de l’inaction de la communauté internationale face aux crimes commis par Israël et la Russie.

    Quand verrons-nous un ou des dirigeants courageux se lever, et prendre les mesures nécessaires et de plus en plus urgentes?

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  5. Ce n’est pas une guerre territoriale, c’est une guerre dont l’objectif est le changement de régime. C’est pour ça que Poutine a envahi l’Ukraine, pour changer le régime pro occidentale de Kiev. Il n’aurait pas envahi l’Ukraine pour le Donbass, dont la Russie occupait déjà une bonne partie. Il n’aurait pas pris le risque de mettre en danger son régime seulement pour ça.
    Pour masquer l’échec, Poutine a inventé par après un pseudo-objectif territorial qu’il ne peut atteindre non plus.
    En revanche, l’Ukraine et ses alliés ont de plus en plus de chances d’atteindre l’objectif de changer le régime de Kremlin par un régime qui va condamner la guerre de Poutine et va retirer les troupes d’Ukraine. Seulement à ce moment-là l’Ukraine va retirer les troupes de Russie.
    Dans beaucoup de guerres, ce n’est pas le territoire occupé qui détermine le gagnant. Par exemple, à la fin de la première guerre mondiale, l’Allemagne occupait beaucoup de territoires.

    Les territoires que la Russie occupe dans l’est de l’Ukraine ne peuvent pas provoquer la chute du régime de Kiev. Nul n’aspire à vivre en tyrannie.
    Les territoires que l’Ukraine occupe en Russie ont de bonnes chances de provoquer la chute du régime de Kremlin. La liberté est contagieuse, les gens aspirent à vivre en liberté.
    À mon avis un objectif important est de créer une zone en Russie ou les russes pourront s’exprimer librement, ce que les russes du reste du pays ne peuvent pas faire, un début de Russie Libre, pour que la liberté contamine plus facilement toute la Russie.
    Je pense qu’à un moment donné cette zone sera administrée par les opposants du régime de Poutine. Ça sera un coup terrible pour le régime.

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  6. Le 24 août, Zelensky a communiqué sur leur « nouveau » missile ballistique le Palianytsia, d’une portée de 650 à 700 km.

    Avantage ce « drone-missile-balistique » est réalisé à 100% par les Ukrainiens. Ils ne doivent donc pas attendre l’accord des occidentaux pour le faire.

    En avril 2024, le GUR a envoyé un ULM (A22 Foxbat) pour bombarder une usine d’assemblage de drone dans le Tatarstan ( à Plus de 1.100 km de l’Ukraine) ..Voir la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=_8i4ysWjsIM

    les ukrainiens n’ont pas eu besoin des coordonnées satellitaires occidentales pour frapper cette usine ! Si les Ukrainiens se mettent à bombarder tous les aérodromes militaires, situés dans la zone de combat, Poutine sera certainement acculé. Les Ukrainiens ont bien réussit à « vider » la Mer Noire des bâtiments de guerre russes !

    2) Je suis toujours sidéré par le manque de réponse de Poutine, concernant l’invasion de Koursk ! Il a traité celle-ci de « terroriste« , mais cela fiat plus de TROIS SEMAINES que les ukrainiens se balladent en territoire russe et…Poutine ne bouge pas une oreille ! Le problème, c’est qu’il a fait comme Staline : il a tellement « expurgé » les commandants militaires ( sous prétexte de corruption) qu’il n’ y a plus de pilotes à l’Etat major.

    D’autant qu’il a nommé Andréï Belooussov, un économiste de formation, en remplacement de Chouigou. Et ce brave homme est TOUT sauf un stratège !

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  7. Bonjour Guillaume,
    Le choix de faire porter l’effort sur Koursk eût-il pu être différent si l’Ukraine avait disposé en temps utile de moyens de défense anti-aérienne ?

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  8. Un excellent article de votre part sur Diploweb! -clos le 21 Août 2024, mais sans date de péremption. À lire, relire et faire passer…Éblouissant. Enfin quelqu’un qui a la lumière à tous les étages.

    Merci Guillaume ANCEL!

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  9. Bonjour et merci pour votre analyse objective. Le pilote de F-16 abattu pourrait peut-être ne pas avoir été bombardé au sol par une frappe russe. L’hypothèse d’un tir blue on blue par SAM ukrainien est plausible.

    L’enquête sur les circonstances de la perte tragique du pilote implique les USA, parce que l’avion est de conception américaine. Ça pourrait accélérer l’établissement des faits.

    Sur Youtube, Ate Chuet (Pierre-Henri Chuet, ancien pilote FAN sur Rafale) a fait une vidéo intéressante sur le drame. Sur LCI hier soir, Xavier Tytelman (ancien radariste ATL2) évoquait les recos IFF lors d’acquisitions de cibles.

    Le limogeage du CEMAé en Ukraine pourrait coller avec une zone de transit F-16, où avions et défenses sol-air n’étaient pas suffisamment coordonnés pendant que des dizaines de plots hostiles russes évoluaient sur les écrans.

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  10. et Bonjour et merci pour vos analyses. Si l’Ukraine et la Russie finissent par consentir à s’en tenir au status quo, c’est-à-dire pour l’Ukraine la perte de 18% de son territoire, 18% qui seront à coup sûr occupés par l’armée russe de façon permanente et menaceront la territorialité et la souveraineté de l’Ukraine. Les traités qui auront été signés, quelles que soient les garanties prévues par la communauté internationale, n’auront de valeur que celle que les occidentaux leur accorderont. Je ne pense pas une seconde que la Russie se croira tenue de les observer à moyen et long terme. La Russie les interprétera comme l’opportunité de reconstituer sa force militaire afin de re-attaquer l’Ukraine. Les traités de 1991 signés par l’URSS établissant la Communauté des États Indépendants ont fait long feu. Il en sera de même pour ceux qui seront signés pour mettre fin à ce conflit. Je n’ai aucune illusion sur les intentions du Kremlin.

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